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HISTOIRE DE CHARGES XIT.
«ors dans le fleuve pour soulager le bateau. Mollern, chaivcelier du roi, et le comte Poniatowski, homme plus que jamaisnécessaire au roi par les ressources que son esprit lui four-nissait dans les disgrâces, passèrent dans d’autres barques avecquelques officiers. Trois cents cavaliers, et nn très grandnombre de Polonais et de Cosaques, se liant sur la bonté deleurs chevaux, hasardèrent de passer le fleuve h la nage: leurtroupe bien serrée résistait au courant, et rompait les vagues;mais tous ceux qui s’écartèrent un peu au-dessous furent em-portés et abimés dans le fleuve. De tous les fantassins quirisquèrent le passage aucun n’arriva à l’autre bord.
Tandis que les débris de l’armée étaient dans cette ex-trémité, le prince Menzikoif s’approchait avec dix mille cava-liers, ayant chacun un fantassin en croupe. Les cadavres desSuédois morts dans le chemin, de leurs blessures, de fatigue,et de faim, montraient assez au prince Menzikoif la routequ’avait prise le gros de l’armée fugitive: le prince envoya augénéral suédois un trompette pour lui offrir une capitulation;quatre officiers généraux furent aussitôt envoyés par Leven-hanpt pour recevoir la loi du vainqueur. Avant ce jour seize ,mille soldats du roi Charles XII eussent attaqué toutes lesforces de l’empire moscovite, et eussent péri jusqu’au dernierplutôt que de se rendre; mais après une bataille perdue, aprèsavoir fui pendant deux jours, ne voyant plus leur prince, quiétait contraint de fuir lui-même, les forces de chaque soldatétant épuisées, leur courage n'étant plus soutenu par aucuneespérance, l’amour de la vie l’emporta sur l’intrépidité. Il n’yeut que le colonel Troutfetre qui, voyant approcher les Mos-covites, s’ébranla avec un bataillon suédois pour les charger,espérant entraîner le reste des troupes; mais Lcvenhaupt futobligé d’arrêter ce mouvement inutile. La capitulation futachevée; cette armée entière fut faite prisonnière de guerre.Quelques soldats, désespérés de tomber entre les mains desMoscovites, se précipitèrent dans le Borysthène; deux officiersdu régiment de ce brave Troutfetre s’entretuèrent; le restefut fait esclave. Ils dénièrent tous en présence du princeMenzikoff, mettant les armes à ses pieds, comme trente milleMoscovites avaient fait neuf ans auparavant devant le roi deSuède à Narva. Mais, au lieu que le roi avait alors renvoyétous ces prisonniers Moscovites, qu’il ne craignait pas, le czarretint les Suédois pris à Pultava.
Ces malheureux furent dispersés depuis dans les états duczar, mais particulièrement en Sibérie } vaste province de lagrande Tartariè, qui, du côté de i’onent, s’étend jusqu’aux