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Tome second.
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TITE ET BERENICE,

COMÉDIE HÉROÏQUE. — 1670.

XIPHITJNUS EX DIONE

IN VESPASIANO,

GUILLELMO BLANCO INTERPRETE.

Vespasianus, a senatu absens, imperator crcatur;Tilus-que et Domitianus cæsares designantur.

Domilianus animurn ad amorem Domitiæ filiæ Corbulouisapplicaverat, eamque, a Lucio Lamio Æmiliano viro ejusabductam, secum habebat in numéro amicarum, eamdem-que postea uxorem duxit.

Per id tempus Bérénice maximèflorebat, ob eamque eausam cum Agrippa fratre Romain venit. Isprætoriis honoribusauctusest; ipsaliabitavil in palatio, cæpitquecum Tito coire.Spes erat eam Tito nuptum iri ; jam enim omnia, ita ut si essetuxor, gerebat. SedTituscùmintelligeretpopulum romanumid molesté ferre, eam répudia vit, præsertim quôd de iis re-bus magni rumores perferreutur.

IN TITO.

Titus, ex quo tempore principatum solus obtinuit, neccædes fecit; nec amoribus inservivit; sed comis, quamvisinsidiis peteretur, et continens, Bérénice licèt in-urbem re-versa, fuit.

Titus moriens se unius tantum rei pfr.nilere dixit : idautem quid esset non aperuit, nec quisquam certé novit,aliud aliis conjicientibus. Constans fama fuit, ut nonnullitradunt, quôd Domiliam uxorem fratris babuisset. Aliipu tant, quibus ego assentior, quôd Domilianum, a quocertô sciebat sibi insidias parari, non interfecissot, sed idab eo pati maluisset, et quôd traderet imperium romanumtali viro.

1 M. de Fontanelle, dans la vie de Corneille, son oncle, nousdit que Bérénice fut un duel. En effet, ce vers de Virgile :

Jnfelix puer atgue impar congressus Achilli ,

fut appliqué alors par quelques personnes au jeune combattant,a qui cependant la victoire demeura. Elle ne fut pas même dis-putée, la partie n’était pas égale. Corneille n’était plus le Cor-neille du Cid et des Horaccs : il était devenu l’auteur d’Agé-silas.

IJne princesse, fameuse par son esprit et par son amourpour la poésie, avait engagé les deux rivaux à traiter ce mêmesujet. Ils lui donnèrent, en cette occasion, une grande preuvede leur obéissance, et les deux Bérénices parurent en mêmetemps, en 1670. (L. Racine.)

PERSONNAGES.

TITE, empereur de Rome, et amant de Bérénice.DOMITIAN, frère de Tite, et amant de Domitie.BÉRÉNICE, reine d’une partie de la Judée.DOMITIE, fille de Corbulon.

PI.AUTINE, confidente de Domitie.

FLAVIAN, confident de Tite.

ALBIN, confident de Domitian.

PHILON, ministre d’État, confident de Bérénice.

La scène est à Rome, dans le palais impérial.

ACTE PREMIER.

SCÈNE PREMIÈRE.

DOMITIE, PLAUTINE.

DOMITIE.

Laisse-moi mon chagrin, tout injuste qu’il est :

Je léchasse, il revient; je l’étouffe, il renaît ;

Et plus nous approchons de ce grand hymenée ',Plus en dépit de moi je m’en trouve gênée :

Il fait toute ma gloire ; il fait tous mes désirs :

Ne devrait-il pas faire aussi tous mes plaisirs 1 ?

1 On saura bientôt de quel hyménée on parle; mais on nesaura point que c’cst Domitie qui parle; et le lieu où elle estn’est point annoncé. Cette Domitie, fille de Corbulon, estamoureuse de Domitian, qui l’est aussi d’elle : il est vrai quecet amour est froid ; mais il est vrai aussi que quand Domitianet sa maîtresse Domilie. s’exprimeraient avec la tendre élégancedes héros de Racine, ils n’en intéresseraient pas davantage. 11 ya des personnages qu’il ne faut jamais représenter amoureux,les grands hommes, comme Alexandre, César, Sei pion, Caton,Cicéron, parce que. c’est les avilir; et les méchants hommes,parce que l’amour dans une Ame féroce ne peut jamais êtrequ’une passion grossière qui révolte au lieu de toucher, à moinsqu’un tel caractère ne soit attendri et changé par un amour quile subjugue. Domitian, Culigula, Néron, Commode, en u®mot, tous les tyrans qui feront l’amour à l’ordiuaire, déplai-ront toujours. Dès que Domitian est l'amoureux de la pièce, lapièce est tombée. (V.)

2 II semble, par ce vers, et par tant d’autres dans ce goût.