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Tome premier.
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LE MENTEUR, ACTE IV, SCENE VI.

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GÉRONTE.

Il ne me souvient plus du nom de ton beau-père.Comment s’appelle-t-il?

DOUANTE.

Il n’est pas nécessaire ;Sans que vous vous donniez ces soucis superflus,En fermant le paquet j’écrirai le dessus.

GÉKONTE.

Étant tout d’une main, il sera plus honnête.

dorante , à part, le premier vers.

Ne lui pourrai-je ôter ce souci de la tête?

Votre main ou la mienne, il n’importe des deux.

GÉRONTE.

Ces nobles de province y sont un peu fâcheux.

DORANTE.

Son père sait la cour.

GÉRONTE.

Ne me fais plus attendre,

Dis-moi...

dorante , à part.

Que lui dirai-je?

GÉRONTE.

11 s’appelle?

DORANTE.

Pyrandre.

GÉRONTE.

Pyrandre ! tu m’as dit tantôt un autre nom :

C’était, je m’en souviens, oui, c’était Armédon.

DORANTE.

Oui, c’est là son nom propre, et l’autre d’une terre ;11 portait ce dernier quand il fut à la guerre,

Et se sert si souvent de l’un et l’autre nom,

Que tantôt c’est Pyrandre, et tantôt Armédon.

GÉRONTE.

C’est un abus commun qu’autorise l’usage,

Et j’en usais ainsi du temps de mon jeune âge.Adieu : je vais écrire.

SCÈNE V\

DORANTE, CL1TON.

DORANTE.

Enfin j’en suis sorti.

CL1TON.

Il faut bonne mémoire après qu’on a menti.

DORANTE.

L’esprit a secouru le défaut de mémoire.

1 Qu’il me soit permis de dire en passant que, dans les quatrescènes précédentes, la résurrection d’Alcippe, le nouvel em-barras de Dorante avec Géronle, la noble confiance de ce der-nier, forment les situations les plus heureuses et les plus comi-ques. On ne voit point de tels exemples chez les Grecs ni chezles Latins: aussi l’auteur italien n’a-t-il pas manqué de traduiretoutes ces scènes. (V.)

CLITON.

Mais ou éclaircira bientôt toute l’histoire.

Après ce mauvais pas où vous avez bronché,

Le reste encor longtemps ne peut être caché :

On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice,

Qui, d’un mépris si grand piquée avec justice,

Dans son ressentiment prendra l’occasionDe vous couvrir de honte et de confusion.

DORANTE.

Ta crainte est bien fondée, et puisque le temps presse,Il faut tacher en hâte à m’engager Lucrèce.

Voici tout à propos ce que j’ai souhaité.

SCÈNE VI \

DORANTE, CLITON, SABINE.

DORANTE.

Chère amie, hier au soir j’étais si transporté,Qu’en ce ravissement je ne pus me permettreDe bien penser à toi quand j’eus lu cette lettre ;Mais tu n’y perdras rien, et voici pour le port.

SABINE.

Ne croyez pas, monsieur...

DORANTE.

Tiens.

SABINE.

Je ne suis pas de...

Vous me faites tort.

DORANTE.

Preuds.

SABINE.

Hé, monsieur!

DORANTE.

Prends, te dis-je :

Je ne suis point ingrat alors que l’on m’oblige;Dépêche, tends la main.

gliton.

Qu’elle y fait de façons !

Je lui veux par pitié donner quelques leçons.

Chère amie, entre nous, toutes tes révérencesEn ces occasions ne sont qu’impertinences ;

Si ce n’est assez d’une, ouvre toutes les deux :

Le métier que tu fais ne veut point de honteux.

Sans se piquer d’honneur, croisqu’il n’est que de pren-Et que tenir vaut mieux mille fois que d’attendre. [ d re.Cette pluie est fort douce ; et,quandj’envoispleuvoir,J’ouvrirais jusqu’au cœur pour la mieux recevoir.

On prendà toutes mains dans le siècle où nous sommes,

1 Toutes les fois qu’un acteur entre ou sort du théâtre,l’art exige que le spectateur soit instruit des motifs qui l’y dé-terminent : on ne voit pas trop ici quelle raison ramène Sabino

(V.)