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Tome second.
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PULCHÉRIE, ACTE II, SCÈNE II.

Èt ne pouvais souffrir qu’on s’enrichît d’un bien "Que j’enviais à tous sans y prétendre rien.

Quel supplice d’aimer un objet adorable,

Èt de tant de rivaux se voir le moins aimable!L’aimer plus qu’eux ensemble, et n’oser de ses feux,Quelques ardents qu’ils soient, se promettre autantOn aurait deviné mon amour par ma peine, [qu’eux !Si la peur que j’en eus n’avait fui tant de gêne.L’auguste Pulehérie avait beau me ravir,t’attendais à la voir qu’il la fallût servir :

fis plus, de Léon j’appuyai l’espérance ;

La princesse l’aima, j’en eus la confiance,

Èt la dissuadai de se donner à lui

Qu’il ne fût de l’empire ou le maître ou l’appui.

''•nsi, pour éviter un hymen si funeste,

Sans rendre heureux Léon, je détruisais le reste ;

Lt, mettant un long terme au succès de l’amour,J’espérais de mourir avant ce triste jour.

Nous y voilà, ma fdle, et du moins j’ai la joieL’avoir à son triomphe ouvert l’unique voie.

J’en mourrai du moment qu’il recevra sa foi,

Mais dans cette douceur qu’ils tiendront tout de moi.

l’ai caché si longtemps l’ennui qui me dévore,Qu’en dépit que j’en aie enfin il s’évapore;

L’aigreur en diminue à te le raconter :

Lais-en autant du tien ; c’est mon tour d’écouter.

JUSTINE.

Seigneur, un mot suffit pour ne vous en rien taire :Le même astre a vu naître et la fille et le père;

L’ e mot dit tout. Souffrez qu’une imprudente ardeur,Pfête à s’évaporer, respecte ma pudeur.

Je suis jeune, et l’amour trouvait une âme tendreQ u i n’avait ni le soin ni l’art de se défendre :

L a princesse, qui m’aime et m’ouvrait ses secrets,J-ah prêtait contre moi d’inévitables traits,

Lt toutes les raisons dont s’appuyait sa llammeL'aient autant de dards qui me traversaient l’ûme.

pris, sans y penser, son exemple pour loi :

Ln amant digne d’elle est trop digne de moi,u, sais-je; et, s’il brûlait pour moi comme pour elle,^ vec plus de bonté je recevrais son zèle,ms elle m’en peignait les rares qualités,

■us d’une douce erreur mes sens étaient flattés.

Un illustre avenir l’infaillible présageQu on voit si hautement écrit sur son visage,

°n nom que je voyais croître dejour en jour,

PourJ® les

Mai:

moi comme pour elle étaient dignes d’amour :voyais d’accord d’un heureux hyménée;

s nous n’en étions pas encore à la journée :Quelque obstacle imprévu rompra de si doux nœuds,p J°u'ais-je; et le temps éteint les plus beaux feux.est ce que m’inspirait l’aimable rêverie

Lont

Mon

jusqu’à ce grand jour ma flamme s’est nourrie ;cœur, qui ne voulait désespérer de rien,

S’en faisait à toute heure un charmant entretien.

Qu’on rêve avec plaisir, quand notre âme blesséeAutour de ce qu’elle aime est toute ramassée !

Vous le savez, seigneur, et comme à tout proposUn doux je ne sais quoi trouble notre repos;

Un sommeil inquiet sur de confus nuagesÉlève incessamment de flatteuses images,

Et sur leur vain rapport fait naître des souhaitsQue le réveil admire et ne dédit jamais.

Ainsi, près de tomber dans un malheur extrême,J’en écartais l’idée en m’abusant moi-même ;

Mais il faut renoncer à des abus si doux ;

Et je me vois, seigneur, au même état que vous.

MARTIAN.

Tu peux aimer ailleurs, et c’est un avantageQue n’ose se permettre un amant de mon âge.

Choisis qui tu voudras, je saurai l’obtenir.

Mais écoutons Aspar, que j’aperçois venir.

SCÈNE II.

MARTIAN, ASPAR, JUSTINE.

ASP AB.

Seigneur, votre suffrage a réuni les nôtres ;

Votre voix a plus fait que n’auraient fait cent autres :Mais j’apprends qu’on murmure, et doute si le choixQue fera la princesse aura toutes les voix.

MARTIAN.

Et qui fait présumer de son incertitudeQu’il aura quelque chose ou d’amer ou de rude?

ASPAR.

Son amour pour Léon : elle en fait son époux,

Aucun n’en veut douter.

MARTIAN.

Je le crois comme eux tous.Qu’y trouve-t-on à dire, et quelle défiance...

aspar. •

Il est jeune, et l'on craint son peu d’expérience.Considérez, seigneur, combien c’est hasarder :

Qui n’a fait qu’obéir saura mal commander;

On n’a point vu sous lui d’armée ou de province.

MARTIAN.

Jamais un bon sujet ne devint mauvais prince;

Et, si le ciel en lui répond mal à nos vœux,L’auguste Pulehérie en sait assez pour deux.

Rien ne nous surprendra de voir la même choseOù nos yeux se sont faits quinze ans sous Théodose :C’était un prince faible, un esprit mal tourné ;Cependant avec elle il a bien gouverné.

aspar.

Cependant nous voyons six généraux d’arméeDont au commandement l’âme est accoutumée.Voudront-ils recevoir un ordre souverain

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