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Tome second.
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TITE ET BÉRÉNICE, ACTE II, SCÈNE VIE

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Ce sceptre qu’à présent je ne tiens que de vous,

Et prendre sur les rois cet illustre avantageDe leur donner l’exemple à vous en faire hommage.

Je ne vous dirai point avec quelles langueursD’un si cruel exil j’ai souffert les longueurs :

Vous savez trop...

TITE.

Je sais votre zèle, et l’admire,Madame ; et pour me voir possesseur de l’empire,Pour me rendre vos soins, je ne méritais pasQue rien vous pût résoudre à quitter vos États,Qu’une si grande reine en format la pensée.

Un voyage si long vous doit avoir lassée.Conduisez-la, mon frère, en son appartement.

(à Flavian et à Albin. )

Vous , faites-l’y servir aussi pompeusement,

Avec le même éclat qu’elle s’y vit servieAlors qu’elle faisait le bonheur de ma vie.

SCÈNE VI.

TITE, DOMITIE, PLAUTINE, PHILON.

DOMITIE.

Seigneur, faut-il ici vous rendre votre foi?

Ne regardez que vous entre la reine et moi ;

Parlez sans vous contraindre, et me daignez apprendreOù porte votre cœur ce qu’il sent de plus tendre.

TITE.

Adieu, madame, adieu. Dans le trouble où je suis,Nie taire et vous quitter, c’est tout ce que je puis.

SCÈNE VII.

DOMITIE, PLAUTINE.

DOMITIE.

Se taire et me quitter! Après cette retraite,

Crois-tu qu’un tel arrêt ait besoin d’interprète?

PLAUTINE.

' Ju *, madame ; et ce n’est que dérober au jour,

Que vous cacher le trouble où le met ce retour.

DOMITIE.

^ °u, non. Tu l’as voulu, Plautine, que je vinsseici les vanités du prince,qu’un amant dont je n’ai pas le cœurcédât ma conquête à mon premier vainqueur :

0ls la honte qu’ainsi je me suis attirée,yuund sa reine a paru, m’a-t-il considérée?l'd jeté les yeux sur moi qu’en me quittant?

p PLAUTINE.

^“usez-vous que sa reine ait l’esprit plus content?v ant que vous quitter, lui-même il l’a bannie.

,e savouer

Empêcher

DOMITIE.

Oui, mais avec respect, avec cérémonie,

Avec des yeux enfin qui, l’éloignant des miens,

Lui promettaient assez de plus doux entretiens.

Tu me diras encor que la chose est égale,

Que, s’il m’ose quitter, il chasse ma rivale.

Mais, pour peu qu’il m’aimât, du moins il m’auraitditQue je garde en son âme encor même crédit ;

Il m’en aurait donné des sûretés nouvelles,

Il m’en aurait laissé quelques marques fidèles :

S’il me voulait cacher le trouble où je le voi,

La plus mauvaise excuse était bonne pour moi.

Mais, pour toute réponse, il se tait, et me quitte :

Et tu ne peux souffrir que mon cœur s’en irrite!

Tu veux, lorsque lui-même ose se déclarer,

Que je me flatte encore assez pour espérer !

C’est avec le perfide être d’intelligence.

Sans me flatter en vain, courons à la vengeance;Faisons voir ce qu’en moi peut le sang de Néron,

Et que je suis de plus fille de Corbulon.

PLAUTINE.

Vous l’êtes ; mais enfin c’est n’être qu’une fille,

Que le reste impuissant d’une illustre famille.

Contre un tel empereur où prendrez-vous des bras ?DOMITIE.

Contre un tel empereur nous n’en manquerons pas.S’il épouse sa reine, il est l’horreur de Rome.Trouvons alors , trouvons un grand coeur, un grand homme,Un Romain qui réponde au sang de mes aïeux ;

Et, pour le révolter, laisse faire à mes yeux.

Juge par le pouvoir de ceux de Bérénice,

Si les miens auront peine à s’en faire justice.

Si ceux-là forcent Tite à me manquer de foi,

Ceux-ci feront briser le joug d’un nouveau roi ;

Et, si de l’univers les siens charment le maître.

Les miens charmeront ceux qui méritent de l’être.Dis-Ie-moi, tu l’as vue, ai-je peu de raisonQuand de mes yeux aux siens je fais comparaison ?Est-elle plus charmante, ai-je moins de mérite ?Suis-je moins digne qu’elle enfin du cœur de Tite?

PLAUTINE.

Madame...

DOMITIE.

Je m’emporte, et mes sens interditsImpriment leur désordre en tout ce que je dis.Comment saurai-je aussi ce que je te dois dire,

Si je ne sais pas même à quoi mon âme aspire,Mon aveugle fureur s’égare à tous propos.

Allons penser à tout avec plus de repos.

PLAUTINE.

Vous pourriez hasarder un moment de visitePour voir si ce retour est sans l’aveu de Tite,

Ou si c’est de concert qu’il a fait le surpris.