HISTOIRE DE CHARLES XII,
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qué ses découvertes au public dans ses commentaires sur Po-lybe. Ses vues furent goûtées de Charles XII, qui lui-mêmeavait fait la guerre d’une manière nouvelle, et qui ne se lais-sait conduire en rien par la coutume: il destina le chevalierde Folard à être un des instrtimens dont il voulait se servirdans la descente projetée en Ecosse. Ce gentilhomme exé-cuta en France les ordres secrets du baron de Gortz. Beau-coup d’officiers français, un plus grand nombre d’irlandaisentrèrent dans cette conjuration d’une espèce nouvelle, quise tramait en même temps en Angleterre, en France, enMoscovie, et dont les branches s’étendaient secrètement d’unbout de l’Europe à l’antre.
Ces préparatifs étaient encore peu de chose pour le baronde Gortz. ; mais c’était beaucoup d’avoir commencé. Le pointle plus important, et sans lequel rien ne pouvait réussir,était d’achever la paix entre le czar et Charles : il restaitbeaucoup de difficultés à applanir. Le baron Osterman, mi-nistre d’état en Moscovie, ne s’était point laissé entraînerd’abord aux vues de Gortz: il était aussi cironspect que leministre de Charles était entreprenant; sa politique lente etmesurée voulait laisser tout mûrir; le génie impatient del’autre prétendait recueillir immédiatement après avoir semé.Osterman craignait que l’empereur Son maître, ébloui parl’éclat de cette entreprise, n’accordât à la Suède une paixtrop avantageuse; il retardait par ses longueurs et par sesobstacles la conclusion de cette affaire.
Heureusement pour le baron de Gortz le czar lui-mêmevint en Hollande au commencement de 1717. Son desseinétait de passer en France: il lui manquait d’avoir vu cettenation célèbre qui est depuis plus de cent ans censurée, en-viée, et imitée par tous ses voisins; il voulait y satisfaire sacuriosité insatiable de voir et d’apprendre, et exercer enmême temps sa politique.
Gortz vit deux fois à la Haye cet empereur; il avançaplus dans ces deux conférences qu’il n’eût fait en six moisavec des plénipotentiaires. Tout prenait un tour favorable;ses gtapds desseins paraissaient couverts d’un secret impéné-trable; il se flattait que l’Europe ne les apprendrait que parl’exécution. Il ne parlait cependant à la Haye que.de paix:il disait hautement qu’il voulait regarder le roi d’Angleterrecomme le pacificateur du nord : il pressait même en appa-rence la tenue d’un congrès à Brunswick, où les intérêts dela Suède et de ses ennemis devaient être décidés à l’amiable.
Le premier qui découvrit ses intrigues fut le duc d’Or-