VILLE DE PARIS. -=■ TROISIÈME ARRONDISSEMENT.
N° 9. QUARTIER DU FAUBOURG POISSONNIÈRE.
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VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
Rue Bergère et presque en face du Conservatoire de musique, onremarquait naguère I’hôtel Rougemont de Lowemeerg, magnifique ha-bitation dont les jardins s’étendaient jusqu'au boulevard Montmartre,où une grille en fer permettait aux promeneurs de jouir de la fraîcheurde ses gazons, de la beauté de ses ombrages. Cet hôtel, acquis, dit-on, auprix de six cent mille francs, a été vendu réçemment la somme énormede quatre millions à une société d’entrepreneurs ; sur le terrain où ils’élevait a été percée une rue en voie de construction.
Rue Richer, n" 10, demeurait en 1841 le compositeur de musiqueBerton, auteur du Délire, à!Aline, des Maris garçons, etc., etc.
Rue de Ménars, n°9, a demeuré Viotti, célèbre violoniste etcompositeur de musique, mort en 1824.
Rue Bufiaut, n° 23 , habitait en 1845 M. B. Saintine, auteur dudélicieux roman de Picciola.
Rue de la Tour-d’Auvergne, n” 11, demeurait en 1S22 le géné-ral Berton, chef de la conspiration de Saumur, décapité à Poitiers enÎ825.
Rue du Faubourg Poissonnière, n" 76, est la caserne de laNouvelle-France, où deux grands hommes ont commencé leur carrièremilitaire : Hoche , soldat aux gardes françaises à dix-sept ans et généralen chef à vingt-sept; Lefebvre, sergent aux gardes françaises en 1789,général en 1793 et maréchal de France en 1804. —Le 27 juillet 1830, lecapitaine Flandin, à la tête de deux cents citoyens, dont il n’y en avaitpeut-être pas vingt qui fussent armés, attaqua cette caserne, fit mettrebas les armes à cent quarante jeunes soldats du 50 e de ligne, et s’em-para de ce poste important, où on trouva de précieuses ressources pourla défense.
Au n“ 97 est l’une des plus importantes usines à gaz de Paris, éta-blie dans le jardin de l’hôtel de François de Neufchâteau, dont lesbâtiments ont été convertis en maison de santé.
C’est près de la barrière Poissonnière, dans une vaste tranchée creuséeà cet effet, que furent jetés pêle-mêle les quatre à cinq cents cadavresdes Suisses tués dans les escaliers, les cours et les jardins des Tuileries.
TROISIÈME ARRONDISSEMENT.
Les limites de cet arrondissement sont ; le mur d’enceinte de labarrière du Télégraphe ou Poissonnière jusqu’à la barrière St-Denis, larue du Faubourg St-Denis n” impairs, le boulevard Bonne-Nouvellen“ pairs, les rues Poissonnière et du Petit-Carreau n™ impairs, les ruesMontorgueil, de la Fromagerie et de la Tonnellerie n"‘ impairs, la rueSt-llonoré n° ! pairs jusqu’à la rue du Four, la rue du Four n“ pairs , larue Coquiltière n M pairs, et à partir de cette rue la rue Cvoix-des-Petits-Champs n“ pairs, le pourtour de la place des Victoires de la rue Croix-des-Petits-Champs à la rue Neuve des Petits-Champs, et la rue Neuvedes Petits-Champs n“ pairs jusqu’à la rue Yivienne , la rue Viviennen“ pairs, la place de la Bourse n“ impairs, la rue Notre-Dame-des-Victoires n°' pairs, et la rue Montmartre n'“ impairs jusqu’au boulevard.
N° 9. QUARTIER DU FAUBOURG POISSONNIÈRE.
Ci-devant section de la rue Poissonnière.
Les limites de ce quartier sont ; la rue du Faubourg-Poissonnièren us pairs, le mur d’enceinte de la barrière Poissonnière à la barrièreSt-Denis, la rue du Faubourg St-Denis n os impairs, et le boulevardBonne-Nouvelle n°* pairs. •—Superficie SOO.OOO m. carrés, équivalantà 0,024 de la superficie totale de Paris.
Les principaux monuments et établissements de ce quartier sont :
L’église St-Vincent de Paul, située place Lafayette. Cette église
a été construite sur une éminence que dominait autrefois un belvéderdépendant du clos de St-Lazare, où se retirait souvent saint Vincent dePaul.
