TITE ET BÉRÉNICE
T1TE.
Ainsi pour mon hymen la fête préparéeVous rendra cette foi qu’on vous avait jurée,
conlident de ses amours avec le roi, d’engager secrètementCorneille et Racine à travailler l’un et l’autre sur ce sujet, quiparaissait si peu fait pour la scène. Les deux pièces furentcomposées dans l’année 1670, sans qu’aucun desdeux sût qu’ilavait un rival. Elles furent jouées en même temps sur la lin dela même année ; celle de Racine à l’hôtel de Bourgogne, etcelle de Corneille au Palais-Royal. 11 est étonnant que Corneilletombât dans ce piège ; il devait bien sentir que le sujet étaitl’opposé de son talent. Entelle ne terrassa point Darès dans cecombat, il s’en faut bien. La pièce de Corneille tomba; celle deRacine eut trente représentations de suite ; et toutes les foisqu’il s’est trouvé un acteur et une actrice capables d’intéresser
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Prince; et ce jour, pour nous si noir, si rigoureux,N’aura d’éclat ici que pour vous rendre heureux *.
dans les rôles de Titus et de Bérénice, cet ouvrage dramatique,qui n’est peut-être pas une tragédie, a toujours excité les ap-plaudissements les plus vrais, ce sont les larmes. (Y.)
1 Après avoir lu cette pièce, et relu la Bérénice de Racine,on ne peut s’empêcher de plaindre Corneille d’avoir eu pourHenriette d’Angleterre une complaisance de courtisan qui n’é-tait pas dans son caractère. En le mettant aux prises avec sonjeune rival, et en lui prescrivant un sujet aussi étranger à songénie, c’était évidemment un piège que lui tendait cette prin-cesse ; et Racine lui-même dut peu s’applaudir d’une intrigue docour qui lui lit remporter un triomphe si facile sur la vieillessede Corneille. Avouons cependant que, dans celte dernièrescène, le personnage de Bérénice est d’une noblesse qui appro*che du sublime. (P.)
FIN DE TITE ET BERENICE.