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HISTOIRE DE CHARLES XII.
an roi Auguste trois millions de risdales en deux ans. Cetraité, s’il eût été exécuté, eût pu être fatal au roi de Suède;c’était un moyen prompt et sur d’aguerrir les Moscovites:c’était peut-êtxe forger des fers à une partie de l’Europe.
Charles XII se mit en devoir d’empêcher le roi de Po-logne de recueillir le fruit de cette ligue. Après avoir passé (")l’hiver auprès de Narva, il parut en Livonie auprès de cettemême ville de Riga, que le roi Auguste avait assiégée inuti-lement. Les troupes saxonnes étaient postées le long de larivière de Duina, qui est fort large en cet endroit; il fallaitdisputer le passage à Charles, qui était à l'autre bord dufleuve. Les Saxons n’étaient pas coipmandés par leur prince,alors malade ; mais ils avaient à leur tête le maréchal de Ste-nau qui faisait les fonctions de général; sous lui comman-daient le prince Ferdinand, duc de Courlande, et ce mêmePatkul, qui défendait sa patrie contre Charles XII l’épée à lamain, après en avoir soutenu les droits par la plume au périlde sa vie contre Charles XI. ‘ Le roi de Suède avait fait con-struire de grands bateaux d’une invention nouvelle, dont lesbords, beaucoup plus hauts qu’à l’ordinaire, pouvaient se leveret se baisser comme des pontslevis ; en se levant ils couvraientles troupes qu’ils portaient; en se baissant ils servaient depont pour le débarquement. Il mit encore en usage un autreartifice. Ayant remarqué que le vent soufflait du nord où ilétait au sud où étaient campés les ennemis, il fit( 41 ) mettrele feu à quantité de paille mouillée, dont la fumée épaisse serépandaaj^sur la rivière, dérobait aux Saxons la vue de sestronp^^Et de ce qu’il allait faire. A la faveur de ce nuageil fit^Pmcer des barques remplies de cette même paille fu-mante; de sorte que le nuage grossissant toujours, et chassépar le vent dans les yeux des ennemis, les mettait dans l’im-possibilité de savoir si le roi passait ou non. Cependant ilconduisait seul l’éxécution de son stratagème. Etant déjà aumilieu de la rivière: „Hé bien! dit-il au général Renschild,la Dniflà ne sera pas plus méchante que la mer de Copen-hague: croyez-moi, général, nous les battrons. 11 Il arriva enun quart-d’heure à l’autre bord, et fut mortifié de ne sauterà terre que le quatrième. Il fait aussitôt débarquer soncanon, et forme sa bataille sans que les ennemis, offusqués dela fumée, puissent s’y opposer que par quelques coups tirésau hasard; le vent ayant dissipé ce brouillard, les Saxonsvirent le roi de Suède marchant déjà à eux.
Le maréchal Stenau ne perdit pas un moment; à peineaperçut-il les Suédois qu’il fondit sur eux avec la meilleure