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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRIÎ VII.

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tés plus d'une fois, ils arrivèrent enfin aux portes <le la villede Stralsund à une heure après minuit.

Le roi cria à la sentinelle qu’il était un Courier dépêchéde Turquie par le roi de Suède, qu’il fallait qu’on le fit par-ler dans le moment au général Ducker, gouverneur de laplace: la sentinelle répondit qu’il était tard, que le gouver-neur était couché, et qu’il fallait attendre au point du jour.

Le roi répliqua qu’il venait pour des affaires importan-tes, et leur déclara que s’ils n’allaient pas réveiller le gou-verneur sans délai, ils seraient tous punis le lendemain ma-tin. Un sergent alla enfin réveiller le gouverneur. Dockers’imagina que c’était peut-être un des généraux du roi deSuède; on fit ouvrir les portes; on introduisit ce courier danssa chambre.

Ducker, h moitié endormi, lui demanda des nouvellesdn roi de Suède: le roi le prenant par le bras, „Eh quoi!dit-il, Ducker, mes plus fidèles sujets m’ont-ils oublié?**Le général reconnut le roi: il ne pouvait croire ses yeux; ilse jette en bas du lit, embrasse les genoux de son maîtreen versant des larmes de joie. La nouvelle en fut répandueà l’instant dans la ville: tout le monde se leva; les soldatsvinrent entourer la maison dn gouverneur; les rues se rem-plirent des habitans, qui se demandaient les uns aux autres,Kst-il vrai que le roi est ici? On fit des illuminations à tou-tes les fenêtres; le vin coula dans les rues à la lumière demille flambeaux, et au bruit de l’artillerie.

Cependant on mena le roi au lit: il y avait seize joursqu’il ne s’était couché; il fallut couper ses bottes sur les jam-bes qui s’étaient enflées par l’extrême fatigue. Il n’avait nilinge ni habits; on lui fit une garde-robe en bâte de ce qu’onput trouver de plus convenable dans la ville. Quand il eutdormi quelques heures, il ne se leva que pour aller faire larevue de ses troupes, et visiter les fortifications. Le jourmême il envoya par-tout ses ordres pour recommencer uneguerre plus vive que jamais contre tous ses ennemis. Aureste toutes ces particularités, si confoxmes au caractère extra-ordinaire de Charles XII, m’ont été confirmées par le comtede Croissy, ambassadeur auprès de ce prince, après m’avoirété apprises ( 17 ) par M. Fabrice.

L’Europe était alors ( 1B ) dans un état bien différent decelui où ( ls ) elle était quand Charles la quitta, en 1709.

La guerre qui en avait si long-temps déchiré toute lapartie méridonale, c’est-h-dire l’Allemagne, l’Angleterre, laHollande, la France, l’Espagne, le Portugal, et l’Italie, était

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