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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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VILLE DE PARIS. DIXIEME ARRONDISSEMENT. N« 39. QUARTIER DES INVALIDES.

de la patrie et quarante jeunes filles vêtues en blanc avec une ceinturetricolore , tenant en uiaiu une branche de laurier. Après les chars sui- jvaieut les membres de la convention, dont lensemble était entouré dun iruban tricolore que tenaient des vétérans. Paraissait ensuite le char de jla Victoire, au-devant duquel se voyait le faisceau national et sur le der-rière la statue de la Victoire. Ce cortège, parti du jardin des Tuile-ries, nommé alors jardin national, se rendit devant lhôtel des Inva-lides, surnommé le temple de lhumanité,, après une station, il arrivaau Cliamp-de-Mars. Les quatorze chars se rangèrent autour de lautel dela patrie, disposé en forme de temple de lImmortalité. Les jeunes fillesdescendirent des chars, et déposèrent entre les mains des défenseurs dela patrie leurs branches de laurier. On exécuta ensuite plusieurs mor-ceaux de musique, et lon chanta un hymne sur la prise de Toulon.

Le 21 janvier 1794, anniversaire de la mort de Louis XVI, eut lieuau Cliamp-de-Mars une fête commémorative de cet événement,chaque membre des autorités supérieures vint renouveler le serment dehaine à la royauté.

Le 9 juin 1794, la fête à lEtre suprême, qui avait été commencée aupalais national (Tuileries), se termina au Cliamp-de-Mars, alors nomméle champ Je la réunion. Les membres de la convention nationale,suivis du peuple partagé en deux colonnes, y arrivèrent vers deuxheures de laprès-midi. Au milieu deux savancait, traîné par quatretaureaux, un char de forme antique, rempli dinstruments de culture,de fruits, de feuillages et de (leurs. Au centre du Cliamp-de-Mars sélevaitune montagne dun bel effet; sur la cime, couronnée par un chêne, seplacèrent les membres de la convention nalionale, et plus bas sétablirentles musiciens, puis deux mille quatre cents individus de tout sexe et detout âge choisis par les quarante-huit sections de Paris. On chanta deshymnes composés par Chénier et Desorgues, et mis en musique parMéhul, Chérubiui, Lesueur, Gossec ; puis, après ces chants entremêlésde symphonies, de roulements de tambours et de décharges dartillerie,de jeunes républicains, lépée nue à la main, vinrent jurer devant lesvieillards de vaincre et de mourir pour la liberté et pour la patrie. Enfinle cortège retourna au palais national, et la fête fut terminée par desfarandoles, des danses et des repas fraternels dans les rues et sur lesplaces publiques.

Le 21 janvier 1796, on célébra au Cliamp-de-Mars lanniversaire dela mort de Louis XVI. Toutes les autorités constituées de Paris se ras-semblèrent à midi autour dune grande statue de la Liberté. Le di-rectoire présidait en grand costume. La fête commença par les chantspatriotiques de la Marseillaise, de Ça ira, de Veillons au salut delempire, du .Chant du départ, etc. A deux heures tous les fonction-naires prononcèrent le serment de haine à la royauté, au bruit dunenombreuse artillerie et aux acclamations des nombreux spectateurs.

Le 10 germinal an iv (30 mars 1796) on célébra au Champ-de-Marsla fête de la Jeunesse, dont le but était darmer les jeunes gens de lâgede seize ans, et dinscrire sur le registre civique ceux qui avaient atteintleur vingtième année.

Le 10 prairial an rv, une salve dartillerie annonça la fête de Re-connaissance et des Victoires, proposée par Carnot. A onze heures lesautorités constituées se rendirent en costume au Champ-de-Mars. Peuaprès arriva le directoire exécutif, précédé de ses gardes, et suivi des mi-nistres, quaccompagnait le corps diplomatique En arrivant au Champ-de-Mars, on apercevait au centre un monticule régulier, haut de 4 m.sur 60 m. de diamètre; on y montait par quatre rampes, au bas des-quelles étaient placées des figures colossales de lions, symbole de la force.La plate-forme était ombragée par quatorze arbres, représentant lesquatorze armées qui, avec tant de courage et de succès, avaient dé-fendu la patrie et la liberté. Chaque arbre portait des trophées compo-sés de drapeaux, et au-devant se voyait un bouclier sur lequel on lisaitle nom de larmée que larbre désignait : des guirlandes de chêne réu-nissaient ces arbres. Sur un piédestal sélevait la figure de la Liberté,assise, entourée de divers trophées darmes ; dune main elle sappuyaitsur la charte constitutionnelle, de lautre elle tenait une haste, sur-montée du bonnet de la liberté. Derrière la Liberté paraissait un grandarbre, chargé des drapeaux pris sur les ennemis de la France. Desdécharges dartillerie, des évolutions militaires, des couronnes de lau-

rier et de chêne, distribuées par le directoire, et dont il orna les dra-j peaux des vétérans ; un discours que prononça le président ; des sym-; phonies et des chants, furent les principaux actes de cette lête, qui fut| belle, majestueuse et bien ordonnée, comme le furent toutes celles quele directoire donna dans le Champ-de-Mars.

