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LIVRE I, CHAPITRE VII.
ûe ce trésor ouvert la richesse éternelleA beau nous inviter,
® l’on n’y porte un cœur humble, simple, fidèle,On n’en peut profiter.
Ne possèdent jamais un bien si précieux ;Mais les spirituels, en qui l’âme ferventeRend la grâce toute puissante,
Le reçoivent toujours des cieux.
Ne choisis point pour but de cette sainte étudeD’être estimé savant,
Ou pour fruit d’un travail et si long et si rudeTu n’auras que du vent.
Consulte volontiers sur de si hauts mystèresLes meilleurs jugements,
Ecoute avec respect les avis des saints PèresComme leurs truchements.
Ne te dégoûte point surtout des paraboles,
Quel qu’en soit le projet,
Et ne les prends jamais pour des contes frivolesQu’on forme sans sujet.
CHAPITRE VI.
des affections désordonnées.
Quand l’homme avec ardeur souhaite quelque chose,Quand son peu de vertu n’opposer 11 règle à ses désirs ni modération,
11 tombe dans le trouble et dans l’inquiétudeAvec la même promptitudeQu’il défère à sa passion.
T avare et le superbe incessamment se gênent,
Et leurs propres vœux les entraînentLoin du repos heureux qu’ils ne goûtent jamais;
" Iais les pauvres d’esprit, les humbles en jouissent,Et leurs âmes s’épanouissentEans l’abondance de la paix.
Q ui n’est point tout à fait dégagé de soi-même,
Qui se regarde encore et s’aime,
°tt peu d'occasions sans en être tenté ;es objets les plus vils surmontent sa faiblesseEt le moindre assaut qui le presseL’atterre avec facilité.
s dévots à demi, sur qui la chair plus fortep e Rumine encore en quelque sortejr t , ent à tous moments vers ses mortels appas,11 °nt jamais une âme assez haute, assez pure,Tour faire une entière rupture^ Vec i es douceurs d’ici-bas.
Non
’ ces hommes charnels, dont les cœurs s’aban-A tout ce que les sens ordonnent, [donnent
Oui, qui de cette chair à demi se détache,
Se chagrine quand il s’arracheAux plaisirs dont l’image éveille son désir;
Et, faisant à regret un effort qui l’attriste,
Il s’indigne quand on résisteA ce qu’il lui plaît de choisir.
Que si, lâchant la bride à sa concupiscence,
Il emporte la jouissanceOù l’a fait aspirer ce désir déréglé,
Soudain le vif remords qui le met à la gêneRedouble d’autant plus sa peineQue plus il s’était aveuglé.
Il recouvre la vue au milieu de sa joie,
Mais seulement afin qu’il voieComme ses propres sens se font ses ennemis,
Et que la passion, qu’il a prise pour guide,
Ne fait point le repos solideQu’en vain il s’en était promis.
C’est donc en résistant à ces tyrans de l’âmeQu’une sainte et divine flammeNous donne cette paix que suit un vrai bonheur :
Et qui sous leur empire asservit son courage,
Dans quelques délices qu’il nage,
Jamais ne la trouve en son cœur.
CHAPITRE VII.
qu’il faut fuir la vaine espérance et la
PRÉSOMPTION.
O ciel ! que l’homme est vain qui met son espéranceAux hommes comme lui,
Qui sur la créature ose prendre assurance,
. Et se propose un ferme appuiSur une éternelle inconstance !
Sers pour l’amour de Dieu, mortel, sers ton prochainSans en avoir de honte;
Et quand tu parais pauvre, empêche que soudainLa rougeur au front ne te montePour le paraître avec dédain.
Ne fais point fondement sur tes propres mérites;
Tiens ton espoir en Dieu ;
De lui dépend l’effet de quoi que tu médites.
Et s’il ne te guide en tout lieu,
En tout lieu tu te précipites.