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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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188 VILLE DE PARIS. — DOUZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 48. QUARTIER DE L’OBSERVATOIRE.

ments de l’ancien séminaire St-Magloire, qui ont été entièrement re-construits et appropriés à leur destination actuelle en 1823. — Le nom-bre des élèves instruits gratuitement est de quatre-vingts ; celui despensionnaires payants est illimité.

L’école de pharmacie , située rue de l’Arbalète , n° 13. Elle oc-cupe remplacement d’un hôpital fondé en 1576 pour un certain nombred’orphelins, qui étaient instruits pour préparer, fournir et administrergratuitement toutes sortes de médicaments et remèdes convenables auxpauvres honteux de la ville de Paris. Plus tard, cet établissement subitplusieurs transformations ; !e jardin , destiné à la culture des plantesmédicinales, et la maison qui en dépendait ; furent adjugés en 1626 àla communauté des apothicaires. Aujourd’hui il se compose de l’écolede pharmacie, qui. renferme une beilé collection de minéralogie, et d’unvaste jardin de botanique , où les plantes sont classées d’après la mé-thode de Tournefort, ouvert au public tous les jours non fériés de dix àquatre heures.

L’hospice de la Maternité , située rue de la Bourbe , n° 3. Il oc-cupe l’emplacement d’un ancien monastère de bernardines réformées ,provenant d’un démembrement de la fameuse abbaye de Port-Royaldes CHAMrs , établi à Paris dans l’ancien hôtel de Clugny en ! 625. Cetteabbaye fut supprimée en 1790, et convertie en prison en 1792', sous lenom de Port-Libre ou de la Bourbe. Plus de six cents personnes desdeux sexes y furent renfermées à la fois. Là on vit paraître et disparaîtreles fermiers généraux, M. de Malesherbes et sa famille, de Crosne fils,Sombreuil et sa fille, le baron de Marguerite, Châteaugiron, Laval-Montmorency, le comte de Thyard, Lecoulteux de Canteleu, le députéRobin, l’acteur Fleury et M ,ue Devienne , sa camarade, etc., etc. L’ins-titution de la Maternité y fut établie en 1802; l’hospice d’accouche-ment date de 1814. Dans cet hospice sont admises journellement ungrand nombre de filles ou de femmes séduites, et là vient s’achever dou-loureusement plus cl’un roman commencé au sein des plus douces illu-sions (cinq cent vingt-cinq lits). L’église fut achevée en 1648. Marie-Angélique de Scoraiile de Roussille, duchesse deFontange, maîtresse deLouis XIV, morte à l’âge de vingt-deux ans, a été enterrée dans cetteéglise en 1681. — C’est à l’hospice de la Maternité que fut porté lecorps du maréchal Ney, le 7 décembre 1815.

L’hospice du Midi, situé rue des Capucins, n° 39. Cet hospice aété fondé par Godefroy de la Tour, en 1613, dans l’ancien couvent desCapucins , transférés en 1783 rue Ste-Croix-d’Àntin. Il renferme sixcent cinquante lits , et reçoit près de trois mille malades par an. Atte-nant est une maison destinée aux vénériens qui payent pour être traitésà un prix modique. Dans le xvn e siècle, et meme au commencement duxvm 41 siècle, on envoyait les vénériens à Bicêtre, où un lit en contenaitquatre ; une partie couchait par terre, depuis huit heures du soir jus-qu’à une heure du matin ; ceux-ci faisaient lever les malades couchéset les remplaçaient ; il était en outre ordonné que les malheureux at-teints du vice syphilitique seraient fustigés avant et après leur trai-tement.

VARIETES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.

Rue de l’Arbalète, n° 24, était le couvent des filles de la Pro-vidence, supprimé en 1790 et devenu propriété particulière. — En facede ce couvent était celui des filles de Ste-Agathe ou du Silence,supprimé en 1733.

Au n° 26 est le couvent des dames augustixes , dites du Sacré-Cœur de Marte, maison de santé pour les dames infirmes , de retraitépour les dames veuves et demoiselles âgées , et d’éducation pour lesj eunes demoiselles.

Au coin de la rue de l’Arbalète et de la rue supprimée des Marion-nettes était la cour St-Benoît, enclos privilégié où les artisans qui no-taient pas maîtres pouvaient travailler sans être inquiétés par les jurésdes métiers de la ville.

