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Tome second.
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OTHON, ACTE V, SCÈNE L

SCÈNE VI. ACTE CINQUIÈME'

CAMILLE, ALBIANE.

ALBIANE.

Vous voulez perdre Othon! vous le pouvez, madame

CAMILLE.

Que tu pénètres mal dans le fond de mon âme!

De son lâche rival voyant le noir projet,

J’ai su par cette adresse en arrêter l’effet,

M’en rendre la maîtresse; et je serai ravieS’il peut savoir les soins que je prends de sa vie.

Va me chercher ton frère, et fais que de ma partIl apprenne par lui ce qu’il court de hasard,

A quoi va l’exposer son aveugle conduite ,

Et qu’il n’est plus pour lui de salut qu’en la fuite.C’est tout ce qu’à l’amour peut souffrir mon courroux.

ALBIANE.

Du courroux à l’amour le retour serait doux.

SCÈNE VII.

CAMILLE, RUTILE, ALBIANE.

RUTILE.

Ah! madame, apprenez quel malheur nous menace.Quinze ou vingt révoltés au milieu de la placeViennent de proclamer Othon pour empereur.

CAMILLE.

Et de leur insolence Othon n’a point d’horreur,

Lui qui sait qu’aussitôt ces tumultes avortent?

RUTILE.

Ils le mènent au camp, ou plutôt ils l’y portent :

Et ce qu’on voit de peuple autour d’eux s’amasserFrémit de leur audace, et les laisse passer.

CAMILLE.

L’empereur le sait-il?

RUTILE.

Oui, madame; il vous mande :Et pour un prompt remède à ce qu’on appréhende,Pison de ces mutins va courir sur les pasAvec ce qu’on pourra lui trouver de soldats.

CAMILLE.

Puisqu’Othon veut périr, consentons qu’il périsse;Allons presser Galba pour son juste supplice.

Du courroux à l’amour si le retour est doux,

On repasse aisément de l’amour au courroux 1 .

* Aucun personnage n’agit dans la pièce. Un subalterne ap-prend à Camille que quinze ou vingt soldats ont proclaméOthon; et Camille, qui aimait cet Ollion, consent tout d’uncoup qu’on lui fasse couper la télé, et prononce une maximede comédie sur le retour de l’amour au courroux, et du cour-roux à l’amour. (V.)

SCÈNE PREMIÈRE.

GALBA, CAMILLE, RUTILE, ALBIANE.

GALBA.

Je vous le dis encor, redoutez ma vengeance,

Pour peu que vous soyez de son intelligence.

On ne pardonne point en matière d’État;

Plus on chérit la main, plus on hait l’attentat ;

Et lorsque la fureur va jusqu’au sacrilège,

Le sexe ni le sang n’ont point de privilège.

CAMILLE.

Cet indigne soupçon serait bientôt détruit,

Si vous voyiez du crime où doit aller le fruit.

Othon, qui pour Plautine au fond du cœur soupire,Othon, qui me dédaigne à moins que de l’empire,S’il en fait sa conquête, et vous peut détrôner,Laquelle de nous deux voudra-t-il couronner?Pourrais-je de Pison conspirer la ruineQui m’arrachant du trône y porterait Plautine?Croyez mes intérêts, si vous doutez de moi;

Et sur de tels garants, assuré de ma foi,

Tournez sur Vinius toute la défiance

Dont veut ternir ma gloire une injuste croyance.

GALBA.

Vinius par son zèle est trop justifié.

Voyez ce qu’en un jour il m’a sacrifié :

Il m’offre Othon pour vous qu’il souhaitait pour gen-Je le rends à sa fille, il aime à le reprendre ; [dre;Je la veux pour Pison, mon vouloir est suivi ;

Je vous mets en sa place, et l’en trouve ravi ;

Son ami se révolte, il presse ma colère;

Il donne à Martian Plautine à ma prière :

Et je soupçonnerais un crime dans les vœuxD’un homme qui s’attache à tout ce que je veux?

CAMILLE.

Qui veut également tout ce qu’on lui propose,

Dans le secret du cœur souvent veut autre chose,

Et maître de son âme, il n’a point d’autre foiQue celle qu’en soi-même il ne donne qu’à soi.

GALBA.

Cet hymen toutefois est l’épreuve dernièreD’une foi toujours pure, inviolable, entière.

CAMILLE.

Vous verrez à l’effet comment elle agira,

1 Le cinquième acte est absolument dans le goût des quatrepremiers, et fort au-dessous d’eux; aucun personnage n’agit, ettous discutent. Le vieux Galba, ayant menacé sa nièce, discuteavec elle ses raisons, et se trompe comme un vieillard de co-médie qu’on prend pour dupe; et le style n’est ni plus net, niplus pur, ni plus noble que dans oe qu’on a déjà lu. (V.)