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Tome second.
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SOPHONISBE, ACTE ILL, SCÈNE II.

Elle est étudiée, et ne l’est pas assezPour échapper entière aux yeux intéressés.

Allons sans perdre temps l’empêcher de nous nuire,Et prévenir l’effet qu’elle pourrait produire

ACTE TROISIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

MASSINISSE, MÉZÉTULLE.

MEZETULLE.

Oui , seigneur, j’ai donné vos ordres à la porte 1Quejusques à demain aucun n’entre, ne sorte,

A moins que Lælius vous dépêche quelqu’un.

Au reste, votre hymen fait le bonheur commun.Cette illustre conquête est une autre victoire, [re,Que prennent les vainqueurs pour un surcroît de gloi-Et qui fait aux vaincus bannir tout leur effroi,Voyant régner leur reine avec leur nouveau roi.

Cette union à tous promet des biens solides,

Et réunit sous vous tous les cœurs des Numides.

' Scène plus froide encore, parce que Sophonisbe ne fait queraisonner avec sa conlidente sur ce qui vient de se passer. Par-tout où il n’y a ni crainte, ni espérance, ni combats du cœur,ni infortunes attendrissantes, il n’y a point de tragédie. Encoresi la froideur était un peu ranimée par l’éloquence de la poésie !Mais une prose incorrecte et rimée ne fait qu’augmenter les^'ces de la construction de la pièce. (Y.)—Voltaire nous paraitétablir ici un principe beaucoup trop général. Les combats duÇœur, les infortunes intéressantes, sont, il est vrai, ce quiCI >ieut, ce qui attendrit le plus dans une tragédie, et surtout ceùui a le plus d’attrait pour les femmes, dont il est si important•j’obtenir les suffrages : mais il est, j’ose le dire, des tragédiesd’une difficulté peut-être supérieure, et dont les beautés ne fe-ndent pas moins d’impression sur des hommes dignes de les ju-8er. l| n’y a, par exemple, ni combats du cœur, ni infortunes/ 'btéressantes dans Rome sauvée, que nous n’en regardons pasb*oins comme une belle tragédie, et dans laquelle Voltaire aPeut-être prouvé plus de génie que dans Zaïre. Ce qu’on ad-ddre le plus dans cetle pièce, c’est la fidélité du pinceau de l’au-•® Ur i et 1’exaclitude avec laquelle il a représenté les caractères“ e ses personnages, tels que l’histoire nous les fait connaître.b °us ce rapport, sans nous dissimuler les fautes de Sophonisbe,’ le faible intérêt qu’elle inspire, nous avouons que souventdous croyons y trouver tout Corneille : les caractères y sontParfaitement vrais, parfaitement soutenus, en un mot, ce qu'ilsdoivent èlre. Sophonisbe est vraiment la fille d’Asdrubal; elle<S 1 Carthaginoise, comme Emilie est Romaine : c’est ce qu'uncommentateur de Corneille aurait du faire observer, au lieu des appesantir sur des minuties de grammaire qui ne peuvent plusctre aujourd’hui de la moindre importance. 11 y a de très-beauxendroits, même dans le personnage d’Eryxe : sa réponse à Lu:-IUs , dans la septième scène du cinquième acte, est sublime,Çi Prouve combien le génie de Corneille est digne d’être étudiéJusque dans ses derniers ouvrages. (P.)

J Mèmesdéfauls partout. Quel fruit tirerait-on des remarqueslue nous pourrions faire? Il n’y a que le bon qui mérite d’être

d *scuté. (V.)

MASSINISSE.

Mais Éryxe?

MÉZÉTULLE.

. J’ai mis des gens à l’observer,

Et suis allé moi-même après eux la trouver,

De peur qu’un contre-temps de jalouse colèreAllât jusqu’aux autels en troubler le mystère.D’abord qu’elle a tout su, son visage étonnéAux troubles du dedans sans doute a trop donné;

Du moins à ce grand coup elle à paru surprise :

Mais un moment après, entièrement remise,

Elle a voulu sourire, et m’a dit froidement :

« Le roi n’use pas mal de mon consentement ;

« Allez, et dites-Iui que pour reconnaissance.... »Mais, seigneur, devers vous elle-même s’avance,

Et vous expliquera mieux que je n’aurais faitCe qu’elle ne m’a pas expliqué tout à fait.

MASSINISSE.

Cependant cours au temple, et presse un peu la reinsD’y terminer des vœux dont la longueur me gêne ;

Et dis-lui que c’est trop importuner les dieux,

En un temps où sa vue est si chère à mes yeux '.

SCÈNE II.

MASSINISSE, ÉRYXE, BARCÉE.

ÉRYXE.

Comme avec vous, seigneur, je nesusjamais feindre,Souffrez pour un moment que j’ose ici me plaindre,Non d’un amour éteint, ni d’un espoir déçu,

L’un fut mal allumé, l’autre fut mal conçu;

Mais d’avoir cru mon âme et si faible et si basse,Qu’elle pût m’imputer votre hymen à disgrâce,

Et d’avoir envié cette joie à mes yeuxD’en être les témoins aussi bien que les dieux.

Ce plein aveu promis avec tant de franchiseMe préparait assez à voir tout sans surprise;

Et, sûr que vous étiez de mon consentement,

Vous me deviez ma part en cet heureux moment.J’aurais un peu plus tôt été désabusée ;

Et, près du précipice où j’étais exposée,

Il m’eût été, seigneur, et m’est encor bien douxD’avoir pu vous connaître avant que d’être à vous.Aussi n’attendez point de reproche ou d’injure.

Je ne vous nommerai ni lâche, ni parjure.

Quel outrage m’a fait votre manque de foiDe me voler un cœur qui n’était pas à moi ?

J’en connais le haut prix, j’en vois tout le mérite,

1 Scène froide, parce qu’elle ne change rien à la situation dela scène précédente, parce qu’un subalterne rapporte en su-balterne un discours inutile de l’inutile Éryxe, et qu'il est fortindifférenlque cette Ëryxe ait prononcé ou non ce vers comique :

l.e roi n’ose pas mal de mon consentement. (V.)