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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE II.

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réparer de vieilles murailles h demi ruinées, élargir des fosséspresque comblés; et la ville est prise avant que (*) les re-tranchemens soient achevés.

La pospolite n’est pas toujours à cheval pour garder lepays; elle n’y monte que par l’ordre des diètes, ou mêmequelquefois sur le simple ordre du roi dans’les dangers ex-trêmes.

La garde ordinaire de la Pologne est une armée qui doittoujours subsister aux dépens de la république: elle est com-posée de deux corps sous deux grands généraux différens; lepremier corps est celui de la Pologne, et doit être de trente-sixmille hommes; le second, au nombre de dovize mille, estCelui de Lithuanie. Les deux grands généraux sont indé-pendans l’un de l’autre; quoique nommés par le roi, ils nerendent jamais compte de leurs opérations qu’à la république, etont (“) une autorité suprême sur leurs troupes. Les colonelssont les maîtres absolus de leurs regimens, c’est à eux à lesfaire subsister comme ils peuvent, et à leur payer leur solde~mais étant rarement payés eux-mêmes, ils désolent le pays,et ruinent les laboureurs pour satisfaire leur avidité et cellede leurs soldats. Les seigneurs polonais paraissent dans cesarmées avec plus de.magnificence que dans les villes; leursfentes sont plus belles que leurs maisons. La cavallerie, quifait les deux tiers de l’armée, est presque toute composée degentilshommes ; elle est remarquable par la beauté des chevaux,tet par la richesse des habillemens et des harnais.

Les gendarmes sur-tout, que l’on distingue en lioussardset pancernes, ne marchent qu’accompagnés" de plusieurs valetsqui leur tiennent des chevaux de main, ornes de brides àplaques, et clous d’argent, de selles brodées, d’arçons, d’étriersdorés : et quelquefois d’argent massif, avec de grandes houssestraînantes à la manière des Turcs, dont les Polonais imitentautant qu’ils peuvent la magnificence.

Autant ( 53 ) cette cavallerie est parée et superbe, autantl’infanterie était alors délabrée, mal vêtue, mal année, sanshabits d’ordonnance ni rien d’uniforme; c’est ainsi du moinsqu’elle fut jusque vers 1710. Ces fantassins, qui ressemblenth des Tartares vagabonds, supportent avec une étonnaitte fer-meté la faim, le froid, la fatigue, et tout le poids de la guerre.

. On voit encore dans les soldats polonais le caractère désanciens Sarmates, leurs ancêtres; aussi peu de discipline, lamême fureur à attaquer, la même promptitude à fuir et à re-venir au combat, le même acharnement dans lé carnage quandils sont vainqueurs.