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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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VILLE DE PARIS. NEUVIEME ARRONDISSEMENT. X" 31. QUARTIER DE LHOTEL DE VILLE.

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preuve, me rend plus que jamais fier dêtre à sa télé. La liberté triom-phera, ou nous périrons ensemble.

« Vive la liberté! vive la patrie!

» Lakayette. »

Le 31 juillet, le duc dOrléans, qui avait accepté la veille la lieute-nance générale du royaume, se rendit à lhôtel de ville, sans autre gardeque le peuple, sans autre cortège que celui des députés et du peuple.

La place de lHotel-de-Ville, les quais des deux, rives de la Seine, lesrues adjacentes, les croisées de tous les étages, étaient encombrés dunemultitude de citoyens tous parés des couleurs nationales. Au momentle duc dOrléans et le général Lafayette se présentèrent sur le balcon de,lhôtel de ville, étroitement embrassés, et agitant le glorieux drapeautricolore , uu tonnerre dapplaudissements, de bravos, de cris de Vivela charte ! Vive la liberté! retentirent sur les deux rives. A ces cris semêlaient le bruit des canons, de la mousqueterie, et le carillon de toutesles cloches.

Jamais spectacle plus sublime, plus imposant, plus national, ne futoffert à ladmiration des peuples. Les jours de la victoire étaient dignesde lhéroïsme des combats.

A son arrivée à lhôtel de ville, le duc dOrléans y fut reçu par legénéral Dubourg. M. Vienuet lut la déclaration de la chambre des dé-putés, qui conférait la régence générale du royaume au duc dOrléans.Le prince confirma par quelques mots les promesses contenues danscette déclaration ; cest alors que le général Dubourg dit, en se tournantvers le prince :

« Vous venez de prendre des engagements, faites en sorte de les tenir ;car, si vous les oubliez, le peuple qui est, sur la Grève, saurait bienvous les rappeler. »

« Monsieur, répondit le prince, vous ne me connaissez pas... Je suisun honnête homme; quand il sagit de mon devoir, je ne me laisse nigagner par la prière, ni intimider par la menace. »

La bibliothèque de la ville de Paris, située provisoirement quaidAusterlitz, n° 35. Cette bibliothèque a été formée dans lorigine de labibliothèque léguée à la ville de Paris, à la condition de la rendre publi-que, par M. Moriau, procureur du roi et de la ville, mort en 1759 ; etàlaquelle fut réunie la bibliothèque dite des Avocats, acquise par la ville,dont le savant Adrien Baillet était bibliothécaire. Celte bibliothèque, quioccupait rue Pavée-au-Marais une partie de lhôtel de Lamoignon , futrendue publique en 1763 ; dix ans après , elle fut transférée de l'hotelde Lamoignon à l'ancienne maison professe des jésuites rue St-An-toine ; avant lagrandissement de lhôtel de ville, elle occupait plusieurssalles de cet édifice, elle doit être replacée incessamment.

La bibliothèque de la ville de Paris est ouverte tous les jours non fé-riés, excepté les mercredis , depuis dix heures jusquà quatre heures.Vacances depuis le 1 er septembre jusquau 15 octobre (cette bibliothèquea des salles chauffées en hiver).

Le pont dArcole. Il communique de la place de Grève au quai dela Cité. Une seule pile, sélevant au milieu de la Seine, lient suspenduesles chaînes supportant le plancher presque horizontal de ce pont au-dessus du cours de la rivière, dont il ne gêne en rien la navigation. Lespiétons seuls le traversent. Ce pont, livré à la circulation en 1828,portait dans lorigine le nom de pont de la Grève; il doit son nom ac-tuel au jeune dArcole, qui y reçut la mort le 28 juillet 1830, à la têtedune colonne de patriotes qui se dirigeait par ce pont à lattaque delhôtel de ville. Le pont dArcole a été concédé pour quarante-cinqannées, à partir du 1 er janvier 1831.

Le pont Louis-Philippe. Il traverse les deux bras de la Seine etcommunique du quai de la Grève au quai de la Cité , en sappuyant surla pointe occidentale de lîle St-Louis. La première pierre en fut poséeavec solennité par le roi Louis-Philippe en 1832. Il se compose dabordde trois arches en pierres, à partir de la rive droite, lesquelles établis-sent dans les basses eaux une communication entre deux, ports. A lex-.trémité de la troisième arche se rattache un tablier suspendu par destresses en fil de fer, dont le second point dappui est un arc de triomphe

bâti sur la pointe de lîle St-Louis ; un deuxième tablier franchit lautrebras de la Seine jusquau quai de la Cité. Les voitures passent sur cepont, lon perçoit un droit de péage , concédé pour quarante-neufannées, à partir du 13 août 1835.

VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.

La place de Grève. Cette place a pris son nom de sa situation surle bord de la Seine. Lun des plus anciens titres il en soit fait mentionsont des lettres patentes de Louis le Jeune de lan 1141, par lesquellesce monarque accorde aux habitants de la Grève et du Monceau-St-Ger-vais, que cette place, lun des plus anciens marchés de Paris , demeure-rait eu létat elle était alors, cest-à-dire libre et sans bâtiments, etce, moyennant la somme de soixante et dix. livres quil avait reçue desbourgeois. Charles VI ordonna létablissement dune étape ou mar-ché au vin dans celte place, et cest à cette étape que faisaient allusiondeux vers latins quon lisait sur une fontaine dont Louis XIII posa lapremière pierre en 1624, laquelle fontaine fut remplacée en 1638 parune autre, qui fut transportée à la place. Maubert en 1674. Sur laplace de Grève se tenait autrefois le marché au charbon , qui y fut éta-bli en 1642. Avant la construction de la halle au vieux linge sur unepartie de lenclos du Temple, les marchands fripiers et de vieilles gue-nilles avaient la permission détaler leurs marchandises sur la place deGrève, devant léglise du St-Esprit. Après la révolution de juillet,on y a fait pendant plusieurs mois uu commerce assez considérabledamies de toute espèce.

Cétait autrefois sur la place de Grève que se donnaient les spectacleset les réjouissances publiques ; cétait lon faisait des feux de joiela veille de la fête de la St-Jean, genre de réjouissance qui se pratiquaitjadis avec une grande solennité ; sous François I er , toute la cour y assis-tait, et le roi allumait lui-même le feu en grande cérémonie. Au milieude cette place était un croix entourée de degrés du haut desquels Charlesle Mauvais, roi de Navarre, harangua les Parisiens en 1358, pendant lacaptivité du roi Jean , pour les pousser à linsurrection. A lépoquede la Ligue et de la Fronde , la Grève a été le théâtre de beaucoup descènes tumultueuses et sanglantes.

La place de Grève a été pendant plusieurs siècles le théâtre des exé-cutions capitales. Ste-Foix, le judicieux, auteur des Essais sur Paris, re-marque que si tous ceux qui ont perdu la vie sur celle place sy trou-vaient réunis, ils y formeraient une assemblée plus nombreuse quaucunede celles qui ont assisté à leur supplice.

Une malheureuse hérétique , Marguerite Porette, à peine âgée detrente ans , y fut brûlée vive en 1310, pour avoir écrit « que T âme ,abîmée en Dieu , est au-dessus des vertus et nen a plus que faire ; etque, quand on est parvenu à un certain degré de vertu, on ne sauraitaller au delà. »

En 13S2 la place de Grève devint le théâtre de sanglantes exécutions ;et pendant le mois de février seulement, les têtes de plus de cent bour-geois de Paris tombèrent sur léchafaud, sous le prétexte quils avaientpris part à la révolte des maillotins.

En 1398 deux religieux augustins, qui sétaient engagés à prix dor,sous peine de la vie, à guérir le roi Charles VI de la folie dont il étaitatteint, perdirent la tête sur cette place, parce que le roi navait pasrecouvré la raison.

Le 17 septembre 1442 Jean de Montaigu , maître dhôtel du roi, eutla tête trauchée et son corps fut pendu au gibet, d il fut enlevé lanuit pour être porté aux Célestins de Marcoussy , quil avait fondés.

Le 19 décembre 1475, on dressa devant lhôtel de ville léchafaudfut conduit le connétable deSt-Pol, accompagné de deux curés et dedeux moines mendiants , lun des augustins et lautre des cordeliers ; ilabandonna à ces deux derniers soixante-dix demi-écus dor quil avaitcachés dans son pourpoint, et remit au cordelier le soin de les distri-buer aux pauvres. Ce religieux lui représenta que cette somme seraitmieux employée pour les besoins de son couvent; de son côté, le. moineaugustin la revendiqua pour les besoins de sa maison ; la dispute entreces deux moines séchauffait sans égard pour le lieu ils se trouvaient,

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