Rue Neuve-Ste-Geneviève , n° 12, était l’anciemic communauté

de Ste-Aure , fondée vers la fin du xvii* siècle pour retirer plusieursjeunes filles que la misère avait conduites au libertinage. Une partie desbâtiments de cette communauté, qui occupait les n ÜS 12 , 14 , 16 , 18et 20 de la rue Neuve-Ste-Geneviève, est aujourd’hui occupée par la

CONGRÉGATION DES DAMES BENEDICTINES DE l’aDORATION PERPETUELLE DU

St-Sacrement, dont la maison principale est rue du Temple, ancienlocal du Temple.

Au n u 25 est la congrégation des dames de la Miséricorde , pen-sionnat pour l’éducation des jeunes demoiselles.

Rue des Postes , n° 6 , est le couvent de la Madeleine , fondé en1817 pour retirer des filles repenties qui veulent se faire religieuses.

Au n° 20 était la congrégation des Eudistes, prêtres destinés à di-riger des missionnaires et à faire des missions, et où les ecclésiastiquesqui venaient faire quelque séjour à Paris trouvaient, pour un prix mo-dique, un logement convenable. La communauté des Eudistes a été sup-primée en 1790. Leur maison, à laquelle on a réuni le n° 18, est occu-pée aujourd’hui par des religieuses de la Visitation deSte-Marie.

Au n° 22 était le séminaire des Anglais, fondé en 1684 et suppriméen 1790.

Aux n‘ ,s 24 et 26 était situé le séminaire du St-Esprit, commu-nauté fondée en 1703 pour former à l’état ecclésiastique des jeunes genspeu fortunés, qui devaient renoncer à toute dignité supérieure de l’E-glise , et qui devaient se contenter de servir comme prêtres dans leshôpitaux et les paroisses les plus pauvres ; une partie se consacrait auxmissions hors du royaume. Supprimé en 1790, rétabli en 1805, sup-primé de nouveau en 1811, et réorganisé par ordonnance royale du3 février 1816, le séminaire du St-Esprit s’établit rue Notre-Dame desChamps, n°15. En 1819, les pères rachetèrent leur ancienne maisonde la rue des Postes, occupée jusque-là par l’école normale, et vinrent enprendre possession en 1823. — Les bâtiments du séminaire du St-Espritfurent exécutés, ainsi que la chapelle , sur les dessins de Chalgrin. Lafaçade extérieure offre, au-dessus de la porte d’entrée de la chapelle, unbas-relief de Duret représentant des missionnaires qui instruisent desnègres. — Le père Loriquet, ancien supérieur de la maison des jésuitesde St-Acheul, est mort dans celte maison en 1845.

Au n° 34 était le couvent de la Présentation de Notre-Dame ,établi en 1671 et supprimé en 1790. Les bâtiments sont occupés au-jourd’hui par le collège Rollin , fondé en 1816 par l’abbé Nicole etpar d’autres anciens élèves ou professeurs du collège Ste-Bnrbe.

Aux n os 38 et 40 était le couvent des filles de St-Michei, ou deNotre-Dame de Charité, établi en 1724 pour recevoir des filles repen-ties qui se présentaient volontairement ou qu’on y recevait par ordresupérieur. Cette communauté a été supprimée en 1790, et la maisonvendue comme propriété nationale.

Impasse des Vignes , n°l( rue des Postes), est une succursale dela congrégation des dames de St-Maur , maison d’éducation pour lesfilles et école gratuite des pauvres du quartier.

Au n" 3 est le couvent des dames hospitalières de St-Thomas df.Viixeneuve , où ont été établies les jeunes orphelines du choléra.

Rue St-Jacques, n ü 45, est I’hospice Cochin , fondé en 1779 parJ.-D. Cochin, curé de St-Jacques du Haut-Pas , pour trente-huit mala-des, et dont le nombre peut être porté aujourd’hui à cent trente-cinq.

Aux n ws 193 et 195 est l’ancien couvent des religieuses df. laVisitation de Ste-Marie, fondé en 1623, supprimé et vendu en 1790.Les bâtiments sont occupés aujourd’hui par la communauté des damesdu Refuge , dites de St-Michel , fondée dans le but d’ouvrir dans lesgrandes villes un asile convenable aux personnes du sexe qui, aprèsquelques écarts, voudraient revenir aux bonnes mœurs, et un asile auxjeunes personnes dont l’innocence se trouve exposée. Cet établissementreçoit du gouvernement un secours annuel de quinze mille francs.

Au n° 269 était le couvent des Bénédictins anglais , établi en ce