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Tome second.
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L’IMITATION DE JESUS-CHRIST.

Mais pour une éternelle et pénible action,

Pour voir les sens domptés, la volonté captive.

C’est là qu’un long travail n’est jamais achevé,

C’est là que pleinement le juste est éprouvéDe même que l’or dans la flamme ;

Et c’est là que sans trouble on ne peut demeurer,

Si cette humilité qui doit régner sur l’aineN’y fait pour Dieu tout endurer.

CHAPITRE XVIII.

DES EXEMPLES DES SAINTS PÈEES.

Tu vois en tous les saints de merveilleux exemples,C’est la pure religion,

C’est l’entière perfection

Qu’en ces grands miroirs tu contemples :

Vois les sentiers qu’ils ont battus,

Vois la pratique des vertusAussi brillante en eux que par toi mal suivie.

Que fais-tu pour leur ressembler?

Et quand à leur travaux tu compares ta vie,

Peux-tu ne point rougir, peux-tu ne point trembler?

La faim, la soif, le froid, les oraisons, les veilles,Les fatigues, la nudité,

Dans le sein de l’austérité

Ont produit toutes leurs merveilles ;

Les saintes méditations,

Les longues persécutions,

Les jeûnes et l’opprobre ont été leurs délices ;

Et, de Dieu seul fortifiés, [ plices,

Comme ils fuyaient la gloire et cherchaient les sup-Les supplices enfin les ont glorifiés.

Regarde les martyrs, les vierges, les apôtres,

Et tous ceux de qui la ferveurSur les sacrés pas du SauveurA frayé des chemins aux nôtres :

Combien ont-ils porté de croix,

Combien sont-ils morts de fois,

Au milieu d’une vie en souffrances féconde,

Jusqu’à ce que.leur fermeté,

A force de haïr leurs âmes en ce monde,

Ait su les posséder dedans l'éternité?

Ouvrez, affreux déserts, vos retraites sauvages,

Et des Pères que vous cachez,

Dans vos cavernes retranchés,

Laissez-nous tirer les images;

Montrez-nous les tentations,

Mûntrez-nous les vexations [ fertes ;

Qu’à toute heure chez vous du diable ils ont souf-Moutrez par quels ardents soupirs

Les prières qu’à Dieu sans cesse ils ont offertesOnt porté dans le ciel leurs amoureux désirs.

Jusques où n’ont été leurs saintes abstinences?Jusques où n’ont-ils su pousserLe zèle de voir avancerLes fruits de tant de pénitences?

Qu’ils ont fait de rudes combatsPour achever de mettre à basCet indigne pouvoir dont s’emparent les vices!

Qu’ils se sont tenus de rigueur !

Que d'intention pure en tous leurs exercicesPour rendre un Dieu vivant le maître de leur cœur!

Tout le jour en travail, et la nuit en prière,Souvent ils mêlaient tous les deux,

Et leur cœur poussait mille vœuxParmi la sueur journalière :

Toute action, tout temps, tout lieu,

Était propre à penser à Dieu ;

Toute heure était trop courte à cette sainte idée ;

Et le doux charme des transportsDont leur âme en ces lieux se trouvait possédée,Suspendait tous les soins qu’elle devait au corps.

Par une pleine horreur des vanités humaines,

Us rejetaient et biens et rang,

Et les amitiés ni le sangN’avaient pour eux aucunes chaînes :

Ennemis du monde et des siens,

Us en brisaient tous les liens,

De peur de retomber sous son funeste empire;

Et leur digne sévérité

Dans les besoins du corps rencontrait un martyre,Quand ils abaissaient l’âme à leur nécessité.

Pauvres et dénués des secours de la terre,

Mais riches en grâce et vertu,

Ils ont sous leurs pieds abattuTout ce qui leur faisait la guerre.

Ces inépuisables trésorsDe l’indigence du dehorsRéparaient au dedans les aimables misères;

Et Dieu, pour les en consoler,

Versait à pleines mains sur des âmes si chèresCes biens surnaturels qu’on ne saurait voler.

L’éloignement, la haine et le rebut du monde,

Les approchaient du Tout-Puissant,

De qui l'amour reconnaissantCouronnait leur vertu profonde.

Ils n’avaient pour eux que mépris ;

Mais ils étaient d’un autre prixAux yeux de ce grand Roi qui fait les diadèmes :