Band 
Tome second.
Seite
159
JPEG-Download
 

OTHON, ACTE V, SCÈNE VIII.

I ü9

VIAME.

Vous voyez que je tremble à vous le déclarer.

PLAUTINE.

Le mal est-il si grand?

FLAVIE.

D’un balcon, chez mon frère,J’ai vu.... Que ne peut-on, madame, vous le taire !Ou qu’à voir ma douleur n’avez-vous devinéQue Vinius....

PLAUTINE.

Eh bien ?

FLAVIE.

Vient d’être assassiné!

PLAUTINE.

Juste ciel!

FLAVIE.

De Lacus l’inimitié cruelle....PLAUTINE.

O d’un trouble inconnu présage trop üdèle!Lacus....

FLAVIE.

C’est de sa main que part ce coup fatal.Tous deux près de Galba marchaient d’un pas égal,Lorsque, tournant ensemble à la première rue,

Ils découvrent Othon maître de l’avenue.

Cet effroi ne les fait reculer quelques pasQue pour voir ce palais saisi par vos soldats ;

Et Lacus aussitôt, étincelant de rage

De voir qu’Othon partout leur ferme le passage,

Lance sur Vinius un furieux regard,

L’approche sans parler, et, tirant un poignard...

PLAUTINE.

Le traître! Hélas! Flavie, où me vois-je réduite!

FLAVIE.

Vous m’entendez, madame, et je passe à la suite.

Ce biche sur Galba portant même fureur :

>> Mourez, seigneur, dit-il, mais mourez empereur;“ Et recevez ce coup comme un dernier hommage“ Que doit à votre gloire un généreux courage. »Galba tombe; et ce monstre, enfin s’ouvrant le liane,Mêle un sang détestable à leur illustre sang.

En vain le triste Othon, à cet affreux spectacle,Précipite ses pas pour y mettre un obstacle ;fout ce que peut l’effort de ce cher conquérant,

C’est de verser des pleurs sur Vinius mourant,lie l’embrasser tout mort. Mais le voilà, madame,Qui vous fera mieux voir les troubles de son âme.

SCÈNE VII.

OTHON, PLAUTINE, FLAVIE.

OTHON.

Madame, savez-vous les crimes de Lacus?

PLAUTINE.

J’apprends en ce moment que mon père n’est plus.

Fuyez, seigneur, fuyez un objet de tristesse ;

D’un jour si beau pour vousgoûtez mieux l’allégresse.Vous êtes empereur, épargnez-vous l’ennuiDe voir qu’un père....

OTHON.

Hélas ! je suis plus mort que lui,Et si votre bouté ne me rend une vieQu’en lui perçant le cœur un traître m’a ravie,

Je ne reviens ici qu’en malheureux amant,

P'aire hommage à vos yeux de mon dernier moment.Mon amour pour vous seule a cherché la victoire ;

Ce même amour sans vous n’en peut souffrir la gloire,Et n’accepte le nom de maître des Romains,

Que pour mettre avec moi l’univers en vos mains.C’est à vous d’ordonner ce qui lui reste à faire.

PLAUTINE.

C’est à moi de gémir, et de pleurer mon père.

Non que je vous impute, en ma vive douleur,

Les crimes de Lacus et de notre malheur ;

Mais enfin....

OTHON

Achevez , s’il se peut, en amante :

Nos feux....

PLAUTINE.

Ne pressez point un trouble qui s’augmenteVous voyez mon devoir, et connaissez ma foi :

En ce funeste état répondez-vous pour moi ?

Adieu, seigneur.

OTHON.

De grâce, encore une parole,

Madame.

SCÈNE VIII.

OTHON ALBIN.

ALBIN.

On vous attend, seigneur, au Capitole;Et le sénat en corps vient exprès d’y monterPour jurer sur vos lois aux yeux de Jupiter.

othon. [destine,

J’y cours : mais quelque honneur, Albin, qu’on m’yComme il n’aurai t pour moi rien de doux sans Plautine,Souffrez du moins que j’aille, en faveur de mon feu,Prendre pour y courir son ordre ou son aveu ;

Afin qu’à mon retour, l’àme un peu plus tranquille ,Je puisse faire effort à consoler Camille,