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Tome second.
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LIVRE I, CHAPITRE XXV.

De ce parfait amour le salutaire excèsPrès de l’objet aimé lui donne un sûr accès :

Hlais lorsque le pécheur aime encore que du viceLa funeste douceur dans son âme se glisse,

R n’est pas merveilleux s’il tremble incessammentAu seul nom de la mort, ou de ce jugement.

Il est bon toutefois que l’ingrate malice,

Lu qui l’amour de Dieu cède aux attraits du vice,Lu moins cède à son tour à l’effroi des tourmentsQui l’arrache par force à ses déréglements.

Si pourtant cette crainte est en toi la maîtresse,Sans que celle de Dieu soutienne ta faiblesse,

Le mouvement servile, indigne d'un chrétien,dédaignera bientôt les sentiers du vrai bien,

Lt te laissera faire une chute effroyable

La ns les pièges du monde et les filets du diable.

CHAPITRE XXV.

Uü peuvent amendement de toute la vie.

Le ton zèle envers Dieu bannis la nonchalance ;

Porte un amour actif dans un cœur enflammé;Souviens-toi que le cloître où tu t’es enferméLeut de l’intérieur et de la vigilance;demande souvent compte au secret de ton cœurLu dessein qui t’en fit épouser la rigueur,

Lî renoncer au siècle, à sa pompe, à ses charmes ;rj oiait-ce pas pour vivre à Dieu seul attaché,

Pour embrasser la croix, pour la baigner de larmes,Lt t’épurer l’esprit dans l’horreur du péché?

^I°ntre en ce grand dessein une ferveur constante,Lt pour un saint progrès rends ce cœur tout de feu ;a récompense est proche, elle est grande, et dans peu°u excès surprenant passera ton attente,tes moindres souhaits tu verras lors s’offrir,

°n pi U8 j e q UO j trembler, non plus de quoi souffrir,a| s du solide bien l’heureuse plénitude ;es yeux admireront son immense valeur ;

11 l’obtiendras sans peine et sans inquiétude,a Posséderas sans crainte et sans douleur.

dors pas cependant, prends courage, et l’emploie^ Ux Précieux effets d’un vertueux propos.

Une heure de travail doit naître un long repos,c , Un moment de souffrance une éternelle joie.

® s t Dieu qui te promet cette félicité :

P tu sais le servir avec fidélité,

Sa Sera ‘> comme toi, fidèle en ses promesses;

nia * n fluand tu combats cherche à te couronner,jy p Sa Profusion, égale à ses richesses,

v °tt tous ses trésors que pour te les donner.

Conçois, il t’en avoue, une haute espéranceDe remporter la palme eh combattant sous lui :Espère un plein triomphe avec un tel appui :

Mais garde-toi d’en prendre une entière assurance.Les philtres dangereux de cette illusionCharment si puissamment, que dans l’occasionNous laissons de nos mains échapper la victoire ;

Et quand le souvenir d’avoir le mieux vécuRelâche la ferveur à quelque vaine gloire,

Qui s’assure de vaincre est aisément vaincu.

Un jour, un grand dévot dont l’âme, encor que sainte,Flottait dans une longue et triste anxiété ,

Et tournait sans repos son instabilité,

Tantôt vers l’espérance, et tantôt vers la crainte,Accablé sous le poids de cet ennui mortel,

Prosterné dans l’église au-devant d’un autel,

Roulait cette inquiète et timide pensée :

« O Dieu ! si je savais, disait-il en son cœur,

« Qu’enfin ma lâcheté par mes pleurs effacée,

« De bien persévérer me laissât la vigueur! »

Une céleste voix de lui seul entendueA sa douleur secrète aussitôt répondit,

Et par un doux oracle à l’instant lui renditLe calme qui manquait à sort âme éperdue :

« Eh bien ! que ferais-tu ? dit cette aimable voix.

« Montre la même ardeur que si tu le savais,

.< Et fais dès maintenant ce que tu voudrais faire ;

« Commence, continue, et ne perds point de temps,« Applique tous tes soins à m’aimer, à me plaire,

« Et demeure assuré de ce que tu prétends. »

Ainsi Dieu conforta cette âme désolée.

Cette âme en crut ainsi la divine bonté,

Et soudain vit céder à la tranquillitéLes agitations qui l’avaient ébranlée ;

Un parfait abandon au souverain vouloirDans l’avenir obscur ne chercha plus à voirQue les moyens de plaire à l’auteur de sa joie ;

Un bon commencement fit son ambition,

Et son unique soin fut de prendre la voieQui pût conduire l’œuvre à sa perfection.

Espère, espère en Dieu, fais du bien sur la terre,

Tu recevras du ciel l’abondance des biens ;

C’est par là que David t’enseigne les moyensDe te rendre vainqueur en cette rude guerre.

Une chose, il est vrai, fait souvent balancer,

Attiédit en plusieurs l’ardeur de s’avancer,

Et dès le premier pas les retire en arrière :

C’est que le cœur, sensible encor aux voluptés,

Ne s’ouvre qu’en tremblant cette rude carrière,

Tant il conçoit d’horreur de ses difficultés.