VILLE DE PARIS. — QUATRIEME ARRONDISSEMENT. — N° 1-î. QUARTIER DU LOUVRE.
indiquée que par une croix ombragée de cyprès, sur laquelle on lisaitcette modeste inscription : Aux citoyens morts pour la. patrie.
Le Louvre , tel que nous le voyons aujourd’hui, fut continué sousCharles IX , Henri III et Henri IV ; le gros pavillon fut bâti sousLouis XIII. Une grande partie des bâtiments de la cour et la façadeprincipale connue sous le nom de colonnade du Louvre furent élevéessous le règne de Louis XIV. Les travaux , continués pendant quelquetemps sous Louis XV, furent abandonnés jusqu’en 1804, époque où ilsfurent repris par ordre de Napoléon avec une grande activité.
La façade occidentale du corps de bâtiment élevé par l’architectePierre Lescot, aujourd’hui nommé Vieux-Louvre, offre un dessin fortsimple, si on le compare à celui de la façade orientale, où les ornementsse montrent avec profusion. Cette différence provient de ce que celtefaçade occidentale était postérieure et donnait sur des cours de service,tandis que l’autre façade appartenait à la cour d’honneur. Celle-ci estplus riche d’ornements , plus chargée de bas-reliefs ; les yeux en sontfatigués, et le talent du sculpteur y brille plus que celui de l’architecte :l’accessoire surpasse le principal. —L’intérieur du Vieux-Louvre offraitun grand nombre de salles pareillement chargées de sculptures. Dansune d’elles , appelée salle des Cariatides , on admire les quatre statuescolossales, en pierre, représentant des femmes , ou cariatides, qui sup-portent une tribune, ouvrage du célèbre Jean Goujon, et une des plusbelles productions qu’offre en Europe l’art du statuaire, depuis la res-tauration de cet art. Outre ce principal corps de logis, l’architecte PierreLescot construisit une partie du bâtiment en retour du côté de la Seine,et une aile qui, communiquant au Louvre, s’avancait jusque sur le bordde cette rivière, et n’en est aujourd’hui séparée que par le quai. — Legros pavillon contigu à ce dernier bâtiment est d’une construction plusrécente ; c’est celui où se fait chaque année l’exposition des tableaux.
Ce corps de bâtiment qui s’étend depuis le Vieux-Louvre jusqu’aubord de la Seine, et qui fait angle avec la façade méridionale du Louvre,a longtemps porté le nom de palais de la Reine, de pavillon de l’Infante,et l’espace vide enfermé entre ces bâtiments et la nouvelle grille portaitle nom de jardin de l’Infante. L’étage supérieur de ce corps de bâti-ment forme aujourd’hui la galerie d’Apollon, ainsi nommée à cause dessujets des peintures de son plafond. C’est ce bâtiment, avancé jusqu’aubord de la Seine , qui a fait naître le projet d’établir une galerie qui,en longeant cette rivière, irait aboutir au château des Tuileries et for-merait une communication entre le Louvre et ce château.
La façade principale du Louvre, commencée en 1666, sur les dessinsde Claude Perrault, fut achevée eu 1670 ; elle a 166 m. 87 c. de lon-gueur, et se compose de trois avant-corps, deux aux extrémités et un aucentre, où se trouve l’entrée principale. Les deux intervalles que laissentces trois avant-corps sont occupés par deux galeries dont le fond, autre-fois garni de niches , est aujourd’hui percé de fenêtres. La hauteur decette façade, depuis le sol jusqu’à la partie supérieure de la balustrade,est de 27 m. 61 c. ; elle se divise en deux parties principales : le sou-bassement et le péristyle. Le soubassement présente un mur lisse, percéde vingt-trois ouvertures, portes ou fenêtres. Le péristyle se compose d’uneordonnance corinthienne contenant cinquante-deux colonnes et pilastres,accouplés et cannelés. — Cette façade éprouva des changements, et futembellie sous le règne de Napoléon. Au-dessus de la porte d’entrée ,placée à l’avant-corps du centre, on fit disparaître un grand cintre, et l’onétablit entre les deux parties de la colonnade une communication quin’existait pas. Au-dessus de cette même entrée étaient deux tables vides.On va sculpté un grand bas-relief représentant la Victoire sur un charattelé de quatre chevaux ; et l’on y a joint, comme pendentifs, deux bas-reliefs qui existent dans les cintres de l’attique composé par Pierre Les-cot. Le tympan du fronton qui couronne cet avant-corps était resté vide.Lemot fut chargé de le remplir; il composa un bas-relief au centre duquelétait placé, sur un piédestal, le buste de Napoléon. On voit à droite lafigure de Minerve, et à gauche celle de la muse de l’histoire, qui écrit surle piédestal ces mots : Napoléon le Grand a achevé le Louvre. Devantce piédestal, la Victoire assise, Minerve , des muses, des génies figu-rent dans les autres parties de ce fronton. En 1815 on a fait disparaîtrele buste'le Napoléon, et on lui a substitué celui de Louis XIV, et l’ins-cription a été remplacée par celle-ci : Ludovico Magno, — Cette façade
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doit sans contredit, par l’heureuse harmonie qui se trouve entre toutes lesparties de l’ensemble, par le choix de la belle exécution de ses ornementsla sage économie de leurs distributions , enfin par la majesté de sonétendue, occuper le premier rang parmi les plus beaux morceaux d’ar-chitecture dont Paris puisse se glorifier.
