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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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HISTOIRE DE CHAULES XII.

respect inviolable pour l’hospitalité, qu’ils ont conservé, parceque le peu d’étrangers qui voyagent chez eux, et le bas pru-de toutes les denrées, ne leur rendent point cette vertu troponéreuse.

Quand les Tartares vont h la guerre avec l’année otto-mane ils sont nourris par le grand-seigneur; le butin qu’ilsfont est leur seule paie: aussi sont-ils plus propres à pillerqu’à combattre régulièrement.

Le kan, gagné par les présens et par les intrigues du roide Suède, obtint d’abord que le rendez-vous général des troupesserait à Beiuler même, sous les yeux de Charles XII, aiin delui marquer mieux que c’était pour lui qu’on faisait la guerre.

Le nouveau visir Baltagi Mehemet n’ayant pas les mêmesengagemens, ne voulait pas llatter à ce point un prince étranger:il changea l’ordre, et ce fut à Andrinople que s’assembla cettegrande armée. C’est toujours dans les vastes et fertiles plainesd’Andrinople qu’est le rendez-vous pour des années turques,quand ce peuple fait la guerre aux chrétiens; les troupes ve-nues d’Asie et d’Afrique s’y reposent et s’y refraîchissent quel-ques semaines: mais le grand-visir, pour prévenir le czar, nelaissa reposer l’armée que trois jours, et marcha vers le Da-nube, et de là vers la Bessarabie.

Les troupes des Turcs ne sont plus aujourd'hui si formi-dables qu’autrefois lorsqu’elles conquirent tant d’états dansl’Asie, dans l’Afrique, et dans l’Europe; alors la force ducorps, la valeur et le nombre des Turcs, triomphaient d’enne-mis moins robustes qu’eux et plus mal disciplinés; mais au-jourd’hui que les chrétiens entendent mieux l’art de la guerre,ils battent presque toujours les Turcs en bataille rangée,même à forces inégales. Si l’empire ottoman a depuis peufait quelques conquêtes, ce n’est que sur la république deVenise, estimée plus sage que guerrière, défendue par desétrangers, et mal secourue par les princes chrétiens, toujoursdivisés entre eux.

Les janissaires et les spahis attaquent en désordre, inca-pables d’écouter le commandement et de se rallier: leur cavalerie,qui devrait être excellente, attendu la bonté et la légèreté deleurs chevaux, ne saurait soutenir le choc de la cavalerie alle-mande: l’infanterie ne savait point encox-e faire un usage avan-tageux de la baïonnette au bout du fusil: de plus, les Turcsn’ont pas eu un grand général de terre parmi eux depuisCouprougli, qui comprit file de Candie, Un esclave nourridans l’oisiveté et dans le silence du sérail, fait visir par faveur,et général malgré lui, conduisait une année levée à la Irrite,