VILLE DE PARIS. — NEUVIEME ARRONDISSEMENT. — X" 31. QUARTIER DE L’HOTEL DE VILLE.
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preuve, me rend plus que jamais fier d’être à sa télé. La liberté triom-phera, ou nous périrons ensemble.
« Vive la liberté! vive la patrie!
» Lakayette. »
Le 31 juillet, le duc d’Orléans, qui avait accepté la veille la lieute-nance générale du royaume, se rendit à l’hôtel de ville, sans autre gardeque le peuple, sans autre cortège que celui des députés et du peuple.
La place de l’Hotel-de-Ville, les quais des deux, rives de la Seine, lesrues adjacentes, les croisées de tous les étages, étaient encombrés d’unemultitude de citoyens tous parés des couleurs nationales. Au moment oùle duc d’Orléans et le général Lafayette se présentèrent sur le balcon de,l’hôtel de ville, étroitement embrassés, et agitant le glorieux drapeautricolore , uu tonnerre d’applaudissements, de bravos, de cris de Vivela charte ! Vive la liberté! retentirent sur les deux rives. A ces cris semêlaient le bruit des canons, de la mousqueterie, et le carillon de toutesles cloches.
Jamais spectacle plus sublime, plus imposant, plus national, ne futoffert à l’admiration des peuples. Les jours de la victoire étaient dignesde l’héroïsme des combats.
A son arrivée à l’hôtel de ville, le duc d’Orléans y fut reçu par legénéral Dubourg. M. Vienuet lut la déclaration de la chambre des dé-putés, qui conférait la régence générale du royaume au duc d’Orléans.Le prince confirma par quelques mots les promesses contenues danscette déclaration ; c’est alors que le général Dubourg dit, en se tournantvers le prince :
« Vous venez de prendre des engagements, faites en sorte de les tenir ;car, si vous les oubliez, le peuple qui est là, sur la Grève, saurait bienvous les rappeler. »
« Monsieur, répondit le prince, vous ne me connaissez pas... Je suisun honnête homme; quand il s’agit de mon devoir, je ne me laisse nigagner par la prière, ni intimider par la menace. »
La bibliothèque de la ville de Paris, située provisoirement quaid’Austerlitz, n° 35. Cette bibliothèque a été formée dans l’origine de labibliothèque léguée à la ville de Paris, à la condition de la rendre publi-que, par M. Moriau, procureur du roi et de la ville, mort en 1759 ; etàlaquelle fut réunie la bibliothèque dite des Avocats, acquise par la ville,dont le savant Adrien Baillet était bibliothécaire. Celte bibliothèque, quioccupait rue Pavée-au-Marais une partie de l’hôtel de Lamoignon , futrendue publique en 1763 ; dix ans après , elle fut transférée de l'hotelde Lamoignon à l'ancienne maison professe des jésuites rue St-An-toine ; avant l’agrandissement de l’hôtel de ville, elle occupait plusieurssalles de cet édifice, où elle doit être replacée incessamment.
La bibliothèque de la ville de Paris est ouverte tous les jours non fé-riés, excepté les mercredis , depuis dix heures jusqu’à quatre heures.Vacances depuis le 1 er septembre jusqu’au 15 octobre (cette bibliothèquea des salles chauffées en hiver).
Le pont d’Arcole. Il communique de la place de Grève au quai dela Cité. Une seule pile, s’élevant au milieu de la Seine, lient suspenduesles chaînes supportant le plancher presque horizontal de ce pont au-dessus du cours de la rivière, dont il ne gêne en rien la navigation. Lespiétons seuls le traversent. — Ce pont, livré à la circulation en 1828,portait dans l’origine le nom de pont de la Grève; il doit son nom ac-tuel au jeune d’Arcole, qui y reçut la mort le 28 juillet 1830, à la têted’une colonne de patriotes qui se dirigeait par ce pont à l’attaque del’hôtel de ville. — Le pont d’Arcole a été concédé pour quarante-cinqannées, à partir du 1 er janvier 1831.
Le pont Louis-Philippe. Il traverse les deux bras de la Seine etcommunique du quai de la Grève au quai de la Cité , en s’appuyant surla pointe occidentale de l’île St-Louis. La première pierre en fut poséeavec solennité par le roi Louis-Philippe en 1832. Il se compose d’abordde trois arches en pierres, à partir de la rive droite, lesquelles établis-sent dans les basses eaux une communication entre deux, ports. A l’ex-.trémité de la troisième arche se rattache un tablier suspendu par destresses en fil de fer, dont le second point d’appui est un arc de triomphe
bâti sur la pointe de l’île St-Louis ; un deuxième tablier franchit l’autrebras de la Seine jusqu’au quai de la Cité. Les voitures passent sur cepont, où l’on perçoit un droit de péage , concédé pour quarante-neufannées, à partir du 13 août 1835.
VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
La place de Grève. Cette place a pris son nom de sa situation surle bord de la Seine. L’un des plus anciens titres où il en soit fait mentionsont des lettres patentes de Louis le Jeune de l’an 1141, par lesquellesce monarque accorde aux habitants de la Grève et du Monceau-St-Ger-vais, que cette place, l’un des plus anciens marchés de Paris , demeure-rait eu l’état où elle était alors, c’est-à-dire libre et sans bâtiments, etce, moyennant la somme de soixante et dix. livres qu’il avait reçue desbourgeois. — Charles VI ordonna l’établissement d’une étape ou mar-ché au vin dans celte place, et c’est à cette étape que faisaient allusiondeux vers latins qu’on lisait sur une fontaine dont Louis XIII posa lapremière pierre en 1624, laquelle fontaine fut remplacée en 1638 parune autre, qui fut transportée à la place. Maubert en 1674. — Sur laplace de Grève se tenait autrefois le marché au charbon , qui y fut éta-bli en 1642. Avant la construction de la halle au vieux linge sur unepartie de l’enclos du Temple, les marchands fripiers et de vieilles gue-nilles avaient la permission d’étaler leurs marchandises sur la place deGrève, devant l’église du St-Esprit. — Après la révolution de juillet,on y a fait pendant plusieurs mois uu commerce assez considérabled’amies de toute espèce.
C’était autrefois sur la place de Grève que se donnaient les spectacleset les réjouissances publiques ; c’était là où l’on faisait des feux de joiela veille de la fête de la St-Jean, genre de réjouissance qui se pratiquaitjadis avec une grande solennité ; sous François I er , toute la cour y assis-tait, et le roi allumait lui-même le feu en grande cérémonie. Au milieude cette place était un croix entourée de degrés du haut desquels Charlesle Mauvais, roi de Navarre, harangua les Parisiens en 1358, pendant lacaptivité du roi Jean , pour les pousser à l’insurrection. — A l’époquede la Ligue et de la Fronde , la Grève a été le théâtre de beaucoup descènes tumultueuses et sanglantes.
La place de Grève a été pendant plusieurs siècles le théâtre des exé-cutions capitales. Ste-Foix, le judicieux, auteur des Essais sur Paris, re-marque que si tous ceux qui ont perdu la vie sur celle place s’y trou-vaient réunis, ils y formeraient une assemblée plus nombreuse qu’aucunede celles qui ont assisté à leur supplice.
Une malheureuse hérétique , Marguerite Porette, à peine âgée detrente ans , y fut brûlée vive en 1310, pour avoir écrit « que T âme ,abîmée en Dieu , est au-dessus des vertus et n’en a plus que faire ; etque, quand on est parvenu à un certain degré de vertu, on ne sauraitaller au delà. »
En 13S2 la place de Grève devint le théâtre de sanglantes exécutions ;et pendant le mois de février seulement, les têtes de plus de cent bour-geois de Paris tombèrent sur l’échafaud, sous le prétexte qu’ils avaientpris part à la révolte des maillotins.
En 1398 deux religieux augustins, qui s’étaient engagés à prix d’or,sous peine de la vie, à guérir le roi Charles VI de la folie dont il étaitatteint, perdirent la tête sur cette place, parce que le roi n’avait pasrecouvré la raison.
Le 17 septembre 1442 Jean de Montaigu , maître d’hôtel du roi, eutla tête trauchée et son corps fut pendu au gibet, d’où il fut enlevé lanuit pour être porté aux Célestins de Marcoussy , qu’il avait fondés.
Le 19 décembre 1475, on dressa devant l’hôtel de ville l’échafaud oùfut conduit le connétable deSt-Pol, accompagné de deux curés et dedeux moines mendiants , l’un des augustins et l’autre des cordeliers ; ilabandonna à ces deux derniers soixante-dix demi-écus d’or qu’il avaitcachés dans son pourpoint, et remit au cordelier le soin de les distri-buer aux pauvres. Ce religieux lui représenta que cette somme seraitmieux employée pour les besoins de son couvent; de son côté, le. moineaugustin la revendiqua pour les besoins de sa maison ; la dispute entreces deux moines s’échauffait sans égard pour le lieu où ils se trouvaient,
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