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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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Imposait les lois, se désistèrent de leur garantie quand il nefut plus à craindre.

Mai* Auguste ne jouissait pas d’un pouvoir tranquille.La république de Pologne, en reprenant son roi, reprit bien-tôt ses craintes du pouvoir arbitraire: elle était en armes pourl’obliger à se conformer aux pncta cunventa, contrat sacréentre les peuples et les rois, et semblait n’avoir rappelé sonmaître que pour lui déclarer la guerre. Dans les coimnence-mens de ces troubles on n’entendait pas prononcer le nom deStanislas: son parti semblait anéanti, et l’on ne se ressouve-nait en Pologne du roi de Suède que comme d’un torrent quiavait pour un temps changé le cours de toutes choses dansson passage.

Pultava et l’absence de Charles XII, en faisant tomberStanislas, avaient aussi entraîné la chute du duc de Hol-stein, neveu de Charles, qui venait d’être dépouillé de sesétats par le roi de Danemarck. Le roi de Suède avait aimétendrement le père; il était pénétré et humilié des malheursdu lils: de plus, n’ayant rien fait en sa vie que pour lagloire, la chute des souverains qu’il avait faits ou rétablis futpour lui aussi sensible que la perte de tant de provinces.

C’était à qui ( !0 ) s’enrichirait de ses pertes. Frédéric-Guillaume, depuis çeu roi de Prusse, qui paraissait avoirautant d’inclination a la guerre que son père avait été paci-lique, commença par se faire livrer Stetin et une partie dela Poméranie, sur laquelle il avait des droits pour quatre centmille écus payés au roi de Danemarck et au czar.

George, électeur de Ilanover, devenu roi d’Angleterre,avait aussi séquestré entre ses mains les duchés de Brème etde Verden, que le roi de Danemarck lui avait mis en dépôtpour soixante mille pistoles. Ainsi on disposait des dépouil-les de Charles XII; et ceux qui les avaient en garde deve-naient par leurs intérêts des ennemis aussi dangereux queceux qui les avaient prises.

Quant au czar, il était sans doute le plus à craindre:ses anciennes défaites, ses victoires, ses fautes même, sapersévérance à s’instruire et à montrer h ses sujets ce qu’ilavait appris, ses travaux continuels, en avaient fait un grandhomme en tout genre. Déjà Riga était pris ; la Livonie, l’in-grie, la Carélie, la moitié de la Finlande, tant de provincesqu’avaient conquises les rois ancêtres de Charles étaient sousle joug moscovite.

Pierre Alexiowilz, qui vingt ans auparavant n’avait pasune barque dans la mer Baltique, se voyait alors maître de