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Tome second.
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LIVRE I, CHAPITRE XIX.

Et cet heureux abaissementSur ces mêmes degrés d’un saint mépris d’eux-mêmesÉlevait pour leur gloire un trône au firmament.

S Qu s les lois d’une prompte et simple obédience,Leur véritable humilitéUnissait à la charitéLes forces de la patience;

Ce parfait et divin amourLes élevait de jour en jour^ ces progrès d’esprit où la vertu s’excite ;

Et ces progrès continuels,disant croître la grâce où croissait le mérite,Les accablaient enfin de biens spirituels.

^°ilà, religieux, des exemples à suivre ;

Voilà quelles instructionsLaissent toutes leurs actionsA qui veut apprendre à bien vivre :

La sainte ardeur qu’ils ont fait voirMontre quel est votre devoir^ chercher de vos maux les assurés remèdes ,Et vous y doit plus attacherVue ce que vous voyez d’imparfaits et de tièdes' e doit servir d’excuse à vous en relâcher.

Qh! que d’abord le cloître enfanta de lumières!Qu’on vit éclater d’ornementsAux illustres commencementsDes observances régulières !

Que de pure dévotion !

Que de sainte émulation !

Que de pleine vigueur soutint la discipline!

Que de respect intérieur!

Que de conformité de mœurs et de doctrine !Que d’union d’esprits sous un supérieur !

^ucore même à présent ces traces délaisséesPont voir combien étaient parfaitsCeux qui, par de si grands effets,

Domptaient le monde et ses pensées :

Mais notre siècle est bien loin d’eux ;n Qui vit sans crime est vertueux;

Qui ne rompt point sa règleestun grand personnage,1 Et croit s’être bien acquittéorsque avec patience il porte l’esclavageu s a robe et ses vœux le tiennent arrêté.

Peine notre cœur forme une bonne envie,Qu’aussitôt nous la dépouillons;

Va langueur dont nous travaillonsi'ious lasse même de la vie.

C’est peu de laisser assoupirCa ferveur du plus sainl désir,

Par notre lâcheté nous la laissons éteindre,

Nous qui voyons à tout momentTant d’exemples dévots où nous pouvons atteindre,

Et qui nous convaincront au jour du jugement.

CHAPITRE XIX.

DES EXERCICES DU BON RELIGIEUX.

Toi qui dedans un cloître as renfermé ta vie,

De toutes les vertus tâche de l’enrichir ;

C’est sous ce digne effort que tu dois y blanchir;

Ta règle te l’apprend, ton habit t’en convie.

Fais par un saint amas de ces vivants trésorsQue le dedans réponde à l’éclat du dehors ,

Que tu sois devant Dieu tel que devant les hommes ;Et de l’intérieur prends d’autant plus de soin,

Que Dieu sans se tromper connaît ce que nous som-Et que du fond du cœur il se fait lè témoin. [mes ,

Nos respects en tous lieux lui doivent des louanges,En tous lieux il nous voit, il nous juge en tous lieux :Et comme nous marchons partout devant ses yeux,Partout il faut porter la pureté des anges.

Chaque jour, recommence à lui donner ton cœur,Renouvelle tes vœux, rallume ta ferveur,

Et t’obstine à lui dire, en demandant sa grâce :

« Secourez-moi, Seigneur, et servez de soutien« Aux bons commencements que sous vos lois j’embrasse :« Car jusques à présent ce que j’ai fait n’est rien. »

Dans le chemin du ciel l’âme du juste avanceAutant que ce propos augmente en fermeté ;

Son progrès, qui dépend de l’assiduité ,

Veut pour beaucoup de fruit beaucoup de diligence.Que si le plus constant et le mieux affermi1 Se relâche souvent, souvent tombe à demi,

Et n’est jamais si fort qu’il soit inébranlable,

Que sera-ce de ceux dont le cœur languissant,

Ou rarement en soi forme un projet semblable,

Ou le laisse flotter et s’éteindre en naissant ?

C’est un chemin qui monte entre des précipices ;

Il n’est rien plus aisé que de l’abandonner;

Et souvent c’est assez pour nous en détournerQue le relâchement des moindres exercices.

Le bon propos du juste a plus de fondementEn la grâce de Dieu qu’au propre sentiment ;

Quelque dessein qu’il fasse, en elle il se repose :

A moins d’un tel secours nous travaillons en vain ;Quoi que nous proposions, c’est Dieu seul qui dispose,Et pour trouver sa voie, homme, il te faut sa main.

Laisse là quelquefois l’exercice ordinaire

«