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Tome premier.
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EXAMEN D’ANDROMEDE.

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l’hexamètre, qu’ils ont laissé aux épopées, parce qu’enparlant sans dessein d’en faire, il se mêle dans notre dis-cours plus d’ïambiques que d’hexamètres. Par cette mêmeraison les vers de stances sont moins vers que les alexan-drins, parce que parmi notre langage commun il se couleplus de ces vers inégaux, les uns courts, les autres longs,avec des rimes croisées et éloignées les unes des autres,que de ceux dont la mesure est toujours égale, et les rimestoujours mariées. Si nous nous en rapportons à nos poètesgrecs, ils ne se sont pas tellement arrêtés aux ïambiques,qu’ils ne se soient servis d’anapestiques, de trochaïques etd’hexamètres même, quand ils l’ont jugé à propos. Sénè-que en a fait autant qu’eux; et les Espagnols, ses compa-triotes, changent aussi souvent de genre de vers que descènes. Mais l’usage de France est autre, à ce qu’on pré-tend, et ne souffre que les alexandrins à tenir lieu deprose. Sur quoi je ne puis m’empêcher de demander quisont les maîtres de cet usage, et qui peut l’établir sur lethéâtre, que ceux qui l’ont occupé avec gloire depuistrente ans, dont pas un ne s’est défendu de mêler desstances dans quelques-uns des poèmes qu’ils y ont donnés;je ne dis pas dans tous, car il ne s’en offre pas d’occasionen tous, et elles n’ont pas bonne grâce à exprimer tout :la colère, la fureur, la menace, et tels autres mouvementsviolents, ne leur sont pas propres; mais les déplaisirs, lesirrésolutions, les inquiétudes, les douces rêveries, et gé-néralement tout ce qui peut souffrir à un acteur de pren-dre haleine, et de penser à ce qu’il doit dire ou résoudre,s’accommode merveilleusement avec leurs cadences inéga-les, et avec les pauses qu’elles font faire à la fin de chaquecouplet. La surprise agréable que fait à l’oreille ce chan-gement de cadences imprévu, rappelle puissamment les at-tentions égarées ; mais il y faut éviter le trop d’affectation.

C’est par là que les stances du Cid sont inexcusables, et lemots de peine et Chimène, qui font la dernière rime dechaque strophe, marquent un jeu du côté du poète, qui n’arien de naturel du côté de l’acteur. Pour s’en écartermoins, il serait bon de ne régler point toutes les strophessur la même mesure, ni sur les mêmes croisures de rimes,ni sur le même nombre de vers. Leur inégalité en ces troisarticles approcherait davantage du discours ordinaire, etsentirait l’emportement et les élans d’un esprit qui n’a quesa passion pour guide, et non pas la régularité d’un auteurqui les arrondit sur le même tour. J’y ai hasardé celles dela Paix dans le prologue de la Toison d’Or, et tout le dia-logue de celui de cette pièce, qui ne m’a pas mal réussi.Dans tout ce que je fais dire aux dieux dans les machines,on trouvera le même ordre, ou le même désordre. Mais jene pourrais approuver qu’un acteur, touché fortement dece qui lui vient d’arriver dans la tragédie, se donnât la pa-tience de faire des stances, ou prit soin d’en faire faire parun autre, et de les apprendre par creur, pour exprimerson déplaisir devant les spectateurs. Ce sentiment étudié neles toucherait pas beaucoup, parce que cette étude mar-querait un esprit tranquille, et un effort de mémoire plu-tôt qu’un effet de passion; outre que ce ne serait plus lesentiment présent de la personne qui parlerait, mais toutau plus celui qu’elle aurait eu en composant ces vers, etqui serait assez ralenti par cet effort de mémoire, pourfaire que l’état de son âme ne répondît plus à ce qu’elleprononcerait. L’auditeur ne s’y laisseroit pas émouvoir, etle verrait trop prémédité pour le croire véritable; dumoins c’est l’opinion de Perse, avec lequel je finis cettoremarque :

Nec nocte paratum

Plorahit , qui me volet incurvasse querela.

FEN u’andhojiède.