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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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I IVRE II.

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partie de sa cavalerie. Le clioc violent de cette troupe tom-,liant sur les Suédois dans l’jnstant qu’ils formaient leurs ba-taillons, les mit en désordre •, ils s’ouvrirent, ils furent rompuset poursuivis' jusque dans la rivière. Le roi de Suède lesrallia le moment d’après au millieu de l’eau aussi aisémentque s’il eût fait une revue. Alors ses soldats, marchant plusserrés qîi’auparavant, repoussèrent le maréchal Stenau, ets'avancèrent dans la plaine. Stenau sentit que ses troupesétaient étonnées'j il les lit retirer en habile homme dans unlieu sec, flanque d’un marais et d’un bois sù était son ar-tillerie. L’avantage du terrain, et le temps qu'il gvait donnéaux Saxons de revenir de leur première surpiise, leur rendittout leur courage. Charles ne balança pas à les attaquer: ilavait avec lui quinze mille hommes’; Stenau et le duc doCourlande environ douze mille, n’ayant pour toute artilleriequ’un canon de fer sans affût. La bataille fut rude et sang-lante ; le duc eut deux chevaux tués sous lui : il pénétratxois fois au milieu de la garde du roi; mais enlin, ayant étérenversé de son cheval d’un coup de crosse de mousquet, ledésordre se mit dans son armée, qui ne disputa plus la victoire.Ses cuirassiers le retirèrent avec peine tout froissé et à demi-mort C‘'"J du milieu de la mélée, et de dessous les chevauxqui le foulaient aux pieds.

Le roi de Suède, après sa victoire, courut à Mittau, ca-pitale de la Courlande. Toutes les villes de ce duché serendent à lui à discrétion; ‘c’était un voyage plutôt qu’uneconquête. Il passa sans s’arrêter en Lithuanie, ^nmettanttout sur son passage: il sentit une satisfaction flatteuse, et ill’avoua lui-même, quand il entra en vainqueur dans cette villede llirzen, où. le roi dn Pologne et le czar avaient conspirésa ruine quelques inois^iuparavant.

Ce fut dans cçtte place qu’il conçut le dessein de dé-trôner le roi de Pologne par les mains des Polonais mêmes.Là, étant un jour à fable, tout occupé de cette entreprise, etobservant sa sobriété extrême dans un silence profond, parais-sant comme enseveli dans ces grandes idées, un colonel alle-mand, (fui assistait à son dîner, dit assez haut pour être en-tendu, que les repas que le czar et le roj de Pologne avaientfaits au même endroit étaient un peu différeps de ceux desa majesté»- „Oui, dit le roi en sa levant, et j"’en troubleraiplus aisément leur digestion. 11 En effet, mêlant alors un peude politique à la force de ses armes, il ne tarda pas à"pré-parer l’évènement qu’il méditait.

La Pologne, cette partie de l’ancienne Sarmatie, est un

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