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Tome second.
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PULCHÉRIE, ACTE II, SCÈNE I.

Et l’orgueil de son sang avec quelque raisonNe peut souffrir d’époux à moins de ce grand nom.Avant que ce cher frère épouse la princesse,

Il faut que le pouvoir s’unisse à la tendresse,

Et que le plus haut rang mette en leur plus beau jourEa grandeur du mérite et Texcès de l’amour.M’aimeriez-vous assez pour n’être point contraireA Tunique moyen de rendre heureux ce frère,

Vous qui, dans votre amour, avez pu sans ennuiVous défendre de l’être un moment avant lui,

Et qui mériteriez qu’on vous fit mieux connaîtreQue, s’il ne le devient, vous aurez peine à l’être ?

ASPAR.

C’est aller un peu vite, et bientôt m’insulterEn sœur de souverain qui cherche à me quitter,la vous aime, et jamais une ardeur plus sincère...

IRÈNE.

Seigneur, est-ce m’aimer que de perdre mon frère ?

ASPAR.

Voulez-vous que pour lui je me perde d’honneur ?Est-ce m’aimer que mettre à ce prix mon bonheur?Woi, qu’on a vu forcer trois camps et vingt murailles,^loi qui, depuis dix ans, ai gagné sept batailles,^’ai-je acquis tant de nom que pour prendre la loiEe qui n’a commandé que sous Procope, ou moi,

Que pour m’en faire un maître, et m’attacher moi-mômeEn joug honteux au front, au lieu d’un diadème ?

IRÈNE.

Je suis plus raisonnable, et ne demande pasQu’en faveur d’un ami vous descendiez si bas.

Eylade pour Oreste aurait fait davantage :

^lais de pareils efforts ne sont plus en usage,

Elu grand cœur les dédaigne, et le siècle a changé;

N s’aimer de plus près on se croit obligé,

Et des vertus du temps l’âme persuadéeHait de ces vieux héros la surprenante idée.

ASPAR.

H y va de ma gloire, et les siècles passés...

IRÈNE.

Ehe n’est pas seigneur, peut-être où vous pensez ;*^t, quoi qu’un juste espoir ose vous faire croire,exposer au refus, c’est hasarder sa gloire.a princesse peut tout, ou du moins plus que vous.°us vous attirerez sa haine et son courroux.

° n amour l’intéresse, et son âme hautaine....

_ t ASPAR.

on me fasse empereur, et je crains peu sa haine.

IRÈNE.

Niais,

s’il faut qu’à vos yeux un autre préféré

jE° n te, en dépit de vous, à ce rang adoré,

Quel déplaisir ! quel trouble ! et quelle ignominieaissera pour jamais votre gloire ternie !

°u, seigneur, croyez-moi, n’allez point au sénat,e v os hauts faits pour vous laissez parler l’éclat.

CORNEÎU.E. — TOME II.

Qu’il sera glorieux que, sans briguer personne,

Ils fassent à vos pieds apporter la couronne,

Que votre seul mérite emporte ce grand choix,

Sans que votre présence ait mendié de voix!

Si Procope, ou Léon, ou Martian, l’emporte,

Vous n’aurez jamais eu d’ambition si forte,

Et vous désavoûrez tous ceux de vos amisDont la chaleur pour vous se sera trop permis.

ASPAR.

A ces hauts sentiments s’il me fallait répondre,J’aurais peine, madame, à ne me point confondre :J’y vois beaucoup d’esprit, j’y trouve encor plus d’art;Et, ce que j’en puis dire à la hâte et sans fard,

Dans ces grands intérêts vous montrer si savante,C’est être bonne sœur et dangereuse amante.

L’heure me presse : adieu. J’ai des amis à voirQui sauront accorder ma gloire et mon devoir;

Le ciel me prêtera par eux quelque lumièreA mettre l’un et l’autre en assurance entière,

Et répondre avec joie à tout ce que je doiA vous, à ce cher frère, à la princesse, à moi.irène , seule.

Perfide, tu n’es pas encore où tu te penses.

J’ai pénétré ton cœur, j’ai vu tes espérances ;

De ton amour pour moi je vois l’illusion :

Mais tu n’en sortiras qu’à ta confusion.

ACTE SECOND.

SCÈNE PREMIÈRE.

MARTIAN, JUSTINE.

JUSTINE.

Notre illustre princesse est donc impératrice,Seigneur?

MARTIAN.

A ses vertus on a rendu justice :

Léon Ta proposée ; et quand je l’ai suivi,

J’en ai vu le sénat au dernier point ravi;

Il a réduit soudain toutes ses voix en une,

Et s’est débarrassé de la foule importune,

Du turbulent espoir de tant de concurrentsQue la soif de régner avait mis sur les rangs.

JUSTINE.

Ainsi voilà Léon assuré de l’empire.

MARTlAN.

Le sénat, je l’avoue, avait peine à l’élire,

Et contre les grands noms de ses compétiteursSa jeunesse eût trouvé d’assez froids protecteurs :

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