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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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Le roi reçut le paquet île sa soeur à Démotica. Le des-potisme qu’it avait sucé en naissant lui faisait oublier qu'au tre-fois la Suède avait été libre, et que le sénat gouvernait an-ciennement le royaume conjointement avec les rois. Il neregardait ce corps que comme Une troupe de domestiques quivoulaient commander dans la maison en l’absence du maître:il leur écrivit que s’ils prétendaient gouverner, il leur enverraitune de ses bottes, et que ce serait d’elle dont il faudrait qu’ilsprissent ( 14 ) les ordres.

Pour prévenir donc ces prétendus attentats en Suèdecontre son autorité, et pour défendre enfin son pays, n’espé-rant plus rien de la Porte ottomane, et ne comptant plus quesur lui seul, il fit signifier au grand-visir qu’il souhaitait partiret s’en retourner par l’Allemagne.

M. Désalenrs, ambassadeur de France, qui s’était chargédes affaires de la Suède, fit la demande de sa part. „Khbien! dit le visir au comte Désalenrs, n’avais-je pas bien ditque l’année ne se passerait pas sans que le roi de Suède de-mandât à partir? Dites-lui qu’il est à son choix de s’en allerou de demeurer; mais qu’il se détermine bien, et qu’il fixe lejour de son départ, afin qu’il ne nous jette pas une secondefois dans l’embarras de Bender.“

Le comte Désalenrs adoucit au roi la dureté de ces pa-roles. Le jour fut choisi; mais Charles, avant que de quitterla Turquie, voulut ctaler la pompe d’un grand roi, quoiquedans la misère d’un fugitif. Il donna à Grothusen le titred’ambassadeur extraordinaire, et l’envoya prendre congé dansles formes à Constantinople, suivi de quatre-vingt personnestoutes superbement vêtues.

Les ressorts secrets qu’il fallut faire jouer pour amasserde quoi fournir à cette dépense étaient plus humilians quel’ambassade n’était (’ 5 ) pompeuse.

M. Désaleurs prêta au roi quarante mille écus ; Grothusenavait des agens à Constantinople qui empruntaient en sonnom, à cinquante pour cent d’intérêt, mille écus d’un juif,deux cents pistoles d’un marchand anglais, mille francs d’unTurc.

On amassa ainsi de quoi jouer en présence du divan labrillante comédie de l’ambassade suédoise. Grothusen reçut hConstantinople tons les honneurs que la Porte fait aux am-bassadeurs extraordinaires de rois le jour de leur audience.Le but de tout ce fracas était d’obtenir de l’argent du grand-visir; mais ce ministre fut inexorable.

Grothusen proposa d’emprunter un million de la Porte : le