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Tome second.
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OTHON, ACTE IV, SCÈNE III.

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VINIUS.

Seigneur,

Vous empêcherez tout si vous avez du cœur.

Malgré de nos destins la rigueur importune,

Le ciel met en vos mains toute notre fortune.

PLAUTINE

Seigneur, que dites-vous?

VINIUS.

Ce que je viens de voir,Que pour être empereur il n’a qu’à le vouloir.

OTHON.

Ah ! seigneur, plus d’empire, à moins qu’avec Plau-vinius. [tine.

Saisissez-vous d’un trône où le ciel vous destine ;

Et pour choisir vous-même avec qui le remplir,

A vos heureux destins aidez à s’accomplir.

L’armée a vu Pison, mais avec un murmureQui semblait mal goûter ce qu’on vous fait d’injure.Galba ne l’a produit qu’avec sévérité,

Sans faire aucun espoir de libéralité.

Il pouvait, sous l’appât d’une feinte promesse,

Jeter dans les soldats un moment d’alégresse;

Mais il a mieux aimé hautement protesterQu’il savait les choisir, et non les acheter.

Ces hautes duretés, à contre-temps poussées,

Ont rappelé l’horreur des cruautés passées,

Lorsque d’Espagne à Rome il sema son cheminLe Romains immolés à son nouveau destin,

Et qu’ayant de leur sang souillé chaque contrée,

Par un nouveau carnage il y fit son entrée.

Aussi, durant le temps qu’a harangué Pison,

Us ont de rang en rang fait courir votre nom.

Quatre des plus zélés sont venus me le dire,

Et m’ont promis pour vous les troupes et l’empire.Courez donc à la place, où vous les trouverez ;Suivez-les dans leur camp, et vous en assurez :

Ln temps bien pris peut tout.

OTHON.

Qui m’a...

Si cet astre contraire

VINIUS.

Sans discourir, faites ce qu’il faut faire ;Ln moment de séjour peut tout déconcerter,

Et le moindre soupçon vous va faire arrêter.

OTHON.

Avant que de partir souffrez que je proteste...

VINIUS.

ar tez; en empereur vous nous direz le reste.

t ^Sement qui se va faire dans l’empire romain. Ce sont qua-qui sont venus averlir Yinius des sentiments de l’ar-un^i - es P ersonna R es principaux n’ont rien fait du tout. C’est' ^taut capital qu’il faut éviter, dans quelque sujet que cemisse être. (V.)

SCÈNE IIr.

VINIUS, PLAUTINE.

VINIUS

Ce n’est pas tout, ma fille, un bonheur plus certain,Quoi qu’il puisse arriver, met l’empire en ta main.

PLAUTINE.

Flatteriez-vous Othon d’une vaine chimère?

VINIUS.

Non ; tout ce que j’ai dit n’est qu’un rapport sincère.Je crois te voir régner avec ce cher Othon :

Mais 11’espère pas moins du côté de Pison ;

Galba te donne à lui. Piqué contre Camille,

Dont l’amour a rendu son projet inutile,

Il veut que cet hymen, punissant ses refus,

Réunisse avec moi Martian et Lacus,

Et trompe heureusement les présages sinistresDe la division qu’il voit en ses ministres.

Ainsi des deux côtés on combattra pour toi.

Le plus heureux des chefs t’apportera sa foi.

Sans part à ses périls tu l’auras à sa gloire,

Et verras à tes pieds l’une ou l’autre victoire.

PLAUTINE.

Quoi ! mon cœur, par vous-même à ce héros donné,Pourrait ne l’aimer plus s’il n’est point couronné;

Et s’il faut qu’à Pison son mauvais sort nous livre,Pour ce même Pison je pourrais vouloir vivre?

VINIUS.

Si nos communs souhaits ont un contraire effet,

Tu te peux faire encor l’effort que tu t’es fait ;

Et qui vient de donner Othon au diadème,

Pour régner à son tour, peut se donner soi-même.

PLAUTINE.

Si pour le couronner j’ai fait un noble effort,

Dois-je en faire un honteux pour jouir de sa mort?Je me privais de lui sans me vendre à personne,

Et vous voulez, seigneur, que son trépas me donne,Que mon cœur, entraîné par la splendeur du rang,Vole après une main fumante de son sang,

Et que de ses malheurs triomphante et ravieJe sois l’infâme prix d’avoir tranché sa vie!

Non, seigneur : nous aurons même sort aujourd'hui ;Vous me verrez régner ou périr avec lui ;

Ce n’est qu’à l’un des deux que tout ce cœur aspire.

VINIUS.

Que tu vois mal encor ce que c’est que l’empire !

Si deux jours seulement tu pouvais l’essayer,

Tu ne croirais jamais le pouvoir trop payer;

Et tu verrais périr mille amants avec joie,

1 Vlnius joue ici le rôle d’un intrigant, et rien de plus ; il nese soucie point d’Olhon ; il lui importe peu qui sa fille épousera :ses sentiments sont bas, lorsque même il parle de l’empire, etil se fait mépriser par sa propre fille Inutilement. (V.)