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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE vm.

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interposât ses bons offices ponr l’élargissement du baron deGortz et du comte de Gyllembonrg. Il s’en retourna dansses états à la tin de juin, après avoir donné à la France lespectacle rare d’un empereur qui voyageait pour s’instruire:mais trop de Français ne virent en lui que les dehors gros-siers que sa mauvaise éducation lui avait laissés, et le légis-lateur, le créateur d’une nation nouvelle; le grand homme,leur échappa.

Ce qu'il cherchait dans le duc d’Orléans il le trouva (’ 3 )bientôt dans le cardinal Albéroni, devenu tout-puissant enEspagne. Albéroni ne souhaitait rien tant que le rétablisse-ment du prétendant, et comme (“) ministre de l’Espagne, quel’Angleterre avait si maltraitée, et comme ennemi personneldu duc d’Orléans, lié avec l’Angleterre contre l’Espagne, etenfin comme prêtre d’une église pour laquelle le père duprétendant avait si mal-à-propos perdu sa couronne.

Le duc d’Ormond, aussi aimé en Angleterre que le ducde Marlborough y était admiré, avait quitté son pays à l’avé-nement du roi George, et s’étant alors retiré à Madrid, ilalla, muni de pleins-pouvoirs du roi d’Espagne et du préten-dant, trouver le czar sur son passage à Mittau en Courlande,accompagné d’Irnegan, autre Anglais, homme habile et entre-prenant: il demanda la princesse Anne Petrowna, fille duczar, en mariage pour le fils de Jacques II, espérant quecette alliance attacherait plus étroitement le czar aux intérêtsde ce prince malheureux. Mais cette proposition faillit ( l5 ) àreculer les affaires pour un temps, au lieu de les avancer.Le baron de Gortz avait dans ses projets destiné depuis long-temps cette princesse au duc de Holstein, qui en effet l’aépousée depuis: dès qu’il sut cette proposition du duc d’Or-mond, il en fut jaloux et s’appliqua à la traverser. Il sortitde prison au mois d’auguste, aussi-bien que le comte de Gyl-lembonrg, sans que le roi de Suède eût daigné faire la moin-dre excuse au roi d’Angleterre, ni montrer le plus léger mé-contentement de la conduite de son ministre.

En même temps on élargit à Stockholm le résident anglaiset tout sa famille, qui avaient été traités avec beaucoup plusde sévérité que Gyllembourg ne l’avait été à Londres.

Gortz en liberté fut un ennemi déchaîné qui, outre lesptiissans motifs qui l’agitaient, eut encore celui de la ven-geance: il se rendit en poste auprès du czar, et ses insinua-tions prévalurent plus que jamais auprès de ce prince. D’abordil l’assura qu’en moins de trois mois il lèverait, avec un seulplénipotentiaire de Moscovie, tous les obstacles qui retar-