Dans ces fêtes, un amphithéâtre immense sélevait au milieu duChamp-de-Mars. se plaçaient le directoire, les ministres et les pre-mières autorités ; les savants les plus distingués, les orateurs, les mili-taires qui se trouvaient à Paris, étaient également invités à se réunirautour du directoire, qui dans ces occasions, il faut le dire, nétait pasdu tout ridicule, comme on la trop souvent répété. Ces fêles étaientaccompagnées de courses à pied et à cheval, en chars ; de luttes et dejoutes ; trente orchestres faisaient danser les citoyens de Paris à la lueurde superbes illuminations.

Le 30 pluviôse anvi (20 mars 1798), la fête de la Souveraineté dupeuple fut célébrée au Champ-de-Mars, les citoyens Bordas et Hardyprononcèrent des discours analogues à cette fête.

Le 10 vendémiaire an vient lieu au Champ-de-Mars une impo-sante cérémonie pour le deuil public du général Hoche; dès laubedu jour, le canon appelait dheure en heure tous les citoyens., enprésence de ce que lEtat avait de plus éminent, en face dun peuplepressé dans cette vaste enceinte, par une belle journée dautomne quiversait sa lumière calme et triste sur cette fête funèbre, après quon eutentonné les chants dans lesquels Chénier célébrait les vertus militaireset les actions du glorieux général, M. Daunou , au nom de lInstitut etcomme organe des regrets de la patrie, prononça léloquent éloge dujeune général, commandant en chef des armées de Sambre-et-Meuse, deRhin-et-Moselle, du sauveur de Landau, du vainqueur deWeissem-bourg, de Quiberon, de Neuwied, du libérateur de lAlsace, du pacifi-cateur de la Yc-mlée. dont les restes venaient si prématurément de re-joindre les restes de Marceau.

Le 10 messidor an vi fut célébrée au Champ-de-Mars la fête de lA-griculture. Un char antique, traîné par deux bœufs presque blancs,dont les cornes étaient dorées et garnies de banderoles, portait unecharrue aussi dorée. Il était suivi dun autre char plus élevé, attelé dehuit bœufs, quatre de front, sur lequel était assise la figure de la Li-berté. entourée des attributs de lagriculture , de fleurs , de fruits , degerbes de blé, ombragés par des chênes verts ; au-devant du char, deuxjeunes filles, vêtues en blanc, entretenaient, comme les vestales de lan-tiquité, le feu de deux cassolettes brûlaient des parfums. Ces deuxchais, partis de lEcole militaire, firent le tour du Champ-de-Mars,précédés par des troupes environnées de jeunes filles couronnées de guir-landes, et portant des corbeilles pleines de fleurs et de fruits. Un corpsde musique, les autorités constituées et de la cavalerie terminaient lamarche.Arrivé à lautel de la patrie, le président prononça un dis-cours analogue à la fête, proclama les noms de deux laboureurs recom-mandables par leur intelligence, leur bonne conduite, leur patriotisme,et posa sur leur front une couronne civique ; puis, saisissant le manchedune charrue traînée par deux bœufs, il traça un sillonautour de lautelde la patrie.

Lan vi se termina par des fêtes brillantes, qui eurent un caractèretout à la fois utile et national. Pendant les jours complémentaires, unefoire sélablit à grands frais dans la partie septentrionale du Champ deMars. Les seuls objets manufacturés en France y furent reçus, aprèsavoir été soumis% lexamen du jury spécial. A cette occasion, nouscroyons devoir rappeler quelles étaient les fêtes nationales reconnuespar diverses législatures :

Le I er vendémiaire, fête de la Fondation de la république, établie parla loi du 3 brumaire an iv.

Le 2 pluviôse, anniversaire de la mort du dernier roi des Français,étalili par la loi du 18 nivôse an v.

Le 30 ventôse, fête de la Souveraineté du peuple, établie par la loidu 13 pluviôse an vi.

Le 10 germinal, fêle de la Jeunesse (loi du 3 brumaire an ir).

Le 10 floréal, fête des Epoux ( id. ).

Le 10 prairial, fête de la Reconnaissance ( id. ).

Le 10 messidor, fête de lAgriculture ( id. ).