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HISTOIRE DK CHARLES XII.
daient la conclusion de la paix avec la Suède: il prit entreses mains une carte géographique que le czar avait dessinéelui-même, et, tirant une Ligne depuis Vibourg jusqu’il la merGlaciale, en passant par le Lan Ladoga, il se lit fort de por-ter son maître à céder ce qui était à l’orient de cette ligne,aussi-bien que la Carélie, l’Ingrie, et la Livonie: ensuite iljeta des propositions de mariage entre la iille de sa majestéczarienne et le duc de Holstein, le llattant que ce duc luipourrait céder ses états moyennant un équivalent; que par-làil serait membre de l’empire, lui montrant de loin la couronneimpériale, soit pour quelqu’un de ses descendans, soit pourlui-même. Il flattait ainsi les vues ambitieuses du monarquemoscovite, ôtait au prétendant la princesse czarienne enmême temps qu’il lui ouvrait le chemin de l’Angleterre; et ilremplissait toutes ses vues à la Ibis.
Le czar nomma l’ile d’Aland pour les conférences queson ministre d’état Osterman devait avoir avec le baron deGortz. On pria le duc d’Ormond de s’en retourner, pour nepas donner de trop violées ombrages à l’Angleterre, avec la-quelle le czar ne voulait rompre que sur le point de l’inva-sion: on retint seulement à Pétersbourg Irnegan, le confidentdu duc d’Ormond, qui fut chargé des intrigues, et qui logeadans la ville avec tant de précaution, qu'il ne sortait que denuit, et ne voyait jamais les ministres du czar que déguisé,tantôt en paysan, tantôt en Tartare.
Dès que le duc d’Ormond fut parti, le czar fit valoir anroi d’Angleterre sa complaisance d’avoir renvoyé le plus grandpartisan du prétendant; et le baron de Gortz, plein d’espé-rance, retourna en Suède.
Il retrouva son maître à la tête do trente-cinq millehommes de troupes réglées, et les côtes bordées de milices.U ne manquait au roi que de l’argent: le crédit était épuiséen-dedans et en-dehors du royaume. La France, qui luiavait fourni (|uelques subsides dans les dernières années deLouis XIV, nen donnait plus sous la régence du duc d’Or-léans, qui se conduisait par des vues toutes contraires: l’Es-pagne en promettait, mais elle n’était pas encore en état d’enfournir beaucoup. Le baron de Gortz donna alors une libreétendue à un projet qn’il avait déjà essayé avant d’aller enFrance et en Hollande, c’était de donner au cuivre la mêmevaleur qu’à l’argent; de sorte qu’une pièce de cuivre dont lavaleur intrinsèque est un demi-sou, passait pour quarantesous avec la marque du prince; à-peu-près comme, dans uneville assiégée, les gouverneurs ont souvent payé les soldats