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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LlVIili V.

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paroe qu’elles sont consacrées par l’approbation de leur inuphti.Sur ce principe ils se croient armés pour châtier les violateursde traites que souvent ils rompent eux-mêmes, et croient punirles ambassadeurs des rois leurs ennemis comme complices desinfidélités de leurs maîtres.

A cette raison se joint le mépris ridicule qu’ils affectentpour les princes chrétiens, et pour les ambassadeurs, qu’ils neregardent d’ordinaire que comme des consuls de marchands.

Le ban des Tartares de Crimée, que nous nommons lekan, reçut ordre de se tenir prêt avec quarante mille Tartares.Ce prince gouverne le Nagaï, le Bulziack, avec une partie dela Circassie, et toute la Crimée, province connue dans l’anti-quité sous te nom de Chersonèse taurique, où les Grecs por-tèrent leur commerce et leurs armes, et fondèrent de puissantesvilles, et où les Génois pénétrèrent depuis, lorsqu’ils étaientles maîtres du commerce de rKurope. On voit eu ce pays desruines des villes grecques, et quelques monumens des Génois,qui subsistent encore au milieu de la désolation et de labarbarie.

Le kan est appelé par ses sujets empereur; mais avec cegrand titre il n’en est pas moins ( l6 ) l’esclave de la Porte.Le sang' ottoman dont les kans sont descendus, et le droitqu’ils prétendent h l’empire des Turcs, au défaut de la race(lu grand-seigneur, rendent leur famille respectable au sultanmême, et leurs personnes redoutables: c’est pourquoi le grand-seigneur n’ose détruire la race des kans tartares; mais il nelaisse presque jamais vieillir ces princes sur le trône. Leurconduite est toujours éclairée par les hachas voisins, leurs étatsentourés de janissaires , leurs volontés traversées par lesgrands-visirs, leurs desseins toujours suspects. Si les Tartaresso plaignent du kan, la Porte le dépose sur ce prétexte; s'ilen est trop aimé, c’est un plus grand crime dont il est plutôtpuni: ainsi presque tous passent de la souveraineté à l’exil, etfinissent leurs jours à Rhodes, qui est d’ordinaire leur prisonet leur tombeau.

Les Tartares leurs sujets sont les peuple:- les plus brigandsde la terre, et en même temps, ce qui semble inconcevable,les plus hospitaliers: ils vont à cinquante lieues de leur paysattaquer une caravane, détruire des villages ; mais qu’nnétranger quel qu’il soit passe dans leur pays, non seulementil est reçu par-tout, logé et défrayé, mais dans quelque lieuqu’il passe les habitans se disputent l’honneur de l’avoir pourhôte; le maître de la maison, sa femme, scs tilles, le serventà I’envi. Les Scythes, leurs ancêtres, leur ont Uansmis ce