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remettre tontes leurs armes: mais, content de les désarmer,et ne voulant pas les aigrir, il n’exigea d’eux qu’une contri-bution de cent mille francs. Le roi’ Auguste assemblait alorsses forces h Cracovie; il fut bien surpris d’y voir arriver lecardinal primat: cet homme prétendait peut-être garder jusqu’aubout la décence de son caractère, et chasser son roi avec desdéhors respectueux; il lui lit entendre que le roi de Suèdeparaissait disposé a un accommodement raisonnable, et de-manda humblement la permission d’aller trouver -le roi. Au-guste accorda ce qu’il ne pouvait refuser,* c’est-à-dire la •libertéde lui nuire. . * .
Le cardinal primat courut incontinent voir te roi deSuède, auquel il n’avait point encore osé se présenter; il vitce prince à Praag, près de Varsovie, mais sans les ^cérémoniesdont on avait usé avec les ambassadeurs de la république. Htrouva ce conquérant vêtu diun habit de gros drap bleu, avecdes boutons de cuivre doré, 'de grosses bottes, des gants debuffle qui lui venaient jusqu’au coude, dans une chambre "«sanstapisserie, où étaient le du’c de Holstein, son beau-frère*, lecomte Piper, son premier ministre, et plusieurs* officiers* géné-raux. Le roi avança quelques pas au-devant du cardinal;ils eurent ensemble debout une conférence d’un quart-d’heure,que Charles iinit en disant tout haut: ,,Je ne donnerai pointla paix aux Polonais qu’ils n’aient élu un autre roi. “ Lecardinal qui s’attendait à. cette déclaration, la fit savoir aussitôtà tous les palatinats, les assurant de l’extrême déplaisir qu’il,disait en avoir, et en même temps de la nécessité où l’onétait de complaire au vainqueur.
A cette nouvelle lê roi de Pologne vit bien -qu’il fallaitperdre ou conserver son trône par une bataille: il épuisa se.sressources pour cette grande décision. Toutes ses troupessaxonnes étaient arrivées des frontières de Saxe; la noblesse*du palatinat de Craçovie, où il était encore,, venait en foulelui offrir ses services; il encourageait lui-même chacun*deces gentilshommes à se spuvenir de leurs sermens: ils luipromirent de verser pour lui jusqu’à la dernière goutte deleur sang. Fortifié de leurs secours, et des troupes q'ui por-taient le nom de Tanné# de la- couronne, il alla pour lapremière fois chercher en personne le roi de Suède: il letrouva bientôt qui s’avançait lui-même vers. Cracovie.
Les deux rois parurent en.présence, le 13 juillet*, dansune vaste pleine auprès de Clissan, entre Varsovie et Cracovie.Auguste avait près de vingt-quatre mille hommes; Charles XJ Tn’en avait que douze mille: le combat commença par des dé-