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Tome second.
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LIVRE I, CHAPITRE III.

Des flots impétueux de ses bouillants désirs,

D les dompte, il les rompt, il les tourne, il les guide,Et donne ainsi pour brideLa raison aux plaisirs.

Mais pour se vaincre ainsi qu’il faut d’art et de force!Qu’il faut pour ce combat préparer de vigueur !

Et qu’il est malaisé de faire un plein divorceAvec la douce amorceQue chacun porte au cœur!

Ce devrait être aussi notre unique penséeDe nous fortifier chaque jour contre nous,î’our en déraciner cette amour empresséeOù l’âme intéresséeTrouve un poison si doux.

Des soins que cette amour nous donne en cette vie^'e peuvent aussi bien nous élever si haut,

Q u e la perfection la plus digne d’envieN’y soit toujours suivieDes hontes d’un défaut.

Produiraient moins de trouble et de renversement,

Et ne couleraient pas dans les règles austèresDes plus saints monastèresTant de relâchement.

Un jour, un jour viendra qu’il faudra rendre compte,

Non de ce qu’on a lu, mais de ce qu’on a fait ;

Et l’orgueilleux savoir, à quelque point qu’il monte,N’aura lors que la honteDe son mauvais effet. .

Où sont tous ces docteurs qu’une foule si grande

Rendait à tes yeux même autrefois si fameux?

Un autre tient leur place, un autre a leur prébende,Sans qu’aucun te demandeUn souvenir pour eux.

Tant qu’a duré leur vie ils semblaient quelque chose ;

Il semble après leur mort qu’ils n’ont jamais été :

Leur mémoire avec eux sous leur tombe est enclose ;Avec eux y reposeToute leur vanité.

spéculations ne sont jamais si puresQu’on ne sente un peu d’ombre y régner à son tour;^ os plus vives clartés ont des couleurs obscures,

Et cent fausses peinturesNaissent d’un seul faux jour.

Ainsi passe la gloire où le savant aspire,

S’il n’a mis son étude à se justifier ;

C’est là le seul emploi qui laisse lieu d’en direQu’il avait su bien lireEt bien étudier.

j'Iais n’avoir que mépris pour soi-même et que haine

Duvre et fait vers le ciel un chemin plus certain,^ Ue le plus haut effort de la science humaine,Qui rend l’âme plus vaine,

Et l’égare soudain.

D® n’est pas que de Dieu ne vienne la science ;elle-même elle est bonne, et n’a rien à blâmer :ais il faut préférer la bonne conscienceA cette impatienceDe se faire estimer.

Mais, au lieu d’aimer Dieu, d’agir pour son service,L’éclat d’un vain savoir à toute heure éblouit,

Et fait suivre à toute heure un brillant artificeQui mène au précipice,

Et là s’évanouit.

Du seul désir d’honneur notre âme est enflammée;Nous voulons être grands plutôt qu’humbles de cœur ;Et tout ce bruit flatteur de notre renommée,

Comme il n’est que fuméeSe dissipe en vapeur.

^Pendant , sans souci de régler sa conduite,j ,* 1 Veu t être savant, on en cherche le bruit ;°ette ambition par qui l’âme est séduiteSouvent traîne à sa suiteMille erreurs pour tout fruit.

p ■ Sl l’on se donnait la même diligence,q Ur Extirper le vice et planter la vertu,e Pour subtiliser sa propre intelligenceEt tirer la scienceHors du chemin battu!

be tant de

questions les dangereux mystères

La grandeur véritable est d’une autre nature ;C’est en vain qu’on la cherche avec la vanité;Celle d’un vrai chrétien, d’une âme toute pure',Jamais ne se mesureQue sur sa charité.

Vraiment grand est celui qui dans soi se ravale,Qui rentre en son néant pour s’y connaître bien,Qui de tous les honneurs que l’univers étaleCraint la pompe fatale,

Et ne l’estime rien.

Vraiment sage est celui dont la vertu resserre