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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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exposa an roi de Suède l’état des affaires, les malheurs et leremède: il le conjura de ne point s’opposer h une abdicationdevenue nécessaire par les conjonctures, et honorable par lesmotifs; il le pressa de ne point immoler les intérêts de laSuède à ceux d’un ami malheureux qui s’immolait au bienpublic sans répugnance. Charles XIf reçut ces lettres à Yar-nitza: il dit en colère au Courier, en présence de plusieurstémoins: „Si mon ami ne veut pas être roi, je saurai bien enfaire un autre."

Stanislas s’obstina au sacrifice que Charles refusait. Cestemps étaient destinés à des sentimens et à des actions extra-ordinaires: Stanislas voulut aller lui-même fléchir Charles; etil hasarda pour abdiquer un trône plus qu’il n’avait fait pours’en emparer. 11 se déroba un jour h dix heures du soir del’armée suédoise, qu’il commandait en Poméranie, et partit avecle baron Sparre, qui a été depuis ambassadeur en Angleterreet en France, et avec un autre colonel: il prend le nom d’unFrançais, nommé Haran, alors major au service de Suède, etoui est mort depuis commandant de Dantzick. Il côtoie toutel'armée des ennemis, arrêté plusieurs fois, et relâché sur unpasse-port obtenu au nom de Haran; il arrive enfin après biendes périls aux frontières de Turquie.

Quand il est arrivé en Moldavie il renvoie à son arméele baron Sparre, entre dans Yassi, capitale de la Moldavie:se croyant en sûreté dans un pays où le roi de Suède avaitété si respecté, il était bien loin de soupçonner ce qui sepassait alors.

On lui demande qui il est: il se dit major d’un régimentau service de Charles XII. On l’arrête h ce seul nom; il estmené devant le hospodar de Moldavie, qui, sachant déjà parles gazettes que Stanislas s’était éclipsé de son armée, conce-vait quelques soupçons de la vérité. On lui avait dépeint laligure du roi, très aisé à reconnaître à un visage plein etaimable, et à un air de douceur assez rare.

Le hospodar l’interrogea, lui fit beaucoup de questionscaptieuses, et enfin lui demanda quel emploi il avait dans l’ar-mee suédoise. Stanislas et le hospodar parlaient latin. Majorsum ( 4 ), lui dit Stanislas: Imo maximus es ('), lui répondit leMoldave; et aussitôt lui présentant un fauteuil, il le traita enroi; mais aussi il le traita en roi prisonnier, et on fit unegarde exacte autour d’un couvent grec dans lequel il fut obligéde rester jusqu’à ce qu’on eût des ordres du sultan. Les ordresvinrent de le conduire à Bender, dont on faisait partir Charles.

La nouvelle en vînt au hacha dans le temps qu’il accom-