EULCHÉRIE, ACTE V, SCÈNE VU.
les Bonnecorse, les Coras, les Danchet n’ont rien fait de siplat et de si ridicule que toutes ces dernières pièces de Cor-neille; mais je n’ai dû le dire qu’après l’avoir prouvé. (V.)—Ces dernières pièces de Corneille sont bien inférieures, sansdoute, aux chefs-d’œuvre de ses belles années : mais est-il pos-sible que Voltaire n’ait pas senti l’extrême indécence de rabais-ser ainsi la vieillesse d’un grand homme? Quoi ! les Coras, lesBonnecorse, Pradon même, n’ont rien écrit de si ridicule etde si plat que ces malheureuses tragédies î et Voltaire, qui tou-chait lui-même à la vieillesse, Voltaire, dont les derniers ou-vrages n’ont pas même trouvé de comédiens assez complai-sants pour les représenter, ne rougissait pas de se permettrecette exagéra lion violente contre un homme qui avait été et quisera toujours l’honneur de la France ! Il ne prévoyaitpas que samémoire pourrait être exposée aux mêmes injures. Il élevaitau niveau de Corneille vieilli de misérables écrivains dont au-cun n’eût été capable, je ne dis pas de composer un ouvrageQui pût balancer ce que Corneille a de plus faible, ce serait leur
faire trop d’honneur, mais qui, dans tout ce qu’ils ont écrit,n’offriraient rien de comparable aux douze premiers vers decette Pulchérié, que Voltaire lui-même n’a pu se dispenser defaire remarquer, et dont il reconnaît tout le mérite. Nous ne ledissimulons pas, quelque attachement que nous ayons toujourseu pour Voltaire, et quelque respect que nous conservionspour sa mémoire, nous n’avons jamais pu lui pardonner cesexcessives injustices. Ce sont elles qui nous ont fait consacrernos dernières années à un travail ingrat, mais que nous avonscru d’autant plus nécessaire, qu’une foule de jeunes gens, im-bus des préjugés qu’ils ont puisés dans un commentaire qui n’esttrop souvent qu’une satire, osent parler de Corneille avec irré-vérence, et se croire capables de le juger. Voltaire, dans lapremière édition de ce commentaire, s’était respecté davan-tage : il ne s’était point permis cette odieuse comparaison deBonnecorse et de Pradon avec Corneille; mais, irrité des cri-tiques qui s’élevèrent en foule contre cette première édition ,,il n’y répondit qu’en ne gardant plus aucune mesure. (P.)
FIN DE PULCHEiÜE.
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