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Tome second.
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L’IMITATION DE JÉSUS-CHRIST.

Autour du vrai bonheur l’essor de son esprit,

Qui prend pour du fumier les choses de la terre,

Et qui se fait la guerrePour gagner Jésus-Christ.

Et vraiment docte enfin est celui qui préfèreA son propre vouloir le vouloir de son Dieu,

Qui cherche en tout, partout, à l’àpprendre, à le faire,Et jamais ne diffèreNi pour temps ni pour lieu.

CHAPITRE IV.

DE LA PRUDENCE EN SA CONDUITE.

N’écoute pas tout ce qu’on dit,

Et souviens-toi qu’une âme forteDonne malaisément créditA ces bruits indiscrets où la foule s’emporte.

Il faut examiner avec sincérité,

Selon l’esprit de Dieu, qui n’est que charité,

Tout ce que d’un autre on publie :

Cependant, ô faiblesse indigne d’un chrétien !

Jusque-là souvent on s’oublieQu’oncroitbeaucoup de mal plutôt qu’unpeu de bien.

Qui cherche la perfection,

Loin de tout croire en téméraire,

Pèse avec mûre attention

Tout ce qu’il entend dire et tout ce qu’il voit faire ;La plus claire apparence a peine à l’engager :

Il sait que notre esprit est prompt à mal juger,

Notre langue prompte à médire ;

Et, bien qu’il ait sa part en cette infirmité,

Sur lui-même il garde un empireQui le fait triompher de sa fragilité.

C’est ainsi que son jugement,

Quoi qu’il apprenne, quoi qu’il sache,

Se porte sans empressement,

Sans qu’en opiniâtre à son sens il s’attache :

Il se défend longtemps du mal d’autrui,

Ou s’il en est enfin convaincu malgré lui,

Il ne s’en fait point le trompette,

Et cette impression qu’il en prend à regret,

Qu’il désavoue et qu’il rejette,

Demeure dans son âme un éternel secret.

Pour conseil en tes actionsPrends un homme de conscience,

Préfère ses instructionsA ce qu’ose inventer l’effort de ta science.

La bonne et sainte vie à chaque événementForme l’expérience, ouvre l’entendement,

Éclaire l’esprit qui l’embrasse ;

Et plus on a pour soi des sentiments abjects,

Plus Dieu, prodigue de sa grâce,

Répand à pleines mains la sagesse et la paix.

CHAPITRE Y.

DE LA LECTURE DE L’ÉCRITURE SAINTE.

Cherche la vérité dans la sainte Écriture,

Et lis du même esprit

Le texte impérieux de sa doctrine pureQue tu le vois écrit.

On n’y doit point chercher ni le fard du langage,Ni la subtilité,

Ni de quoi s’attacher sur le plus beau passage,Qu’à son utilité.

Lis un livre dévot, simple et sans éloquence,

Avec plaisir pareil

Que ceux où se produit l’orgueil de la scienceEn son haut appareil.

Ne considère point si l’auteur d'un tel livreFut plus ou moins savant;

Mais, s’il dit vérité, s’il t’apprend à bien vivre,Feuillète-le souvent.

Quand son instruction est salutaire et bonne,Donne-lui prompt crédit,

Et, sans examiner quel maître te la donne,

Songe à ce qu’il te dit.

L’autorité de l’homme est de peu d’importance,

Et passe en un moment;

Mais cette vérité que le ciel nous dispenseDure éternellement.

Sans égards à personne avec nous Dieu s’expliqueEn diverses façons,

Et par tel qu’il lui plaît sa bonté communiqueSes plus hautes leçons.

Le sens de sa parole est souvent si sublimeEt si mystérieux,

Qu’il trop l’approfondir il égare, il abîmeL’esprit du curieux.

Il ne veut pas toujours que la vérité nueS’offre à l’entendement,

Et celui-là se perd qui s’arrête où la vue *Doit passer simplement.