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Tome second.
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L’IMITATION DE JESUS-CHRTST.

Tout à l’entour de lui tournoie,

Et, ne dormant jamais, dévore sans tarderCe qu’un lâche sommeil lui permet d’aborder.

Dans la retraite la plus sainteIl n’est si haut détachementQui des tentations affranchi pleinementN’en sente quelquefois l’atteinte :

Mais il en demeure ce fruitDans une âme bien recueillie,

Que leur attaque l’humilie,

Leur combat la purge et l’instruit ;

Elle en sort glorieuse, elle en sort couronnée,

Et plus humble, et plus nette, et plus illuminée.

Par là tous les saints sont passés,

Ils ont fait profit des traverses ;

Les tribulations, les souffrances diverses,

Jusques au ciel les ont poussés.

Ceux qui suivent si mal leur traceQu’ils tombent sous les moindres croix,Accablés qu’ils sont de leur poids,

Ne remontent point vers la grâce ;

Et la tentation qui les a captivés

Les mène triomphante entre les réprouvés.

Lille va partout, à toute heure ;

Elle nous suit dans le désert ;

Le cloître le plus saint lui laisse accès ouvertDans sa plus secrète demeure.

Esclaves de nos passionsEt nés dans la concupiscence,

Le moment de notre naissanceNous livre aux tribulations,

Et nous portons en nous l’inépuisable sourceD’où prennent tous nos maux leur éternelle course.

Vainquons celle qui vient s’offrir,

Soudain une autre lui succède ;

Notre premier repos est perdu sans remède,

Nous avons toujours à souffrir :

Le grand soin dont on les éviteSouvent y plonge plus avant;

Tel qui les craint court au-devant,

Tel qui les fuit s’y précipite;

Et l’on ne vient à bout de leur malignitéQue par la patience et par l’humilité.

C’est par elles qu’on a la forceDe vaincre de tels ennemis ;

Mais il faut que le cœur, vraiment humble et soumis,Ne s’amuse point à l’écorce.

Celui qui gauchit tout autourSans en arracher la racine,

Alors même qu’il les décline,

Ne fait que hâter leur retour ;

Il en devient plus faible, et lui-même se blesseDe tout ce qu’il choisit pour armer sa faiblesse.

Le grand courage en .TésuS-ChristEt la patience en nos peinesFont plus avec le temps que les plus rudes gênesDont se tyrannise un esprit.

Quand la tentation s’augmente,

Prends conseil à chaque moment,

Et, loin de-traiter rudementLe malheureux qu’elle tourmente,

Tâche à le consoler et lui servir d’appuiAvec même douceur que tu voudrais de lui.

Notre inconstance est le principeQui nous en accable en tout lieu ;

Le peu de confiance en la bonté de DieuEmpêche qu’il ne les dissipe.

Telle qu’un vaisseau sans timon,

Le jouet des fureurs de l’onde,

Une âme lâche dans le mondeFlotte à la merci du démon :

Et tous ces bons propos qu’à toute heure elle quitteL’abandonnent aux vents dont sa fureur l’agite.

La flamme est l’épreuve du fer,

La tentation l’est des hommes,

Par elle seulement on voit ce que nous sommes,

Et si nous pouvons triompher.

Lorsqu’à frapper elle s’apprête,

Fermons-lui la porte du cœur :

On en sort aisément vainqueurQuand dès l’abord on lui fait tête ;

Qui résiste trop tard a peine à résister,

Et c’est au premier pas qu’il la faut arrêter.

D’une faible et simple penséeL’image forme tin trait puissant :

Elle flatte, on s’y plaît ; elle émeut, on consent ;

Et l’âme en demeure blessée :

Ainsi notre fier ennemiSe glisse au dedans et nous tue,

Quand l’âme, soudain abattue,

Ne lui résiste qu’à demi ;

Et, dans cette langueur pour peu qu’il l’entretienneDes forces qu’elle perd il augmente la sienne.

L’assaut de la tentation

Ne suit pas le même ordre en toutes ;

Elle prend divers temps et tient diverses routesContre notre conversion.