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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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çe nouveau chemin; U fallut traverser une forêt de cinquantelieues, pleine de marécages. Le général Lagercronj qui mar-chait devant avec cinq mille hommes et des pionniers, égaral’armée vers l’orient, à trente lieues de la véritable route. Aprèsquatre jours de marche le roi reconnut la faute de Lagercron :on se remit avec peine dans le chemin; mais presque toutel’artillerie et tous les chariots restèrent embourbés ou abîmésdans les marais.

Enfin, après douze jours d’une marche si pénible, pendantlaquelle les Suédois avaient consommé le peu de biscuit quileur restait, cette armée, exténuée de lassitude et de faim,arrive sur les bords de la Desna, dans l’endroit où Mazeppaavait marqué le rendez-vous; mais, au lieu d’y trouver ceprince, on trouva un corps de Moscovites qui avançait versl’autre bord de la rivière. Le roi fut étonné; mais il résolutsur-le-champ de passer la Desna, et d’attaquer les ennemis.Les bords de cette rivière étaient si escarpés qu’on fut obligéde descendre les soldats avec des cordes. Us traversèrent larivière selon leur manière accoutumée, les uns sur des radeauxfaits à la hâte, les antres à la nage. Le corps des Moscovites,qui arrivait dans ce temps-là, n’était que de huit mille hommes;il ne résista pas long-temps, et cet obstacle fut encore sur-monté.

Charles avançait dans ces pays perdus, incertain de saroute et de la fidelité de Mazeppa; ce Cosaque parut enfin,mais plutôt comme un fugitif que comme un allié puissant.Les Moscovites avaient découvert et prévenu ses desseins. Usétaient venus fondre sur ses Cosaques, qu’ils avaient taillésen pièces : ses principaux amis, pris les armes à la main, avaientpéri au nombre de trente par le supplice de la roue ; ses ville»étaient réduites en cendres, ses trésors pillés, les provisionst|u’il préparait au roi de Suède saisies; à peine avait-il puéchapper avec six mille hommes et quelques chevaux chargésd’or et d’argent. Toutefois il apportait an roi l’espérance dese soutenir par ses intelligences dans ce pays incou e u, et l’af-l'ection de tous les Cosaques, qui, enrages contre les Russes,arrivaient par troupes au camp, et le firent subsister.

Charles espérait au moins que son général Levenhauptviendrait réparer cette mauvaise fortune.. Il devait amenerenviron quinze mille Suédois, qui valaient mieux que centmille Cosaques, et apporter des provisions de guerre et debouche. Il arriva à-peu-près dans le même état que Mazeppa.

11 avait déjà passé le Borysthène au-dessus de Moliilou,et s'était avancé vingt de nos lieues au-delà sur le chemin de