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Tome premier.
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MÉLITE, ACTE

De voir que votre change indignement l’outrage,Maudissant mille fois le détestable jourQue votre bon accueil lui donna de l’amour,

Dedans ce désespoir a chez moi rendu l’âme ;

Et mes yeux désolés....

MÉLITE.

Je n’en puis plus ; je pâme.

CHLOBIS.

Au secours ! au secours !

SCÈNE IV.

CLITON, LA NOURRICE, MÉLITE, LISIS,CHLORIS.

CLITON.

D’où provient cette voix ?

LA NOUHBICE.

Qu’avez-vous, mes enfants ?

CHLOBIS.

Mélite, que tu vois...

LA NOUBBICE.

Hélas! elle se meurt; son teint vermeil s’efface,

Sa chaleur se dissipe ; elle n’est plus que glace.lisis, à Cliton.

Va quérir un peu d’eau; mais il faut te hâter.

CLITON, à Lisis.

Si proches du logis, il vaut mieux l’y porter.

CHLOBIS.

Aidez mes faibles pas ; les forces me défaillent,

Et je vais succomber aux douleurs qui m’assaillent.

SCÈNE V.

ÉRASTE.

A la fin je triomphe, et les destins amisM’ont donné le succès que je m’étais promis.

Me voilà trop heureux, puisque par mon adresseMélite est sans amant, et Tircis sans maîtresse;

Et comme si c’était trop peu pour me venger,Philandre et sa Chloris courent même danger.

Mais par quelle raison leurs âmes désuniesPour les crimes d’autrui seront-elles punies ?

Que m’ont-ils fait tous deux pour troubler leurs ac-Fuyez de ma pensée, inutiles remords ; [cords ?La joie y veut régner, cessez de m’en distraire.

Chloris m’offense trop d’être sœur d’un tel frère ;

Et Philandre, si prompt à l’infidélité,

N’a que la peine due à sa crédulité.

Mais que me veut Cliton, qui sort de chez Mélite?

IV, SCÈNE VI.

SCÈNE VI.

CLITON, ÉRASTE.

CLITON.

Monsieur, tout est perdu : votre fourbe maudite,Dont je fus à regret le damnable instrument,

A couché de douleur Tircis au monument.

ÉBASTE.

Courage ! tout va bien, le traître m’a fait place ;

Le seul qui me rendait son courage de glace,

D’un favorable coup la mort me l’a ravi.

CLITON.

Monsieur, ce n’est pas tout, Mélite l’a suivi.

ÉBASTE.

Mélite l’a suivi! que dis-tu, misérable?

CLITON.

Monsieur, il est trop vrai ; le moment déplorableQu’elle a su son trépas, a terminé ses jours.

ÉBASTE.

Ah ciel ! s’il est ainsi....

CLITON.

Laissez là ces discours,

Et vantez-vous plutôt que par votre impostureCes malheureux amants trouvent la sépulture,

Et que votre artifice a mis dans le tombeauCe que le monde avait de parfait et de beau.

ÉBASTE.

Tu m’oses donc flatter, infâme, et tu supprimesPar ce reproche obscur la moitié de mes crimes ?Est-ce ainsi qu’il te faut n’en parler qu’à demi ?Achève tout d’un coup ; dis que maîtresse, ami,Tout ce que je chéris, tout ce qui dans mon âmeSut jamais allumer une pudique flamme,

Tout ce que l’amitié me rendit précieux,

Par ma fourbe a perdu-la lumière des deux ;

Dis que j’ai violé les deux lois les plus saintes,

Qui nous rendent heureux par leurs douces contrain-Dis que j’ai corrompu, dis que j’ai suborné, [tes ;Falsifié, trahi, séduit, assassiné;

Tu n’en diras encor que la moindre partie.

Quoi ! Tircis est donc mort, et Mélite est sans vie !

Je ne l’avais pas su, Parques, jusqu’à ce jour,

Que vous relevassiez de l’empire d’Amour;

J’ignorais qu’aussitôt qu’il assemble deux âmes,

Il vous pût commander d’unir aussi leurs trames.Vous en relevez donc, et montrez aujourd’huiQue vous êtes pour nous aveugles comme lui !

Vous en relevez donc, et vos ciseaux barbaresTranchent, comme il lui plaît, les destins les plus rares!Maisjem’en prends à vous, moi qui suis l’imposteur,Moi qui suis de leurs maux le détestable auteur!Hélas ! et fallait-il que ma supercherieTournât si lâchement tant d’amour en furie !