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HISTOIRE DE CHARLES XII.
éteinte: cette paix générale avait été produite par desbrouillerios particulières arrivées a la cour d’Angleterre. Ledômte d'Oxford, ministre habile, et le lord Bolingbroke, undes plus lirillans génies et l'homme le plus éloquent de sonsiècle, prévalurent contre le fameux duc de Marlborough, etengagèrent la reine Anne h. faire la paix avec Louis XIV.La France, n’ayant plus l’Angleterre pour ennemie, forçabientôt les autres puissances à s’accommoder.
Philippe V, petit-fds de Louis XIV, commançait àrégner paisiblement sur les débris de la monarchie espagnole;l’empereur d’Allemagne, devenu maître de Naples et de laFlandre, s'affermissait dans ses vastes états ; Louis XIV n’as-pirait pins qu’à achever en paix sa longue carrière.
Anne, reine d’Angletene, était morte le 10 auguste 1714,haïe de la moitié de sa nation pour avoir donné la paix àtant d'états: son frère Jacques Stuart, prince malheureux,exclu du trône presque en naissant, n’ayant point paru alorsen Angleterre pour tenter de recueillir une succession que denouvelles lois lui auraient donnée, si son parti eût prévalu,• George 1, électeur de Hanover, fut reconnu unanimementroi de la Grande-Bretagne. Le trône appartenait à cet élec-teur, non en vertu du sang, quoiqu’il descendit d’une iille deJacques, mais en vertu d’un acte du parlement de la nation.
George, appelé dans un âge avancé à gouverner un peu-ple dont il n’entendait point la langue et chez qui tout luiétait étranger, se regardait comme l’électeur de Hanover plu-tôt que comme le roi d'Angleterre: toute son ambition étaitd’agrandir ses états d'Allemagne; il repassait presque tous lesans la mer pour revoir des sujets dont il était adoré. Aureste il se plaisait plus à vivre en homme qu'en maître; lapompe de la royauté était pour lui un fardeau pesant: il vi-vait avec un petit nombre d’anciens courtisans qu’il admettaità sa familiarité; ce n’était pas le roi d’Europe qui eût le plusd'éclat, mais il était un des plus sages, et le seul qui connûtsur le trône les douceurs de la vie privée et de l'amitié. Telsétaient les principaux monarques, et telle la situation du midide l’Europe.
Les changemens arrivés dans le nord étaient d’une autrenature: ses rois étaient en guerre, et se réunissaient contrele roi de Suède.
Auguste était depuis long-temps remonté sur le trône del’ologne avec l’aide du czar, et du consentement de l’empe-reur d’Allemagne, d’Anne d’Angleterre, et des états-généraux,qui, tous garans du traité d’Altranstad, quand Charles XII