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Tome premier.
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LA PLACE ROYALE,

SCÈNE VIII.

PHYLIS, LYS1S.

PHYLIS.

Quoi ! Lysis, ta retraite est de peu de durée!

LYSIS.

L’heure de mon congé n’est qu’à peine expirée;

Mais vous voyant ici sans frère et sans amant...

PHYLIS.

N’en présume pas mieux pour ton contentement.

LYSIS.

Et d’où vient à Phylis une humeur si nouvelle?

PHYLIS.

Vois-tu , je ne sais quoi me brouille la cervelle.

Va, ne me conte rien de ton affection ;

Elle en aurait fort peu de satisfaction.

LYSIS.

Cependant sans parler il faut que je soupire?

PHYLIS.

Réserve pour le bal ce que tu me veux dire.

LYSIS.

Le bal, où le tient-on ?

PHYLIS.

Là dedans.

LYSIS.

11 suffit ;

De votre bon avis je ferai mon profit.

ACTE QUATRIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

ALIDOR, CLÉ ANDRE, troupe d’hommes armés.

( L’acte est dans la nuit, et Jlidor dit ce premierversa Cléandre; et l’ayant fait retirer avec satroupe, il continue seul. ) .

ALIDOR.

Attends, sans faire bruit, que je t’en avertisse.

Enfin la nuit s’avance, et son voile propiceMe va faciliter le succès que j’attends [tents.

Pour rendre heureux Cléandre, et mes désirs con-Mon cœur, las de porter un joug si tyrannique,

Ne sera plus qu’une heure esclave d’Angélique.

Je vais faire un ami possesseur de mon bien :

Aussi dans son bonheur je rencontre le mien.

C’est moins pour l’obliger que pour me satisfaire,Moins pour le lui donner qu’afin de m’en défaire.

Ce trait paraîtra lâche et plein de trahison ;

ACTE IV, SCÈNE I.

Mais cette lâcheté m’ouvrira ma prison.

Je veux bien, à ce prix, avoir l’âme traîtresse,

Et que ma liberté me coûte une maîtresse.

Que lui fais-je, après tout, qu’elle n’ait méritéPour avoir, malgré moi, fait ma captivité ?

Qu’on ne m’accuse point d’aucune ingratitude;

Ce n’est que me venger d’un an de servitude,

Que rompre son dessein, comme elle a fait le mien,Qu’user de mon pouvoir, comme elle a fait du sien,Et ne lui pas laisserun si grand avantageDe suivre son humeur, et forcer mon courage.

Le forcer! mais, hélas! que mon consentement,

Par un si doux effort, fut surpris aisément!

Quel excès de plaisir goûta mon imprudenceAvant que réfléchir sur cette violence!

Examinant mon feu, qu'est-ce que je ne perds?

Et qu’il m’est cher vendu de connaître mes fers !

Je soupçonne déjà mon dessein d’injustice,

Et je doute s’il est ou raison ou caprice.

Je crains un pire mal après ma guérison,

Et d’aller au supplice en rompant ma prison.

Alidor, tu consens qu’un autre la possède!

Tu t’exposes sans crainte à des maux sans remède !Ne romps point les effets de son intention,

Et laisse un libre cours à ton affection.

Fais ce beau coup pour toi; suis l’ardeur qui tepresse.Mais trahir ton ami ! mais trahir ta maîtresse !

Je n’en veux obliger pas un à me haïr,

Et ne sais qui des deux ou servir, ou trahir.

Quoi ! je balance encor, je m’arrête, je doute!

Mes résolutions, qui vous met en déroute?

Revenez, mes desseins, et ne permettez pasQu’on triomphe de vous avec un peu d’appas.

En vain pour Angélique ils prennent la querelle;Cléandre, elieestàtoi, nous sommes deux contre elle.Ma liberté conspire avecque tes ardeurs;

Les miennes désormais vont tourner en froideurs;Et, lassé de souffrir un si rude servage,

J’ai l’esprit assez fort pour combattre un visage.

Ce coup n’est qu’un effet de générosité,

Et je ne suis honteux que d’en avoir douté.

Amour, que ton pouvoir tâche en vain de paraître !Fuis, petit insolent, je veux être le maître ;

Il ne sera pas dit qu’un homme tel que moiEn dépit qu’il en ait, obéisse à ta loi.

Je ne me résoudrai jamais à l’hyménéeQue d’une volonté franche et déterminée,

Et celle à qui ses nœuds m’uniront pour jamaisM’en sera redevable, et non à ses attraits ;

Et ma flamme...