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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE III.

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suédoise. Toutes les villes de Pologne sont à celui qui seprésente à leurs portes avec des troupes. Il fit convoquerune assemblée à Léopold, telle à-peu-près que celle qui avaitdétrôné Auguste à Varsovie.

La Pologne avait alors deux primats, aussi bien que deuxrais, l’un de la nomination d’Auguste, l’autre de Stanislas. Leprimat nommé par Auguste, convoqua l’assemblée de Léopold,où se rendirent tous ceux que ce prince avait abandonnés parla paix d’Altranstad, et ceux que 1 argent du czar avait gagnés.On proposa d’élire un noveau souverain. 11^ s’en fallut peuque la Pologne n’eût alors trois rois, sans qu’on eût pu direquel était le véritable.

Pendant ( 21 ) les conférences de Léopold, le czar, lié d’in-térêt avec l’empereur d’Allemagne, par la crainte commune oùils étaient du roi de Suède, obtint secrètement qu’on lui en-voyât beaucoup d’officiers allemands. Ceux-ci ( 2S ) venaient dejour en jour augmenter considérablement ses forces, en appor-tant avec eux la discipline et l’expérience. Il les engageait àson service par des libéralités; et, pour mieux encourager sespropres troupes, il donna son portrait enrichi de diamans auxofficiers-généraux et aux colonels qui avaient combattu à labataille de Calish ; les officiers subalternes eurent des médaillesd’or; les simples soldats en eurent d’argent. Ces monumensde la victoire de Calish furent tous frappés dans sa nouvelleville de Pétersbourg, où les arts fleurissaient à mesure qu’ilapprenait à ses troupes à connaître l’émulation et la gloire.

La confusion, la multiplicité des factions, les ravages con-tinuels en Pologne, empêchèrent la diète de Léopold de prendreaucune résolution. Le czar la fit transférer à Lublin. Lechangement de lieu ne diminua rien des troubles et de l’incer-titude où tout le monde était: l’assemblée se contenta de nereconnaître ni Auguste, qui avait abdiqué, ni Stanislas, élumalgré eux; mais ils ne furent ni assez unis ni assez hardispour nommer un roi. Pendant ces délibérations inutiles leparti des princes Sapieha, celui d’Oginsky, ceux qui tenaienten secret pour le roi Auguste, les nouveaux sujets de Stanis-las, se faisaient tous la guerre, pillaient les terres (“) les unsdes antres, et achevaient la ruine de leur pays. Les troupessuédoises, commandées par Levenhaupt, dont une partie étaiten Livonie, une autre en Lithuanie, une autre en Pologne,cherchaient toutes les troupes moscovites: elles brûlaient toutce qui était ennemi de Stanislas. Les Russes ruinaient éga-lement amis et ennemis ; on ne voyait que des villes en cendres,et des troupes errantes de Polonais dépouillés de tout, qui