et dans l’incdrtitude. Dans ce petit intervalle il assemble àMarienbourg, puis à Lublin, tous les ordres du royaume, déjàconvoqués à Sendomir. La foule y fut grande; peu de pala-tinats refusèrent d’y envoyer. Il regagna presque tous lesesprits par des largesses, par des promesses, et par cette alfa Tbilité necessaire aux rois absolus, pour se faire aimer, et auxrois électifs pour se maintenir. La diète fut bientôt détrompéede la fausse nouvelle de la mort du roi de Suède; mais lemouvement était déjà donné à ce grand corpS : il se laissaemporter à l’impulsion qu’il avait reçue; tous les membresjurèrent de demeurer fidèles à leur souverain; tant les com-pagnies sont sujettes aux variations! Le cardinal primat lui-même, alfectant encore d’être attaché au roi Auguste, vint àla diète de Lublin ; il y baisa la main au roi, et ne refusapoint de prêter le serment comme les autres. . Ce sermentconsistait a jurer que l’on n’avait rien entrepris et qu’onn’entreprendrait rien contre Auguste. Le roi dispensa le car-dinal de la première partie du serment, et le prélat jura lereste en rougissant. Le résultat de cette diète fut que la ré-publique de Pologne entretiendrait une armée de cinquantemille hommes à ses dépens pour le service de son souverain;qu’on donnerait six semaines aux Suédois pour déclarer s’ilsvoulaient ( 73 ) la paix ou la guerre, et pareil terme aux princesde Sapieha, les premiers auteurs des troubles de Lithuanie,pour venir demander pardon au roi de Pologne.
Mais durant ces délibérations, Charles XII, guéri de sablessure, renversait tout devant lui. Toujours’ferine dans ledessein de forcer les Polonais à détrôner eux-mêmes leur roi,il fit convoquer par les intrigues du cardinal primat une nou-velle assemblée a Varsovie pour l’opposer à celle de Lublin.Ses généraux lui représentaient que cette aifaire pourraitencore avoir des longueurs et s’évanouir dans les délais ; quependant ce temps les Moscovites s’aguerrissaient tous les jourscontre les troupes qu’il avait laissées en Livonie et enlngrie;que les combats qui se donnaient souvent dans ces provincesentre les Suédois et les Russes n’etaient pas toujours à l’avan-tage des premiers, et qu’enfin sa présence y serait peut-êtrebientôt necessaire. Charles, aussi inébranlable dans ses pro-iets que vif dans ses actions, leur répondit: ,,Quand je devraisrester ici cinquante ans, je n’en sortirai point que ( 74 J je n’aiedétrôné le roi de Pologne."
Il laissa l’assemblée de Varsovie combattre par des discourset par des écrits celle de Lublin, et chercher de quoi justifierses procédés dans les lois du royaume, lois toujours équi-