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Tome second.
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l GO OTHON, ACTE

Et lui jurer moi-même, en ce malheureux jour,

Une amitié lidèle au défaut de l’amour 1 .

1 Avouons que cette tragédie n’est qu’un arrangement de fa-mille; on ne s’y intéresse pour personne : il y est beaucoupparléd’amour, et cet amour même refroidil le lecteur. Lorsquece ressort, qui devrait attacher, a manqué son effet, la pièceest perdue. Il est dit dans l’Histoire du Théâtre, à l’articleOlhon , que Corneille relit trois fois le cinquième acte : j’ai.dela peine à le croire; mais si la chose est vraie, elle prouve qu’ilfallait le refaire une quatrième fois, ou plutôt qu’il était impos-sible de tirer un cinquième acte intéressant d’un sujet ainsi ar-rangé. Corneille ne relit pas trois fois la première scène du pre-mier acte, qui est pleine de très-grandes beautés. Quand lesujet porte fauteur, il vogue à pleines voiles ; mais quand l’au-teur porte le sujet, quand il est accablé du poids de la diffi-culté , et refroidi par le défaut d’intérêt qu’il ne peut se dissi-muler à lui-même, alors tous ses efforts sont inutiles. Corneillepouvait être d’abord échauffé par le beau portrait que fait Ta-cite de la cour de Galba, et par le discours qu’il prête à cet

V, SCÈNE VIII.

empereur. Le nom de Rome était encore quelque chose d’im-portant. Corneille avait assez d’iuvcntion pour former une in-trigue de cinq actes; mais tout cela n’avait rien d’attachant nide tragique. Il le sentit sans doute plus d’une fois en compo-sant ; et quand il fut au cinquième acte, il se vit arrêté : il s’a-perçut trop tard que ce n’était pas là une tragédie. Racine lui-môme aurait échoué dans un sujet pareil. (V.)— Voltaire estd’un excellent ton dans ce jugement : il ne fait aucune grâceaux défauts-de la pièce, la stérilité du fond, la faiblesse du style,tout ce qui peut donner lieu entin à une critique judicieuse, estremarqué avec autant de goût que d’impartialité. On n’y trouveni sarcasmes, ni plaisanteries déplacées, ni expressions violen-tes ou amères; c’est la raison qui juge r et qui seule avait ledroit de juger Corneille ; et voilà le modèle que Voltaire auraitdû suivre constamment dans son commentaire : cependant ilne rend pas assez de justice à la prodigieuse fécondité d’inven-tion que supposent, dans ce grand poète, le nombre et la va-riété de ses plans, et à la manière, à la fois savante et tidèle,dont il a toujours saisi les différents caractères de ses person-nages. (P.)

FIN D’OTHON.