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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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HISTOIRE DE CHARLES XII.

autres pour aller soulever leurs amis. Il ne demeura auprès ( 67 )du roi que l’ambassadeur de l’empereur, celui du czar, lenonce du pape, et quelques évêques et palatins liés à sa for-tune. 11 fallait fuir, et on n’avait encore rien décidé en safaveur; il se lutta avant de partir de tenir un conseil avec cepetit nombre de sénateurs qui représentaient encore le sénat.Quelque zélés qu’ils fussent pour son service, ils étaient Po-lonais; ils avaient tous conçu une si grande aversion pour lestroupes saxonnes, qu’ils n’osèrent pas lui accorder la libertéd’en faire venir au-delà de six mille pour sa défense; encorevotèrent-ils que ces six mille hommes seraient commandés parle grand général de la Pologne, et renvoyés immédiatementaprès la paix. Quant ( r,E ) aux armées de la république, ilslui en laissèrent la disposition.

Après ce résultat le loi quitta Varsovie, trop faible contreses ennemis, et peu satisfait de son parti même: il fit aussitôtpublier ses universaux pour assembler la pospolite et les ar-mées, qui n’étaient guère que de vai»3 noms. Il n’y avait rienà espérer en Lithuanie, où étaient les Suédois. L’année dePologne, réduite à peu de troupes, manquait, d’armes, do pro-visions et de bonne volonté. La plus grande partie de lanoblesse intimidée, irrésolue, on mal disposée, demeura dansses terres. En vain le roi, autorisé par les lois de l’état, or-donne sur peine de la vie à tous les gentilshommes de monterà cheval et de le suivre; il commançait à devenir probléma-tique si on devait lui obéir: sa grande ressource était dansles troupes de son électorat, on la forme du gouvernemententièrement absolue ne lui laissait pas craindre une désobéis-sance. Il avait déjà mandé secrètement douze mille Saxons,qui s’avancaient avec précipitation; il en faisait encore revenirhuit mille, qu’il avait promis à l’empereur dans la guerre del’empire contre la France, et qu’il fut obligé de rappeler parla nécessité où il était réduit. Introduire tant de Saxons enPologne, c’était révolter contre lui tous les esprits, et violerla loi faite par son parti même, qui ne lui en permettait quesix mille: mais il savait bien s’il était vainqueur on n’oseraitpas se plaindre, et que s’il était vaincu on ne lui pardonneraitpas d’avoir même amené les six mille hommes. Pendant queces soldats arrivaient par troupes, et qu’il allait de palatinaten palatinat rassembler la noblesse qui lui était attachée, le roide Suède arriva enfin devant Varsovie le 5 mai 1702. A lapremière sommation les portes lui furent ouvertes; il renvoyala garnison polonaise, congédia la garde bourgeoise' établitpar-tout des corps-de-garde, et ordonna aux habitans devenir