Perrault fit aussi élever, sur ses dessins, la façade du Louvre qui donnesur le cours de la Seine ; façade moins magnifique que la précédente, etqui se trouve parfaitement en accord avec elle. Le soubassement, lespilastres corinthiens qui la décorent, sont dans les memes proportions :il ne la termina point. — La façade du côté de la rue du Coq fut enpartie construite par Perrault; sa décoration, qui diffère de celle, de lafaçade du côté de la rivière, est moins riche.
Le plan de la cour dû Louvre est un carré parfait dont chaque côté a112 m. Les décorations des quatre façades de cette cour ne se ressemblentpas : voici les causes de cette dissemblance. — La façade occidentale dela cour appartient au corps de bâtiment appelé communément le Vieux-Louvre , bâtie par Pierre Lescot, sous François I er et sous Henri II.Cette façade fut restaurée sous Louis XIII, par l’architecte Mercier,qui, s’écartant des dessins de Lescot, éleva le pavillon placé au centre,dont l’étage supérieur fut décoré de six cariatides colossales sculptées parSarrasin, sur le comble duquel, avant le gouvernement de Bonaparte,était un télégraphe. On y voit aujourd’hui une horloge. Cette façade,malgré les changements qu’elle a éprouvés, conserve encore le caractèred’une construction du xvr* siècle. — La façade méridionale fut construiteen partie par les mêmes architectes , et par Mercier , qui, continuantl’ouvrage de Pierre Lescot, en conserva les dessins. Cette façade et toutle corps de bâtiment auquel elle appartient restèrent imparfaits. Com-mencée au xvi* siècle, continuée au xvu e , laissée dans un état de ruine,longtemps à demi enterrée sous des décombres, elle participait de la ma-nière de i’iineet de l’autre époque. — La façade du côté oriental, celle quise trouve derrière la façade extérieure appelée colonnade, conserve, à plu-sieurs égards, l’ordonnance du bâtiment appelé Vieux-Louvre, mais endiffère dans plusieurs autres. Il en est de même de la façade septentrio-nale. Dans le Vieux-Louvre, l’ordonnance du rez-de-chaussée est corin-thienne, celle du premier étage composite , et l’étage supérieur présenteun ordre attique, couronné par une espèce de balustrade barbare, et parun comble très-élevé. — Les autres façades furent composées desmêmes ordonnances ; mais à l’ordre attique on substitua un troisièmeordre, et à la balustrade barbare une balustrade moderne qui dérobe en-tièrement la vue du comble. — La façade septentrionale de la cour, de-puis le Vieux-Louvre jusqu’à l’avant-corps, était construite d’après lesdessins de Pierre Lescot. Sous Louis XV et sous la conduite de l’archi-tecte Gabriel, l’autre moitié de cette même façade fut construite d’aprèsles dessins de Claude Perrault, c’est-à-dire conformément à la façadeorientale. — Les façades de cette cour, si l’on en excepte celle qui ap-partient au Vieux-Louvre, entreprises ou réparées sous Louis XIII,Louis XIV et Louis XV, ne furent jamais terminées. Les bâtimentsqu’elles représentaient étaient en ruine avant d’être construits. La plu-part manquaient de toitures, n’en avaient que de provisoires, ou établiesà la hâte, et qui ne s’élevaient pas même à la hauteur des murs de façade.Napoléon, jaloux dé toute espèce de gloire, conçut le projet de finir eupeu d’années ce que plusieurs rois n’avaient pu faire en plusieurs siè-cles ; et ce projet fut exécuté. Les façades extérieures et inférieures fu-rent entièrementragréées, achevées, couronnées de balustrades, couvertesd’une toiture et terminées.
De vastes constructions, commencées sur la placeditedu Vieux-Louvre,faisant le pendant des bâtiments qui sont en face, doivent se rattacher àla nouvelle galerie du côté de la rue St-Ilonoré, comme les bâtimentsdu côté opposé se rattachent à l’ancienne galerie qui borde le cours dela Seine. La nouvelle galerie commencée en 1807, et dont une grandepartie est terminée ; les salles du musée des antiques, établies en 1 805,au rez-de-chaussée des bâtiments du Vieux-Louvre et de ceux qui s’avan-cent jusqu’au quai, disposées, embellies avec goût et magnificence ; lesuperbe et pittoresque escalier qui, de l'entrée de ces salles, conduit àcelles qui sont destinées aux expositions, à la galerie d’Apollon et à lagalerie dite le musée des tableaux ; cette dernière galerie, séparée, enri-chie dans toute son immense longueur; la place du Carrousel, considé-