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HISTOIRE DE CHARLES ML
mais le sultan était si iriité, l’infraction du traité était si ma-nifeste, et les janissaires, qui font trembler souvent les minis-tres, les favoris, et les sultans, demandèrent si hautement laguerre, que personne dans le sérail n’osa ouvrir un avis modéré.
Aussitôt le grand-seigneur iit mettre aux Sept-Tours lesambassadeurs moscovites, déjà aussi accoutumés à aller enprison qu’à l’audience. La guerre est de nouveau déclaréecontre le czar, les queues de cheval arborées, les ordres don-nés à tous les hachas d’assembler une armée de deux centmille combattans. Lé sultan lui-même quitta Constantinople,et vint établir sa cour à Andrinople pour être moins éloignédu théâtre de la guerre. >
Pendant (') ce temps une ambassade solennelle, envoyéeau grand-seigneur de la part d’Auguste et de la républiquede Pologne, s’avançait sur le chemin d’Andrinople; le palatinde Mazovie était à la tête de l’ambassade avec une suite deplus de trois cents personnes.
Tout ce qui composait l’ambassade fut arrêté et retenuprisonnier dans l’un des faubourgs de la ville. Jamais leparti du roi de Suède ne s’était plus flatté que dans cette oc-casion; cependant ce grand appareil devint encore inutile, ettoutes ses espérances furent trompées.
Si l’on en croit un ministre public, homme sage et clair-voyant, qui résidait alors à Constantinople, le jeune Coumourgiroulait déjà dans sa tête d’autres desseins que de disputer desdéserts au czar de Moscovie dans une guerre doutense; ilprojetait d’enlever aux Vénitiens le Péloponnèse, nommé au-jourd’hui la Morée, et de se rendre maître de la Hongrie.
Il n’attendait pour exécuter ses grands desseins que l’em-ploi de premier visir, dont sa jeunesse l’écartait encore.Dans cette idée, il avait plus besoin d’être l’allié que l’ennemidu czar: son intérêt ni sa volonté n’étaient pas de garder pluslong-temps le roi de Suède, encore moins darmer la Turquieen sa faveur. Non seulement il voulait renvoyer ce prince, ,mais il disait ouvertement qu’il ne fallait plus souffrir désor-mais aucun ministre chrétien à Constantinople; que tous cesambassadeurs ordinaires n’étaient que des espions honorablesqui corrompaient ou qui trahissaient les visirs, et donnaientdepuis trop long-temps le mouvement aux intrigues du sérail;que les Flancs, établis à Péra et dans les échelles du levant,sont des marchands qui n’ont besoin que d’un consul et nond’un ambassadeur. Le grand-visir, qui devait son établisse-ment et sa vie même au favori, et qui de plus le craignait,se conformait à ses intentions d’autant plus aisément qu’il