La base de ce nouveau monument est élevée a plus de S m. au-dessus dusol de la place Lafayette, laquelle déjà s’élève en terrasse sur les quartiersqui l’avoisinent. Pour arriver plus commodément au parvis de l’église,deux larges escaliers et de vastes rampes, disposées en amphithéâtre,formant un double fer à cheval, et avec des pentes douces, en facilitel’abord aux piétons ainsi qu’aux voilures.'La façade de l’édifice a 37 m.de largeur, et est précédée d’un porche à six colonnes de front, d’ordreionique, sur une profondeur de trois entre-colonnements.
La porte'principale est revêtue de fonte, et offre dans douze nichesles figures des apôtres, accompagnées d’anges au milieu d’enroulementsde fruits et de fleurs. Les symboles des quatre évangélistes, et le Saint-Esprit, décorent la frise de l’imposte ; puis enfin, au-dessus, la figure duRédempteur entre deux riches compartiments à jour. — Le fronton estdestiné à recevoir, entre les statues de la Foi et de la Charité, au centre,l’image de saint Vincent de Paul. Des deux côtés de la colonnade s’élèventà 54 m. au-dessus du niveau de la place Lafayette deux clochers ou tourscarrées devant porter chacun un cadran, l’un indiquant les heures,l’autre le quantième du mois. — Au-dessus du fronton, entre les deuxclochers, règne une vaste terrasse d’où l’œil domine sur toute la capi-tale, et forme un magnifique panorama. Le parapet, entrecoupé de qua-tre piédestaux, est décoré des statues des évangélistes, dues au ciseau deMM. Brion, Foyatier, Barre et Valois : deux autres statues de saintPierre et saint Paul, par M. Ramev, ornent les niches pratiquées dansles deux clochers.
La largeur intérieure du monument est partagée en cinq parties parquatre rangs de colonnes distribuées deux par deux, de droite et de gau-che, en entrant par la porte principale. Les deux divisions intermédiai-res, les bas côtés et les deux dernières forment les chapelles, au nom-bre de huit, la partie centrale formant la nef.
L’abside occupe à la fois la largeur de la nef et des deux bas côtés.Tout autour de la nef et de l’abside, sur une longueur de 170 m., se dé-veloppe une frise d’environ 3 m. de haut. Au-dessus, un second rangde colonnes corinthiennes forme, sur les deux parties latérales de la nef,de hautes tribunes, et au-dessus delà porte d’entrée un bel emplacementpour l’orgue : ce second ordre est décoré d’une suite de médaillons surune frise de 2 m. de hauteur. La longueur intérieure de l’église est de90 m. La hauteur du plafond de la nef approche de celle des voûtes denos cathédrales gothiques. II suit, dans sa forme, les deux rampants ducomble. Ce plafond est divisé en douze compartiments décorés de caissonsen forme de croix et d’étoiles, incrustés enbois dechêne sur sapin, rehaus-sés par des fonds rouges et azur ornementés en or.—De grandes verrièresdécorent l’église , savoir ; la rose du grand portail ; la verrière du fondde l’abside ou chapelle de la Vierge , et les huit chapelles latérales. Adroite, elles représentent la Résurrection, saint Denis, sainte Clotilde,saint Charles Borromée ; à gauche, le Baptême de Jésus par saint Jean,saint Martin, sainte Elisabeth et saint François de Sales ; au grand por-tail, dans un vitrail d’or, est l’apothéose de saint Vincent de Paul, aumilieu d’une auréole de gloire.
La prison St-Lazare. St-Lazare était autrefois un prieuré d’augus-tins de fondation royale , où les rois faisaient leur séjour pendant quel-ques semaines pour recevoir le serment de fidélité et les soumissions desautorités. A leur mort, leur corps y était mis en dépôt pendant quel-ques jours avant de les porter à St-Denis pour y être inhumés. Plustard ce prieuré fut uni à une léproserie.
La première charte où il est parlé de la maison de St-La*are porte ladate de l’an H10 ; elle ne fait mention que des pauvres lépreux, en fa-veur desquels Louis le Gros érigea la foire St-Laurent, qui fut établiedans le ‘même faubourg. Saint Vincent de Paul ayant institué l’ordredes missions eu 1632, on lui donna la maison de St-Lazare pour y éta-blir le chef-lieu de sa congrégation. Toutefois on imposa au pieux fon-dateur l’obligation de continuer à recevoir les lépreux , qui étaient en-core à cette époque très-nombreux à Paris. Le corps de saint Vincentde Paul fut inhumé dans le chœur de l’église St-Lazare , au pied du
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