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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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armes : il défendit ( u ) aux officiers, sons peine d'être cassés,et aux soldats, sous peine de mort, de s’écarter pour piller.

Le lendemain encore il commanda au point du jour unenouvelle attaque. Levenlmnpt s’était retiré à quelques milles,dans un lieu avantageux, après avoir encloué une partie deson canon et mis le feu à ses chariots.

Les Moscovites arrivèrent assez à temps pour empêchertout le convoi d’être consumé par les flammes; ils se saisirentde plus de six mille chariots qu’ils sauvèrent. Le czar, quivoulait achever la défaite des Suédois, envoya un de ses gé-néraux, nommé Phulg, les attaquer encore pour la cinquièmefois : ce général leur offrit une capitulation honorable. Leven-haupt la refusa, et livra un cinquième combat, aussi sanglantque les premiers. De neuf mille soldats qu’il avait encore, ilen perdit environ la moitié; l’autre ne put être forcée: enfin,la nuit survenant, Levenhaupt, après avoir soutenir cinq com-bats contre quarante mille hommes, passa la Sossa avec en-viron cinq mille combattans qui lui restaient. Le czar perditprès de dix mille hommes dans ces cinq combats, où il eut lagloire de vaincre les Suédois; et Levenhaupt celle de disputertrois jours la victoire, et de se retirer sans avoir été forcédans son dernier poste. Il vint donc ail camp de son maîtreavec l’honneur de s’être si bien défendu, mais n’amenant aveclui ni munition ni armée.

Le roi de Suède se trouva ainsi sans provisions et sanscommunication avec la Pologne, entouré d’ennemis, au milieud’un pays où il n’avait guère de ressource que son courage.

Dans cette extrémité le mémorable hiver de 170S, plusterrible encore sur ces frontières de l’Europe que nous nel’avons senti en France, détruisit une partie de son armée,Charles voulait braver les saisons comme il faisait ses ennemis ;il osait faire de longues marches de troupes pendant ce froidmortel: ce fut dans une de ces marches que deux mille hom-mes tombèrent morts de froid sous ses yeux. Les cavaliersn’avaient ( 13 ) plus de bottes; les fantassins étaient sans soulierset presque sans habits: ils étaient réduits à se faire des chaus-sures de peaux de bêtes, comme ils pouvaient; souvent ilsmanquaient de pain. On avait été réduit à jeter presque tousles canons dans des marais et dans des rivières, faute de chevauxpour les traîner. Cette année, auparavant si florissante, étaitréduite à vingt-quatre mille hommes prêts à mourir de faim.On ne recevait plus de nouvelles de la Suède, et on ne pou-vait y en faire tenir. Dans cet état un seul officier se plaignit:„lfé quoi! (“) lui dit le roi, vous ennuyez-vous d’être loin