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IIISTOUiR DE CHARLES ML
lui-même; les janissaires jurèrent sur leurs liai Les qu’ils n’at-taqueraient point le roi, et qu’ils lui donneraient les trois joursqu'il demandait. En vain on donna le signal de l’assaut, lesjanissaires, loin d’obéir, menacèrent de se jeter sur leurs chefssi l’on n’accordait pas trois jours an roi de Suède; ils vinrenten tumulte à la tente du baclia de Bender, criant que les or-dres du sultan étaient supposés. A cette sédition inopinée lehacha n’eut h opposer que la patience.
Il feignit d’être content de la généreuse résolution desjanissaires, et leur ordonna de se retirer à Bender. Le kandes Tartares, homme violent, voulait donner immédiatementl’assaut avec ses troupes; mais le hacha, qui ne prétendait pasque les Tartares eussent seuls l’honneur de prendre le roi,tandis qu’il serait puni peut-être de la désobéissance de sesjanissaires, persuada au kan d’attendre jusqu’au lendemain.
Le bacha, de retour à Bender, assembla tous les officiersdes janissaires et les plus vieux ( H ) soldats ; il leur lut et leurlit voir l’ordre positif du sultan et le fetfa du muphti. Soixantedes plus vieux, qui avaient des barbes blanches vénérables, et ,qui avaient reçu mille présens des mains du roi, proposèrentd’aller eux-mêmes le supplier de se remettre entre leurs mains,et de souffrir qu’ils lui servissent de gardes.
Le bacha le ( ,s ) permit; il n'y avait point d’expédient qu’iln’eût pris plutôt que d’être réduit à faire tuer ce prince. Cessoixante vieillards allèrent donc le lendemain matin à Varnitza,n’ayant dans leurs mains que de longs bâtons blancs, seulesarmes des janissaires quand ils ne vont point au combat; carles Turcs regardent comme barbare la coutume des chrétiensde porter des épées en temps de paix, et d’entrer armés chezleurs amis et dans leurs églises.
Ils s’adressèrent au baron de Grothusen et au chancelierMullern; ils leur dirent qu’ils venaient dans le dessein de ser-vir de fidèles gardes au roi, et que s’il voulait ils le condui-raient à Andrinople, où il pourrait parler lui-même au grand-seigneur. Dans le temps qu’ils faisaient cette proposition leroi lisait des lettres qui arrivaient de Constantinople, et queFabrice, qui ne pouvait plus le voir, lui avait fait tenir se-crètement par un janissaire: elles étaient du comte Poniatowski, ?qui ne pouvait le servir à Bender ni à Andrinople, étant re-tenu h Constantinople par ordre de la Porte depuis l’indiscrètedemande des mille bourses: il mandait au roi que les ordresdu sultan pour saisir ou massacrer sa personne royale en casde résistance n’étaient que trop réels; qu’à la vérité le sultanétait trompé par ses ministres, mais que plus ( 16 ) l’empereur