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Tome second.
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PULCHERIE, ACTE V, SCÈNE VI.

Si vous ne sentez rien en l’âme qui vous gêne,

Ne faites plus douter de vos longues amours,

Ou je dispose d’elle avant qu’il soit deux jours.

SCÈNE V.

PULCHÉRIE, JUSTINE.

' PULCHÉRIE.

Ce n’est pas encor tout, Justine ; je veux faireCe malheureux Léon successeur de ton pcre.

Y contribueras-tu? prêteras-tu la mainAu glorieux succès d'un si noble dessein? '

JUSTINE.

Et la main et le cœur sont en votre puissance,Madame; doutez-vous de mon obéissance,

Après que par votre ordre il m’a déjà coûtéOn conseil contre vous qui doit l’avoir flatté ?

PULCHÉRIE.

Achevons; le voici. Je réponds de ton père;

Son cœur est trop à moi pour nous être contraire.

SCÈNE VL

PULCHÉRIE, LÉON, JUSTINE.

LEON.

'* e me le disais bien que vos nouveaux serments,Madame, ne seraient que des amusements.

PULCHÉRIE.

Vous commencez d’un air...

LEON.

J’achèverai de même,mgrate! ce n’est plus ce Léon qui vous aime;

Non, ce n’est plus...

PULCHÉRIE.

Sachez...

LEON.

Et ji

Je ne veux rien savoir,

Jje n’apporte ici ni respect ni devoir.

^ ‘mpétueuse ardeur d’une rage inquiètey vient que mériter la mort que je souhaite ;les emportements de ma juste fureure m’y p ar ] ent (j e vous q Ue p 0ur m > en f a ; re horreur.1 > comme Pulchérie et comme impératrice,g. Us n ’avez eu pour moi que détour, qu’injustice :vos fausses bontés ont su me décevoir,s serments m’ont réduit au dernier désespoir.

... PULCHÉRIE.

Ah !Léon.

LEON.

p Par quel art que je ne puis comprendre

ccz-vous d’un soupir ma fureur à se rendre ?

CORNEILLE. — TOVl: II.

Un coup d’œil en triomphe ; et dès que je vous voi ,

11 ne me souvient plus de vos manques de foi.

Ma bouche se refuse à vous nommer parjure,

Ma douleur se défend jusqu’au moindre murmure ;

Et l’affreux désespoir qui m’amène en ces lieuxCède au plaisir secret d'y mourir à vos yeux.

J’y vais mourir, madame, et d’amour, non de rage;De mon dernier soupir recevez l’humble hommage ;Et, si de votre rang la fierté le permet,

Recevez-le, de grâce, avec quelque regret.

Jamais fidèle ardeur n’approcha de ma flamme,Jamais frivole espoir ne flatta mieux une âme ;

Je ne méritais pas qu’il eût aucun effet,

Ni qu’un amour si pur se vît mieux satisfait.

Mais quand vous nTavez dit: «Quelque ordre qu’on me« Nul autre ne sera maître de ma personne, » [donne,J’ai dû me le promettre; et toutefois, hélas!

Vous passez dès demain, madame, en d’autres bras ;Et, dès ce même jour, vous perdez la mémoireDe ce que vos bontés nie commandaient de croire !

PULCHÉRIE.

Non, je ne la perds pas, et sais ce que je doi.

Prenez des sentiments qui soient dignes de moi ;

Et ne m’accusez point de manquer de parole,

Quand pour vous la tenir moi-même je m’immole.

LÉON.

Quoi! vous n’épousez pas Martian dès demain ?

PULCHÉRIE.

Savez-vous à quel prix je lui donne la main ?

LÉON.

Que m’importe à quel prix un tel bonheur s'achète !

PULCHÉRIE.

Sortez, sortez du trouble où votre erreur vous jette,Et sachez qu’avec moi ce grand titre d’épouxN’a point de privilège à vous rendre jaloux;

Que sous l’illusion de ce faux hyménée,

Je fais vœu de mourir telle que je suis née;

Que Martian reçoit et ma main, et ma foi,

Pour me conserver toute, et tout l’empire à moi ;

Et que tout le pouvoir que cette foi lui donneNe le fera jamais maître de ma personne.

Est-ce tenir parole ? et reconnaissez-vousA quel point je vous sers quand j’en fais mon époux ?C’est pour vous qu’en ses mains je dépose l'empire ;C’est pour vous le garder qu’il me plaît de l’élire.Rendez-vous, comme lui, digne de ce dépôtQue son âge penchant vous remettra bientôt ;Suivez-le pas à pas ; et, marchant dans sa route,Mettez ce premier rang après lui hors de doute.Étudiez sous lui ce grand art de régner,

Que tout autre aurait peine à vous mieux enseigner ;Et pour vous.assurer ce que j’en veux attendre,Attachez-vous au trône, et faites-vous son gendre! Je vous donne Justine.

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